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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Des carcasses lourdes pour rentabiliser l'engraissement

A Joué-en-Charnie dans la Sarthe, Philippe Lecornué a construit 960 places de post-sevrage et 2040 places d’engraissement. La production de porc Maggiore lui permettra d’optimiser le bâtiment en vendant des carcasses plus lourdes.

© dp
Sept euros de marge supplémentaire par porc par rapport à une production standard, 60 tonnes de viande produites de plus avec le même bâtiment pour 6 000 porcs charcutiers. Ce sont les objectifs visés par Philippe Lecornué, éleveur à Joué-en-Charnie dans la Sarthe. Son nouveau bâtiment, dans lequel il engraissera la totalité des porcelets issus de ses 220 truies, est destiné à produire du porc Maggiore, un porc lourd dont la production est gérée par son groupement Porc Armor Evolution, en partenariat avec les abattoirs Bernard. « On améliore la rentabilité de l’engraissement en baissant le coût du kilo de croît, et en augmentant le nombre de kilos vendus », rappelle l’éleveur. « En construisant ce bâtiment pour produire du porc Maggiore, j’agis sur ces deux leviers. » Philippe Lecornué compte avant tout sur des croissances élevées entre le sevrage et la vente. « Grâce à un GMQ sevrage-vente supérieur de 93 grammes à la moyenne nationale, les éleveurs de porcs Maggiore vendent des carcasses dix kilos plus lourdes que les porcs standard avec une durée d’engraissement identique », affirme François Mahé, commercial Porc-Armor Evolution dans la Sarthe. L’éleveur compte également sur sa technicité pour optimiser les performances de son élevage. Avec notamment 12,5 porcelets sevrés par portée, les résultats techniques de la partie naissage prouvent la compétence de l’éleveur. « En engraissement comme en naissage, ce sont les petits détails qui font la différence. » C’est pourquoi Philippe Lecornué a conçu un bâtiment d’engraissement « au top ». La gestion de l’ambiance a pris une place importante dans le cahier des charges, avec une entrée d’air par un comble unique, une diffusion dans les salles par un plafond perforé surmonté de laine de verre, et une extraction centralisée. Cette centralisation lui a permis d’installer un échangeur de chaleur qui transfère les calories de l’air sortant vers le flux d’air entrant. « Cet échangeur permet bien sûr d’économiser du chauffage. Mais son retour sur investissement se fera essentiellement par le gain de performance en post-sevrage, grâce à la meilleure ventilation permise par le préchauffage de l’air entrant », estime-t-il. Dans le couloir central du bâtiment, une bascule est utilisée pour évaluer les performances de croissance des animaux. « Je fais des pesées à 21 jours après le sevrage, puis sept semaines après, et toutes les trois semaines en engraissement, pour ajuster le plan d’alimentation de la machine à soupe au poids réel des porcs. » Malgré une progression très forte de 32 grammes par jour, et un plafond fixé à trois kilos, les auges sont vides, preuve que les animaux absorbent sans peine ce plan d’alimentation poussé. « Une condition essentielle pour qu’ils soient validés Maggiore », rappelle l’éleveur. Le bâtiment construit entre novembre 2011 et juin 2012 a coûté 1,01 million d’euros, soit 240 euros par place de post-sevrage et 377 euros par place d’engraissement. Le parcours de l’éleveur depuis son installation a facilité l’acceptation du dossier par la banque. « Le jumelage avec des post-sevreurs- engraisseurs jusqu’en 2005, puis l’engraissement de mes porcelets à façon m’ont permis d’acquérir progressivement un fond de roulement. » Pour Philippe Lecornue cet investissement constitue une étape décisive dans le développement de son exploitation, qu’il gère avec sa femme et un jeune salarié qu’il a lui-même formé. « Avec des engraissements extérieurs, je ne pouvais pas optimiser le coût de production. En engraissant mes porcelets sur mon exploitation, je peux agir directement sur leurs performances et optimiser la plus- value apportée par le porc Maggiore », conclut-il.
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