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« Sur notre élevage laitier, nous misons sur la gestion de la repro »

Au Gaec du Bois de Bousies dans le Nord. Détection pointue des chaleurs, suivi Repro, santé des veaux… sont des cartes maîtresses utilisées pour faire vêler les génisses à 25 mois.

L’intérêt de bien soigner ses génisses et de les faire vêler tôt, pour Luc Renard, c’est une évidence depuis plus de vingt ans. « J’ai tout appris au début des années 90 grâce à un groupe génisses animé par le contrôle laitier. Nous avons échangé nos trucs entre éleveurs. Nous faisions des pesées régulières. On comparait nos techniques », se remémore Luc Renard sous le regard malicieux de son fils Alexandre.

Les 1,125 million de litres produits par leurs 110 Prim’Holstein, sont collectés par Sodiaal. « La coopérative nous incite à produire plus de lait en été. Il y a encore cinq ans, on n’hésitait pas à décaler de trois ou quatre mois les inséminations de certaines génisses pour répondre à cette demande. Puis, la prime de saisonnalité est devenue moins intéressante. Nous avons décidé d’arrêter il y a cinq ans. » Une décision également motivée par la recherche d’efficacité. « Gérer deux lots de génisses c’est contraignant. Cela augmente le risque d’erreur technique. Et celles qui vêlaient à 30 mois nous coûtaient trop cher », argumentent les éleveurs.

Trois détections de chaleurs par jour au pâturage

Depuis deux campagnes, les génisses vêlent à 25 mois contre 26 mois auparavant. Une belle moyenne pour une quarantaine de vêlages chaque année. Elles ont produit 26,8 kg et 28,3 kg de lait par jour de traite, soit 10 kg de moins que les multipares.

La bonne gestion de la reproduction est l’un des leviers majeurs utilisés par les associés. À commencer par le soin apporté à la détection des chaleurs. Les génisses âgées de six mois à deux ans sont élevées sur un autre site. Présent sur place, l’ancien associé assurait la détection des chaleurs trois fois par jour. Il observait les génisses pendant un bon quart d’heure le matin vers 7 heures, le midi et le soir entre 19 h et 21 h. Les deux hectares de prairies dédiées aux sept à huit génisses prêtes à inséminer étant attenant au bâtiment, le rythme d’observation est identique pendant la saison de pâturage. « La détection est plus efficace quand les génisses sont au pâturage parce qu’elles ne nous voient pas arriver. »

Depuis le départ de l’associé, il y a un an, Luc et Alexandre ont pris le relais. « Comme nous n’habitons pas sur place, c’est assez contraignant. Nous envisageons par conséquent d’investir dans un outil d’aide à la détection des chaleurs. »

Le suivi Repro proposé par Gènes Diffusion est également un levier utilisé pour réduire l’âge au premier vêlage des génisses et optimiser l’intervalle vêlage-vêlage (385 jours en 2017-2018).

Distribution de 4 litres de colostrum même la nuit

Pour amener un maximum de génisses à 400-420 kg à 15 mois, Luc et Alexandre font en sorte d’assurer un bon démarrage aux veaux. La ration des vaches taries est calée sur leurs besoins. Les éleveurs n’hésitent pas à se lever la nuit pour distribuer trois à quatre litres de colostrum dans les six heures qui suivent le vêlage à l’aide d’une sonde (drenchage). « Nous avons la chance d’habiter sur place. » Luc et Alexandre Renard notent un impact très positif de la prise rapide de colostrum sur la maîtrise des diarrhées.

Nourris au lait entier, les veaux passent au DAL à trois semaines. Ils sont sevrés à 80 jours. Ils consomment alors 3 kg d’un concentré à 18 % de protéines et de la paille à volonté. À partir de 3 mois et jusqu’à 15 mois, leur ration se compose d’ensilage de maïs, de tourteau de soja (ou de colza), de pulpe sèche et de paille de blé. Le minéral est de type 0-30 si le correcteur est du tourteau de colza et 7-21-5 avec du tourteau de soja. De 6 mois à 2 ans, les génisses sont élevées sur l’autre site.

La pesée à 6 mois remise au goût du jour

La pesée des génisses est utilisée avec parcimonie. « Nous avions l’habitude de les peser à 6 et 15 mois. Mais comme c’est contraignant nous avons arrêté la pesée à 6 mois. » Une petite alerte il y a deux ans l’a remise momentanément au goût du jour. Les génisses de 15 mois n’avaient pas atteint la limite de poids de 400-420 kg pour être inséminées. La double pesée a permis de confirmer que tout était finalement rentré dans l’ordre grâce à un changement de concentré. Victime de son succès, cette pesée n’est donc plus vraiment à l’ordre du jour. Quoique…

Chiffres clés

2 associés
110 Prim’Holstein
1,125 million de litres de lait de référence
40 à 50 génisses en vêlages étalés

Une mise à l’herbe volontairement retardée

Pour limiter les risques de diarrhées, la mise à l’herbe des génisses de première année est retardée. « Quand on les lâchait début avril, cela posait des problèmes de transition. Pour éviter cela, nous fauchons la parcelle et on se contraint à ne les sortir qu’à partir du 15 mai », précise Luc. Elles sortent à l’âge de 7 mois minimum. Pendant la période de transition, les génisses ont du foin à disposition. Au pâturage, elles consomment en moyenne 1,5 kg de concentré composé pour moitié de pulpe sèche et d’orge.

Avis d'expert : Damien Mériaux, Gènes Diffusion

« Il n’y a pas de perte de temps grâce aux échographies »

« Le taux de réussite en 1re IA pour les génisses varie de 70 % et 80 %. La qualité de la détection des chaleurs couplée au suivi Repro, depuis 2014, permettent une meilleure réactivité pour gérer les femelles non gestantes. Les éleveurs ont choisi un contrat avec neuf visites par an soit des échographies tous les 40 jours. Pour les génisses, le diagnostic est particulièrement important avant la mise à l’herbe. Le service inclut les échographies, des palpers et des conseils sur la mise à la reproduction. Il est facturé 17 euros par femelle et par an soit 2 550 euros/par an pour le Gaec. »

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