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La méthanisation participe à l’autonomie de l’élevage

Le Gaec Chiron de l’Aiguillon-sur-Vie en Vendée, a inauguré son installation de méthanisation le 8 avril dernier. Fruit de cinq années de travail, elle a été visitée par plus de trois cents personnes qui avaient répondu à l’invitation de Méthafrance, filiale d’Armorgreen.

Mad Max. C’est le film qui a inspiré les associés du Gaec Chiron, à l’Aiguillon-sur-Vie en Vendée, lorsqu’ils ont envisagé la méthanisation. « On aura toujours besoin d’énergie », dit Francis Chiron. Installé avec son frère et un cousin, celui-ci explique que lors des diverses crises qu’elle a traversées, l’exploitation a toujours réagi en se développant. C’est pourquoi, après les années 2008-2009, qui ont vu à la fois une hausse du prix des céréales et une baisse de celui du porc, l’idée d’une diversification énergétique est étudiée. Plutôt que le photovoltaïque, la méthanisation est retenue parce qu’elle permet de valoriser les effluents d’élevage. Le digestat est en outre plus intéressant pour la fertilisation que le lisier ou l’azote chimique. L’absence de réseau de gaz naturel à proximité a en outre déterminé le choix de la cogénération, de préférence à l’injection directe de méthane dans le réseau.

1 203 m³ pour 220 kWh installés

En 2010, l’idée est lancée. Début 2011, le cabinet NCA1 réalise une étude de potentiel et révèle que les déchets de l’exploitation ne produiront pas assez de puissance. Il faudra aller chercher à l’extérieur des matières susceptibles de constituer un digestat suffisant pour assurer, via un digesteur de 1203 m³, une puissance installée de 220 kWh, condition de la rentabilité de l’installation. La chaleur servira à chauffer le digesteur, les porcheries (y compris gestante et verraterie) et deux maisons d’habitation.

Après le parcours du combattant administratif que sont les demandes d’autorisations et un an de travaux, l’alimentation du méthaniseur a commencé. Le moteur, quant à lui, a été mis en route le 16 septembre 2015. Il faudra dix à douze mois pour que l’installation atteigne un rythme de croisière. Méthafrance, qui a conçu le projet et en a été maître d’œuvre, qui assure la maintenance.

Dix ans de retour sur investissement

Au total, ce sont 2,3 millions d’euros qui ont été investis par l’exploitation. L’Ademe a financé 15 000 euros pour les études, une subvention de 200 000 euros a été accordée au titre du plan de performance énergétique (PEE) et chacun des associés a engagé 700 000 euros dans le projet. Trois banques ont apporté leur concours : le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire.

Même si elle sera en limite de rentabilité pendant les sept premières années, qui correspondent au financement du moteur, l’installation devrait connaître un retour sur investissement après dix ans. Avec une production quotidienne de 5 000 kW, le chiffre d’affaires prévisionnel s’élève à 360 000 euros par an. Il couvrira une annuité de 180 000 euros, financera trois heures de travail quotidien, l’achat des intrants destinés au digesteur et l’entretien du méthaniseur.

Le plan de financement a été bâti sur le prix de rachat de l’électricité produite, fixé pour quinze ans à 21,4 centimes (17,4 centimes pour l’électricité et 4 centimes de prime d’effluents d’élevage) ; un prix qui peut, par contrat, évoluer à la hausse mais pas à la baisse. La contractualisation avec EDF permet de sécuriser le projet et sa viabilité à moyen et long terme.

Au final, « avec la FAF et la méthanisation on commence à être autonomes en aliments et en énergie », a souligné Francis Chiron, qui s’est aussi dit « soulagé de voir abouti ce projet de longue haleine et rassuré de pouvoir compter sur un prix stable ».

Fiche d’identité

Gaec Chiron, Aiguillon-sur-Vie, Vendée

Trois associés, trois salariés temps plein

170 truies NE et FAF, 140 vaches allaitantes, 450 brebis allaitantes

SAU 410 ha (100 ha de maïs, 100 ha de blé)

L’alimentation du méthaniseur

Lisier de porc 4 400 t

Lisier de canard 630 t

Lisier de bovins 1700 t

Issues de céréales 700 t

Boues agroalimentaires 500 t

Fumier de mouton 300 t

Tontes de pelouse 200 t

Ensilage d’herbe 100 t

Fumier équin 100 t

Un financement modélisé sur le mois

Sur la base d’un chiffre d’affaires prévisionnel de 30 000 euros mensuel, Francis Chiron calcule qu’il va travailler chaque mois 15 jours pour rembourser les emprunts, 1 pour payer l’assurance, 4 pour l’alimentation électrique du méthaniseur, 3 pour l’achat des intrants, 2 pour l’entretien du moteur et 1 pour celui de la station. Il faut encore prendre en compte, dans les 4 jours restants, les impôts et la MSA, difficiles à évaluer pour le moment. Et le reste est pour nous.

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