Aller au contenu principal

Conception des bâtiments
Un bâtiment d'engraissement des porcs conciliant bien-être et performances

Samuel Morand a construit un engraissement qui apporte des réponses quant au bien-être des animaux et des hommes, tout en assurant une bonne sécurité sanitaire et des performances de haut niveau.

Éleveur à Iffendic dans les Côtes-d’Armor, à la tête d’un élevage de 600 truies naisseur engraisseur, Samuel Morand a voulu tenir compte de la notion de bien-être des animaux et des hommes dans la construction de son nouvel engraissement de 2 400 places. « Mais en parallèle, je ne voulais pas faire de concessions sur mes objectifs de performance et sur le niveau sanitaire des animaux, deux conditions essentielles pour obtenir une bonne rentabilité en production porcine », souligne-t-il. Le résultat est un bâtiment de conception conventionnelle, avec des salles de 400 places en petites cases de 16 sur caillebotis intégral, une ventilation centralisée, et une distribution d’aliment en soupe. Mais les détails liés au bien-être sautent tout de suite aux yeux. Ici, la lumière est naturelle, avec de grandes fenêtres qui illuminent les salles. « Mon objectif était d’atteindre 3 % de surface vitrée par rapport à la surface du bâtiment. » Un objectif réaliste, à condition d’avoir des salles plus larges que profondes. Avec une profondeur de salle de 13,5 mètres, cet objectif a pu être atteint. Cependant, l’éleveur reste vigilant sur le risque de lumière directe sur les animaux. « Si besoin j’ajouterai des filets motorisés. » Pour cette raison, le bâtiment doit également être orienté est-ouest afin de ne pas recevoir les rayons du soleil aux heures les plus chaudes de la journée.

Des bois à mâchouiller dans chaque case

Dans chaque case, les animaux peuvent s’amuser avec des morceaux de bois logés dans un support inox, positionnés au premier tiers de la case pour éviter les zones de couchage et d’inconfort. « Les matériaux manipulables organiques vont probablement devenir une obligation », souligne-t-il. L’essence utilisée est du bouleau, un bois tendre que les porcs peuvent mâchouiller sans danger. « Pour une case de 16 places, il me faudra un morceau de bois de 50 cm. Je dois donc en acheter environ 450 par an. À raison d’un euro la pièce, le coût reste raisonnable. »

De l’eau fraîche à volonté

Le bien-être se caractérise aussi par la présence dans chaque case d’une pipette située au-dessus de l’auge d’alimentation soupe. Sur cet aspect également, Samuel Morand souhaite anticiper une évolution de la réglementation, « qui stipule que les porcs doivent pouvoir accéder en permanence à de l’eau fraîche ». Ici aussi la vigilance est de mise pour éviter qu’une fuite d’eau ne provoque une inondation des auges. « Pour l’éviter, j’ai installé des pipettes antigaspillage. L’animal doit actionner un bouton-poussoir pour libérer l’eau. Le risque de gaspillage par jeu est donc considérablement réduit. »

De la verdure dans les salles

Enfin, des bambous chinois apportent une touche de verdure dans les salles. « En dehors de l’aspect décoratif, ils absorbent l’ammoniac présent dans l’air », note Samuel Morand. La lumière naturelle et la ventilation centralisée doient leur offrir de bonnes conditions pour leur développement. Il faudra cependant vérifier que l’humidité ambiante sera suffisante pour assurer leur hydratation sans les arroser, et que le dépôt de poussière sur les feuilles ne sera pas pénalisant.

Sur un coût total estimé à 380 euros la place hors machine à soupe, Samuel Morand estime que le surcoût lié aux équipements bien-être qu’il s’est imposé est de 20 euros la place. « On ne peut pas s’imposer des surcoûts plus élevés en production conventionnelle, car pour le moment, il n’existe pas de débouchés permettant de les valoriser », souligne-t-il. Cependant, il estime que son bâtiment est une bonne réponse aux exigences sociétales. « Physiologiquement, le bien-être des animaux est respecté. Grâce à un bon indice de consommation, le bilan carbone est excellent. Le caillebotis intégral garantit un haut niveau sanitaire et un bon niveau de confort. Toutes ces notions doivent être mises en avant pour valoriser notre production », conclut-il.

 

Combien ça coûte

Bambous chinois (26 plants + aménagements) : 7 000 €
Plus-value fenêtres : 25 000 €
Supports bois : 3 300 € (150 cases) + consommables (1 €/bois)
Pipettes à eau : 12 000 €
Plus-value globale bien-être : 20 €/place
 

Les plus lus

<em class="placeholder">Marie et Jérôme Brichet et leurs trois enfants Tom, Hugo et Grégoire. « Cette maternité entre dans le cadre de la restructuration de l&#039;élevage sur un second site qui ...</em>
"Nous investissons dans une maternité de truies en liberté en prévision de l'installation de nos deux fils"

La porte ouverte organisée par les membres du Gaec de la Ruchère a permis de découvrir une maternité qui associe bien être…

<em class="placeholder">Régis Cueff dans son élevage porcin. </em>
« J'ai restructuré mon élevage porcin en un seul site avec mon nouveau bâtiment de post-sevrage »

La construction d’un bâtiment de post-sevrage permet à Régis Cueff d’atteindre son objectif de longue date : centraliser…

<em class="placeholder">Martin Cloitre (à gauche) avec Charlène Poulhazan, d&#039;Evel&#039;Up et Johan, salarié de l&#039;élevage : « Nous avions tendance à trop brider la consommation au démarrage. »</em>
« Des croissances élevées des porcs en engraissement malgré nos cases atypiques »

Au Gaec de Kerdanevez, les croissances quotidiennes en engraissement et l’homogénéité des lots ont fortement augmenté depuis…

<em class="placeholder">Des bonnes pratiques environnementales ont progressivement été adoptées par les éleveurs (ici, un laveur d&#039;air biologique permettant de capter les poussières et ...</em>
Agribalyse 3.2 : le porc français plus vert que jamais

La filière porcine française a fait des progrès considérables en termes d’impacts environnementaux. Ces progrès ont été…

<em class="placeholder">Pertmat fait l&#039;analyse des critères de pertes calculés par la GTTT et identifie les facteurs de risque de l&#039;élevage.</em>
Pertmat de l'Ifip: la première étape d’analyse pour améliorer la survie des porcelets en maternité

Proposé il y a 5 ans par l’Ifip, Pertmat est un outil expert simple pour progresser sur la survie des porcelets. Il permet un…

<em class="placeholder">salarié en train de préparer une dose d&#039;insémination devant une truie en chaleur </em>
Elevage de porcs : « Nous apprécions le gain de temps lors des inséminations »

La SCEA Ar Kouerien a divisé par deux le temps de travail dédié à l’insémination depuis qu’elle utilise la sonde « tout…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)