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Changement climatique : vers une migration des vignobles ?

Quel sera l’impact sur les vignobles d’un réchauffement climatique supérieur à 2 °C ? C’est à cette question que deux études, publiées coup sur coup, tentent de répondre.

Graphique : Le bassin méditerranéen de plus en plus secProjections de la sécheresse pour les régions viticoles en cas de réchauffement de 2 et 4°C
Graphique : Le bassin méditerranéen de plus en plus secProjections de la sécheresse pour les régions viticoles en cas de réchauffement de 2 et 4°C
© Source : Nature Reviews Earth and Environment

La première, sortie dans la revue Nature Reviews Earth and Environment, est signée par une équipe de chercheurs français, de l’Inrae, de Bordeaux Sciences Agro, du CNRS, de l’université de Bordeaux et de l’université de Bourgogne. Elle simule l’évolution des vignobles induite par un réchauffement climatique supérieur à 2 °C et « confirme la plus grande vulnérabilité en matière de qualité des vins produits dans les vignobles historiques face au changement climatique », synthétise l’Inrae.

« Environ 90 % des régions viticoles traditionnelles des régions côtières et des plaines en Espagne, Italie, Grèce et au sud de la Californie risquent de perdre leur aptitude à produire du vin de qualité à des rendements économiquement soutenables d’ici la fin du siècle en raison des risques de sécheresse excessive et de vagues de chaleur plus fréquentes, alertent les chercheurs. En revanche, les températures plus élevées pourraient améliorer l’aptitude d’autres régions pour la production de vins de qualité, notamment le nord de la France, l’État de Washington ou l’Oregon aux États-Unis, la Colombie-Britannique au Canada et la Tasmanie en Australie. »

Les chercheurs préviennent que l’évolution climatique induira l’émergence de nouvelles maladies et de nouveaux ravageurs, mais également l’augmentation de la fréquence d’événements extrêmes. Ils estiment que les viticulteurs « peuvent s’adapter jusqu’à un niveau de réchauffement global ne dépassant pas 2 °C, par exemple avec des couples cépages/porte-greffe plus résistants à la sécheresse ou des pratiques culturales permettant de mieux préserver l’eau des sols comme un plus grand espacement entre les rangs ou des aménagements antiérosion ».

L’eau sera le facteur déterminant

De son côté, le consultant en agroclimatologie Serge Zaka a présenté une étude produite par son entreprise AgroClimat2050 et basée sur un scénario de réchauffement fort. Elle met en lumière le fait que l’aire de répartition des cépages pourrait évoluer. Ainsi, « la production de champagne pourrait migrer outre-Manche, le Bordelais se retrouver en Bretagne, Normandie, Nord-Pas-de-Calais ou encore sur les coteaux exposés du Massif Central et la production d’un vin de qualité deviendra difficile sur le Languedoc et la basse vallée du Rhône », écrit-il.

Ces travaux n'ont pas laissé les spécialistes de la filière de marbre. En réponse à cette dernière étude, Alain Deloire, professeur retraité de l’Agro-Montpellier, soulève par exemple le fait que « la viticulture n’est pas qu’une question de températures ». Il rappelle que face au changement climatique, le choix des cépages sera déterminant, que la typicité peut évoluer. Il insiste également sur le fait que le facteur le plus limitant pour la culture de la vigne reste l’eau. « Si pas d’eau, pas de viticulture et c’est pour cela que certaines régions viticoles vont effectivement disparaître », conclut-il.

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