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Les naisseurs danois plus touchés que les engraisseurs

La restructuration de la filière danoise qui a concentré le naissage dans des ateliers de grande taille a mis en difficulté les producteurs de porcelets, encore plus touchés par la crise que les engraisseurs.

Les engraisseurs peuvent davantage compter sur les revenus des récoltes que les naisseurs qui possèdent peu de terres.
© M. Thomsen

Au Danemark, les jeunes éleveurs qui ont investi dans des unités de naissage de grande taille sont les plus fragilisés par la crise. Ils ont emboîté le pas d’une restructuration de la filière dont la stratégie était de rompre avec un modèle naisseur-engraisseur, et développer des outils de production spécialisés dans le naissage d’un côté et des engraisseurs de l’autre, avec le maintien d’un cheptel truies d’un million de têtes réparties dans « 1 000 élevages de 1 000 truies ». Un objectif en passe d’être atteint, sachant que la taille moyenne des ateliers de naissage est aujourd’hui de 600 à 700 truies. Avec l’augmentation de la prolificité, le nombre de porcelets augmente toujours et, le fait majeur est que les Danois doivent aujourd’hui exporter un tiers de leurs porcelets, essentiellement en Allemagne et en Pologne, mais aussi, dans une moindre mesure aux Pays-Bas, en Italie, en République Tchèque… Mais leur prix est dramatiquement bas pour de jeunes investisseurs qui n’ont pas de structure financière solide, et doivent faire face à des annuités importantes. Avec un prix du porcelet de 30 kg aux alentours de 44 à 46 euros, et compte tenu des charges (aliment, transport… voir ci-contre), la marge brute n’est que de 4 euros par porcelet, contre 11 euros pour un porc charcutier.

Les engraisseurs subissent moins violemment la crise compte tenu du prix de vente des porcs charcutiers, certes très faible (103 € par tête), mais aussi grâce au revenu des terres, le prix des céréales ayant été correct en 2014 et 2015. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Concrètement, certains élevages se trouvent en situation de dépôt de bilan, les banques contraignant alors l’éleveur à vendre son outil. Des élevages cessent totalement leur activité, d’autres simplement « changent de main ». En tout état de cause, compte tenu des gains de productivité, ces fermetures ne se traduisent pas par une baisse de la production danoise.

Outre l’endettement de ses producteurs, le Danemark est aussi très inquiet par le risque sanitaire que représente la peste porcine africaine qui sévit dans les pays de l’Est. Le danger vient essentiellement des très nombreux camions qui passent la frontière dans les deux sens. La réglementation danoise impose à tous les camions d’être nettoyés au passage de la frontière. Mais au rythme de leur passage, les autorités sanitaires s’inquiètent de la probabilité que le virus ne pénètre dans le pays. Un scénario « catastrophe » qui ébranlerait toute l’organisation basée sur l’export de porcelets.

La spécialisation danoise dans le naissage

Selon l’Ifip (1), d’ici 2018, le Danemark pourrait produire 1,5 à 3 millions de porcelets supplémentaires par an et engraisser 1 à 2 millions de porcs en moins. En 2015, une enquête de l’union des producteurs de porcs danois DSP auprès de ses adhérents montrait que 23 % des naisseurs et 21 % des engraisseurs avaient un projet d’extension à l’horizon 2018. L’enquête n’a pas été renouvelée après ces mois de crise. Mais tout porte à croire que la production de porcelets, en effet, va poursuivre sa progression.

(1) Baromètre porc, janvier 2016

En chiffres

(données moyennes, avril 2016)

Prix de vente d’un porcelet (30 kg) : 44 à 46 €

Prix de vente d’un porc charcutier : 103 €

Coût alimentaire :

300 €/truie

12 €/porcelet (7-30 kg)

45 €/porc charcutier

Dépenses de santé : 55 €/truie, 1 €/porcelet, 1 €/porc charcutier

Frais divers, incluant le transport :

110 €/truie

1 €/porcelet

3 €/porc charcutier

Marge brute :

277 €/porc

4 €/porcelet

11 €/porc charcutier

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