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Vacciner pour se protéger contre la FCO

L’analyse du précédent épisode de FCO conduit à préconiser de vacciner hors période d’activité vectorielle pour une efficacité optimale et hors période de mise à la reproduction pour minimiser les éventuelles réactions.

Dans le contexte de réapparition de la fièvre catarrhale ovine, la vaccination peut être considérée comme le seul outil de gestion efficace de la maladie. Sur le plan sanitaire, réalisée au moins 4 à 6 semaines avant l’arrivée du virus, elle constitue un moyen de protéger efficacement les animaux. De plus elle est réglementairement nécessaire lors de mouvements d’animaux d’une zone réglementée vers une zone indemne ou un autre pays. La maladie, qui entraîne des risques d’infertilité chez les mâles, et d’avortements et mortinatalités chez les femelles gravides avait ainsi occasionné en 2008 des pertes de marges brutes dans les élevages ovins comprises entre 4 et 143 %. « Mais il y a chez les éleveurs une confusion persistante entre l’effet du virus et du vaccin, suite au précédent épisode où les doses étaient débloquées au fur et à mesure de l’avancée du front et donc en pleine circulation virale », note Françoise Dion, vétérinaire conseil à Races de France.

Pas de risque à vacciner

Pourtant, les études de pharmacovigilance ont montré qu’en moyenne, seul un animal sur 10 000 est susceptible de présenter des effets secondaires suite à l’administration d’un vaccin contre la FCO. Pour mesurer d’éventuels effets de la vaccination sur les performances de reproduction, la campagne 2008 a été analysée dans les bassins laitiers de Roquefort et des Pyrénées-Atlantiques. Les résultats de reproduction de 180 000 inséminations artificielles et 110 000 brebis ont été étudiés ainsi que la production laitière de plus de 600 élevages. Les taux de fertilité des brebis vaccinées plus de 44 jours avant l’insémination, de 70-72 %, ont été légèrement meilleurs que ceux des brebis vaccinées entre 44 jours avant et 66 jours après (64 à 68 %). Aucun effet de la vaccination sur la quantité de lait produite n’a pu être mis en évidence. Sur les béliers, une baisse passagère (moins d’une semaine) de la fertilité a été observée sept semaines après la vaccination (correspondant à la durée de la spermatogenèse).

Pour prévenir tout problème, il est donc recommandé de vacciner en dehors des périodes sensibles. Soit, pour les béliers, au moins deux mois avant la période de lutte, ou après. Quant aux brebis, mieux vaut éviter de les vacciner un mois avant ou après la lutte. Enfin, préférez vacciner en hiver ou au printemps, afin que les animaux soient protégés en été et en automne, périodes de plus grande activité des moucherons responsables de la transmission du virus.

Mise à disposition de nouvelles doses vaccinales

Depuis l’automne et jusqu’en février, en raison du nombre de doses limité, la vaccination « d’urgence » était réservée aux animaux partant aux échanges vers un autre pays européen ou à l’export vers un pays tiers, aux outils collectifs génétiques, et aux reproducteurs quittant la zone réglementée pour la zone indemne. De nouvelles doses devraient être disponibles d’ici mars, pour étendre la vaccination à tous les éleveurs qui le souhaitent. Réalisée sur un mode volontaire, cette vaccination pourra être faite par l’éleveur lui-même, sauf si une attestation est nécessaire (ce devrait être le cas pour permettre aux animaux de quitter la zone réglementée). D’après ce qui a été annoncé, le vaccin devrait être acheté par l’État et mis à disposition, mais l’acte vaccinal sera maintenant à la charge des éleveurs.

EN SAVOIR PLUS

www.fcoinfo.fr : site régulièrement mis à jour par les organisations professionnelles d’élevage avec les actualités sanitaires et réglementaires sur la maladie, les vaccins, et les études d’impact de la campagne vaccinale 2008.

« Ne pas confondre les effets du vaccin avec la façon dont la vaccination a été gérée »

« Il ne faut pas confondre les effets du vaccin et la façon dont la vaccination a été gérée lors de la dernière crise FCO. Quand la vaccination est réalisée correctement, il n’y a généralement aucun souci. Il faut pratiquer l’injection, de préférence sur laine courte, en sous-cutané en se servant des deux mains, une main qui tient la peau et une qui pique. Dans tous les cas, il faut éviter de vacciner en début de gestation pour les brebis et agnelles et dans les deux mois précédant la lutte pour les béliers. Pour ma part, quand j’étais éleveur, j’avais vacciné mes brebis un mois avant la lutte et un mois avant l’agnelage, il n’y a eu aucun avortement et la campagne s’est déroulée normalement. Aujourd’hui, si j’étais éleveur sur la zone de circulation du virus, je vaccinerais au moins les béliers et les jeunes générations car, si la maladie n’est pas meurtrière pour l’instant, nous ne sommes pas à l’abri de dégâts plus importants. Par ailleurs, une expérience du Cirad a clairement montré que la protection par les insecticides est très courte donc inefficace dans la durée sauf à renouveler fréquemment l’application. »

« Pas de dégradation de la qualité des semences »

« Nous avons vacciné tous nos béliers au 1er octobre 2015, car les outils collectifs comme les centres d’insémination ont été jugés prioritaires par la filière pour bénéficier du vaccin. Et nous n’avons observé aucune montée de fièvre liée à la vaccination. L’essentiel de la production de paillettes se fait d’avril à août. Un cycle de spermatogenèse durant près de deux mois, nous prenons le maximum de précautions en vaccinant au moins deux mois avant le début de la production. Comme le vaccin que nous avons utilisé a une couverture vaccinale de huit mois seulement, nous allons donc recommencer début février pour garantir la protection des animaux pendant toute la saison d’inséminations. Il y a quelques années, nous avions testé avec un laboratoire les effets de la vaccination sur la spermatogenèse. Nous avions suivi l’évolution de la qualité des semences et nous n’avions pas observé de dégradation. Lors du dernier épisode de FCO en 2008, nous avions vacciné en janvier et nous n’avions pas observé de problème sur les béliers. Cela n’avait pas altéré la spermatogenèse et les résultats de fertilité avaient été similaires à ceux des autres années. »

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