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La restructuration a optimisé l’organisation du travail

À la SARL du Gué Botterel au Grand Celland (Manche), Sébastien Boudet et sa salariée se partagent le travail de l’atelier de 300 truies naisseur-engraisseur. Une organisation rendue possible par la restructuration totale de l’élevage en 2014.

Deux ans après la porte ouverte qui inaugurait le nouvel engraissement de 2 400 places construit en parallèle à la restructuration de l’atelier naissage de 300 truies (voir Réussir Porc avril 2014 page 38), Sébastien Boudet, co-associé à la SARL du Gué Botterel avec son frère Anthony qui s’occupe de l’élevage laitier, tire un bilan très positif de la nouvelle organisation de l’atelier porc. "Nous gérons entièrement l’élevage à deux avec ma salariée, Élisabeth, sans faire appel à de la prestation extérieure, excepté pour l’épandage du lisier et des urines issues du raclage en V en engraissement", explique-t-il. Un critère synthétise à lui seul la rentabilité de la main-d’œuvre, selon lui : 308 tonnes de kilos de carcasses produits par UTH en 2015. "Un niveau exceptionnel, à comparer avec la moyenne Cooperl qui est à 240 tonnes par UTH et par an", constate Cyrille Laventure, technicien Cooperl Arc Atlantique, qui souligne également que ce résultat est obtenu sans aucun compromis sur la vie privée de l’exploitant et de sa salariée. "Sébastien fait partie de cette nouvelle génération d’éleveurs qui veut concilier travail et vie de famille."

Conduite en cinq bandes

Sébastient Boudet attribue cette organisation optimale en premier lieu au rapatriement des places d’engraissement dans un bâtiment constitué de quatre salles de 240 places et autant de salles de 360 places, un aménagement conçu pour une conduite en cinq bandes de 600 porcelets. "En routine, je passe 45 minutes par jour dans le bâtiment en un seul passage le matin", explique l’éleveur. Les interventions sur les animaux se font rares. Le raclage en V (Trac de Calimat) choisi en premier lieu pour limiter le plan d’épandage (voir encadré), optimise l’ambiance dans les salles. Grâce à une stratégie de prévention basée sur la biosécurité (douche obligatoire à l’entrée) et la vaccination des animaux en lien avec la démarche "porc sans antibiotiques" (PSA), l’état sanitaire des animaux est excellent. La machine à soupe peut être gérée à distance, à partir du bureau de l’élevage situé sur le site naissage à 500 mètres ou de la maison de l’éleveur. Le temps de lavage des salles est aussi limité grâce aux rampes de pré-trempage et au poste fixe. "Il faut cinq heures pour laver une salle de 360 places." La taille importante des lots et la présence d’un quai d’embarquement de grande taille permettent des départs de camions entiers, "parfois au détriment du pourcentage de porcs dans la gamme", concède l’éleveur.

En parallèle, les éleveurs ont totalement réorganisé le bloc naissage pour l’adapter à la conduite en cinq bandes, à une augmentation de la taille de l’atelier de 230 à 300 truies et aux normes bien-être. Une partie des maternités a été équipée de cases balances. "Elles apportent un meilleur confort de travail en limitant le temps de présence lié à la surveillance", souligne Sébastien Boudet, qui met surtout en avant l’intérêt de la conduite en cinq bandes. "Elle permet d’avoir des périodes de deux semaines plus calmes pour poser des congés." En revanche, la semaine de sevrage est dense : sevrage des porcelets le mercredi, lavage des maternités le jeudi, entrée des truies en maternité le vendredi, premières détections des chaleurs le samedi et premières IA le dimanche. Une organisation que l’éleveur ne regrette pas. "Avant cette restructuration, nous gérions à deux un atelier de 230 truies et 65 % de la production engraissée à façon. Aujourd’hui, nous sommes à un UTH pour 180 truies naisseur-engraisseur", souligne-t-il.

Carcasses lourdes

Cyrille Laventure rappelle également que l’excellente rentabilité du travail est aussi liée à la bonne valorisation des porcs charcutiers à l’abattoir, avec notamment un poids de vente important (92,9 kg de carcasse froide sur un an, 121,4 kg vif), et une plus-value globale de 20 c/kg, lié à la production de porcs mâles entiers (62,3 de TMP) et au PSA. Pour arriver à ce poids d’abattage, la croissance en engraissement doit être élevée (839 g/j de GMQ). "Avec une conduite en cinq bandes, quatre lots en engraissement et deux lots en post-sevrage, tous les animaux doivent être partis à 189 jours d’âge", justifie Sébastien Boudet.

En parallèle à la création du bâtiment d’engraissement, les éleveurs ont investi dans trois silos tour pour stocker 1 000 tonnes de maïs et du blé inertés, utilisés pour l’alimentation des porcs charcutiers avec un soluble de blé et un complémentaire 30 %. "Ce tonnage représente deux tiers des céréales nécessaires pour l’année. Le complément est acheté au voisinage." Sur la période avril 2015-mars 2016, le coût matière a été de 179 euros/tonne (€/t) – prix auquel les céréales auraient été vendues à la récolte, hors majorations mensuelles – auquel s’ajoute un coût de fabrication de 20 €/t, dont 16 €/t consacré à l’amortissement des installations (fosse de réception, deux silos tour de 1 000 tonnes pour le maïs, un silo tour de 350 tonnes pour le blé, un broyeur et une cuve de 40 m3 pour le soluble) et 4 €/t de frais de fonctionnement. "Cela nous a permis d’abaisser le coût de l’aliment par rapport à des aliments complets", affirme Sébastien Boudet, qui juge cependant que l’indice de consommation en engraissement (2,61) pourrait être d’un meilleur niveau, au vu de la qualité du bâtiment et des porcelets. "L’amélioration de ce critère constitue le principal axe de travail actuel, au travers d’une meilleure prise en compte des mycotoxines, de la qualité du broyage des céréales et de la mesure régulière de leur taux d’humidité", conclut-il.

Le Trac réduit le plan d’épandage.

Le bâtiment d’engraissement construit à la SARL du Gué Botterel est équipé de racleurs en V (Trac) qui séparent la fraction solide du liquide. Les déjections solides sont exportées à Fertival, l’usine de production d’engrais organiques de la Cooperl. La fraction liquide est épandue sur les terres de l’exploitation. "Grâce à ce procédé, il ne faut que 60 hectares de plan d’épandage pour l’engraissement, au lieu de 144 hectares s’il fallait épandre tout le lisier", justifie Sébastien Boudet. Cette économie de plan d’épandage conforte l’éleveur de ne pas se lancer dans l’acquisition de plus de foncier, qu’il juge très onéreux et très gourmand en main-d’œuvre pour une rentabilité aléatoire.

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