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Parasites internes
Une stratégie complète pour contrôler le ténia

Considéré avec raison comme très fréquent, le ténia de l´agneau peut être combattu en adoptant une stratégie d´utilisation des produits pour contrôler son extension.


Le Dr Pierre Autef, praticien à Bellac, rappelle les caractéristiques des ténias : ce sont des parasites intestinaux, en forme de ruban long de trois à cinq mètres, larges de un à deux centimètres, formés de segments disposés en chaîne et munis à leur extrémité d´un organe de fixation, le scolex, portant quatre ventouses.
Chaque anneau de ténia libéré sur le sol contient environ 10 000 oeufs contenant chacun un embryon. Ces oeufs résistent quatre mois en milieu humide et un mois en milieu sec. Ils sont altérés par le gel, les rayons ultra-violets, ou les variations thermiques (ils se conservent 25 jours à 30 ºC et trois jours à 45 ºC).
Une minuscule araignée, l´oribate (d´une taille de 0,5 à un millimètre) vit dans le sol et se nourrit de débris organiques. Elle absorbe les oeufs de ténia, notamment dans les prairies acides, humides, riches en humus et fréquemment pâturées.

Cet oribate est rarement présent dans les terrains cultivés et s´il ne craint pas la chaleur, il redoute la sécheresse. Dans l´oribate, les oeufs de ténia se transforment en larves qui se développeront en deux à trois mois. Ces larves sont protégées des températures hivernales par les oribates et peuvent vivre dans leur hôte douze à dix-huit mois à moins que ce dernier ne soit détruit par la sécheresse.
L´oribate ne se déplace pas d´une prairie à l´autre, ce qui explique que l´infestation d´un pâturage soit le fait d´un déplacement de lots d´agneaux ou de troupeaux parasités. Cette infestation se trouvera pérennisée par la survie de l´oribate en hiver et aussi un peu par les brebis parasitées.
Les prairies naturelles humides et recouvertes d´humus forment un milieu de vie privilégié pour les oribates contrairement aux prairies artificielles réensemencées après labour.
Après que l´agneau ait absorbé une herbe contaminée par les oribates, la larve de ténia est libérée dans l´intestin grêle et son scolex lui permet de se fixer sur la muqueuse.
En milieu sec, les oeufs de ténia résistent peu, faute d´oribates pour les abriter. ©J. Diependaele

Des perturbations sur la croissance de l´agneau
L´infestation par le ténia se révèle surtout au printemps et à l´automne et concerne l´agneau d´herbe. Elle se remarque par un état de subanémie, une laine sèche et cassante, frisottée et des alternances de diarrhées, constipation et ballonnements. L´agneau présente un retard de croissance et, dans les crottes ou autour de l´anus, on observe des anneaux (frais ou desséchés en grains de riz).
Le ténia perturbe le transit digestif de l´agneau et même l´obstrue, les parasites ont une action irritative par leurs scolex et leurs mouvements et on les soupçonne de secréter des substances toxiques. L´immunité est acquise par l´agneau après un contact d´une durée de deux à trois mois : les réactions anaphylactiques dans l´intestin rendent difficile la survie des oeufs de ténia.

Au printemps, que ce soit en plein air ou en bergerie, une coccidiose peut s´associer au ténia, et sur des agneaux de plus de trois semaines on constatera coliques, diarrhées, retards de croissance voire des troubles nerveux dus à la destruction des cellules intestinales.
En bergerie, une strongyloïdose peut se manifester à tout moment de l´année. Autre parasitisme associé : la nématodirose qui apparaît en fin de printemps sur agneaux d´herbe (fortes diarrhées, coliques, mortalité). Par temps humide ou orageux, une haemonchose peut se conjuguer aux effets du ténia et procurer de l´anémie, le signe de la bouteille mais surtout une mortalité redoutable.
Pour combattre le ténia, le vétérinaire et l´éleveur doivent tenir compte de la nature des pâtures, des parasites associés, de la saison d´infestation maximale selon la période d´agnelage et l´activité des oribates. Le mode de logement des agneaux et brebis après la mise bas (plein-air, semi plein air ou bergerie) doit également être pris en considération.

Mettre en place une stratégie de contrôle du ténia
Les produits utilisables sont :
les ténicides stricts, comme l´Isoquinoléine (Praziquantel 3,75 mg/kg en solution) ;
les ténicides strongylicides, comme les probenzimidazoles (Febantel 7,5 mg/kg et Netobimin 10 mg/kg) ou les Benzimidazoles (Mebendazole 15 mg/kg, Fenbendazole 10 mg/kg, Oxfendazole 5 mg/kg, Albendazole 3,8 mg/kg) ;
les ténicides fasciolicides, comme l´Oxyclosanide 15 mg/kg.
Les mesures sanitaires ne seront pas négligées car on sait que les ténicides habituellement utilisés n´ont pas d´action ovicide. Lors du traitement, les agneaux réensemencent le milieu extérieur et ils doivent donc séjourner au moins douze heures en bergerie avant d´être remis en parc.

Il est important de leur faire pâturer des praires récentes et saines, de clôturer les bordures.
Une destruction des hôtes intermédiaires sera obtenue par hersage ou par labour profond des praires. L´objectif sera de détruire les mousses, d´inhiber la formation d´humus et de diminuer l´acidité du sol. Cela peut être obtenu en répandant 300 kg à l´hectare de sulfate ferreux contre les mousses et en alcalinisant le sol avec 600 kg de chaux ou 150 kg de cyanamide calcique par hectare.
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