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Une phase d’adaptation nécessaire pour les maternités liberté

Depuis juin 2020, les maternités de l’élevage sur caillebotis de la station de Crécom sont équipées de cases liberté. Une phase d’adaptation est nécessaire pour retrouver les performances obtenues dans les anciennes maternités bloquées.

Des truies calmes permettent d’allier confort de travail et performances.
Des truies calmes permettent d’allier confort de travail et performances.
© Chambres d'agriculture de Bretagne

Depuis que les truies de la station expérimentale des Chambres d’agriculture de Bretagne sont logées dans les maternités liberté installées en 2020, elles ont sevré en moyenne 12 porcelets par portée. Cette valeur est inférieure de 0,6 porcelet par rapport aux références précédentes lorsque les truies étaient bloquées sur l’ensemble de la phase de lactation. Plusieurs points expliquent ces différences, liées d’abord à un troupeau qui n’est pas stabilisé et la présence de truies âgées qui ont connu la contention. La littérature scientifique a déjà montré l’importance de l’expérience des truies, moins attentives lors du couchage lorsqu’elles sont habituées aux cases classiques bloquées.

Lire aussi : Une taille de portée maximale en maternité liberté?

 

Pour le moment, seules 37 des 72 truies suivies n’ont connu que la liberté (67 portées suivies). Elles ont sevré en moyenne 12,5 porcelets par portée pour 15,3 nés vifs. Pour ces truies, les performances ne diffèrent pas de celles du troupeau lorsque les cases bloquées étaient en place (12,6 sevrés pour 15,6 nés vifs de moyenne).

Une phase d’adaptation nécessaire pour les maternités liberté

En revanche, les truies, plus vieilles, qui ont connu les deux systèmes (case bloquée puis case liberté) ont sevré en moyenne 11,4 porcelets pour 16,2 nés vifs. Cette différence s’explique par un plus grand nombre de porcelets écrasés aussi bien dans les 48 premières heures après la mise bas (alors que la truie est toujours bloquée) que par la suite. Après libération, parmi les truies n’ayant connu que les nouvelles cases, 76 % n’ont pas écrasé de porcelet. En moyenne, 0,3 porcelet est écrasé après libération pour les truies n’ayant connu que les nouvelles cases. Pour les truies ayant connu les deux systèmes, seules 36 % n’écrasent pas après libération et le nombre moyen de porcelet écrasé sur cette période s’élève à 1,1. Le poids moyen des porcelets sevrés est cependant supérieur pour ces truies et s’élève à 9,4 kg soit 0,8 kg de plus que pour les références du troupeau en case bloquée.

« Un autre métier »

Les techniciens apprécient de travailler dans ces nouvelles maternités. Les truies y sont plus calmes que dans les cases classiques. La majorité des truies est calme (98 %) et seule une truie a été qualifiée de très agressive envers les techniciens. Ce changement de comportement pourrait également être lié au nouveau système d’alimentation Gestal Quattro (Jyga technologies distribué par RVbiotech) qui permet à la truie de manger quand elle le souhaite. La possibilité de bloquer les truies les plus agressives permet de garantir une meilleure sécurité lors des vaccinations ou de soins aux porcelets. Quelques points matériels sont à surveiller. Les pièces mobiles attirent fortement les truies qui peuvent détériorer le matériel en jouant. C’est le cas des bat-flanc qui peuvent alors devenir plus compliqués à ouvrir et à fermer. La taille des cases et les recoins rendent aussi le travail de nettoyage plus long. Enfin l’agencement de la case est problématique pour la mise à disposition des augettes pour les porcelets disponibles sur le marché.

L’installation des cases de maternité en liberté sur la station de Crécom a conduit à des changements dans la conduite et les habitudes de travail. Ces premiers résultats restent à consolider. La prise en main de ces nouveaux équipements nécessite un temps d’adaptation sur les premières bandes. Avec le renouvellement du troupeau et le gain d’expérience des techniciens au fil des bandes, les données récoltées permettront d’établir une référence solide pour les performances en maternité liberté. Le suivi des portées au cours de l’année 2021 a permis d’enrichir l’expérience de la Chambre d’agriculture de Bretagne dans la conduite de ses nouveaux équipements. Les prochains essais sur la conduite, l’alimentation, le type de sol permettront d’apporter des réponses concrètes aux éleveurs.

Une grande case de 6,6 m2

 

 
Le sol de la case liberté de la station de Crécom est composé de quatre matériaux différents pour optimiser le confort des animaux et favoriser une bonne hygiène. © Chambres d'agriculture de Bretagne
Les cases liberté de la station de Crécom sont un modèle prototype réalisé par Galvelpor. Elles ont une emprise au sol de 6,6 m² (2,70m x 2,45 m). L’espace pour la truie est optimisé grâce à un réfectoire latéral et une large ouverture. Une niche au capot transparent et chauffé par une lampe régulée sur la température de surface des porcelets permet un confort thermique de ces derniers et une surveillance facilitée. Le sol est différencié (caillebotis plastique, caillebotis béton, caillebotis fil, sol plein plastique) pour allier confort des animaux et conditions de travail. L’accès à l’auge et au nid depuis le couloir avant et la possibilité d’entrer dans la case protégée par un bat-flanc permet de bonnes conditions de travail.

 

Les truies sont libérées 5 jours après la mise bas

Sur ces bandes, 133 portées correspondant à 72 truies différentes ont été suivies. Le rang moyen des truies suivies est de 2,9 avec une bonne répartition entre les jeunes et les plus âgées. Elles entrent libres dans la maternité et sont bloquées en début de semaine de mise bas, soit 3 à 4 jours avant la date de mise bas prévue. De la toile de jute leur est fournie avant la mise bas pour exprimer leur comportement de nidification. Elle est retirée après la mise bas, séchée et placée dans le nid afin d’attirer les porcelets. Une lampe chauffante est placée à l’arrière de la truie pour la mise bas et retirée dès que celle-ci est terminée. Les truies sont libérées après la castration des porcelets soit en moyenne 5,5 jours après la mise bas pour un sevrage à 28 jours.

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