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Une prévention sanitaire de tous les instants

La mortalité des agneaux a surtout lieu pendant les deux premiers jours de vie. Rappel des bonnes pratiques d’élevage de la fin de gestation jusqu’au sevrage.

© Pâtre

D’après l’Unité mixte et technologique « Maîtrise de la santé des troupeaux de petits ruminants », le taux de mortalité des agneaux est en moyenne de 14 % jusqu’au sevrage (en tenant compte des avortons et des mort-nés). Plus de 50 % de la mortalité intervient dans les 48 premières heures de vie de l’agneau.

La diminution du taux de mortalité des agneaux passe donc par une réduction de la mortalité précoce. Cette mortalité est principalement liée à des avortements (infectieux ou non), des agneaux trop petits/chétifs et à des problèmes de tétée (manque de lait, mammites,…). Les principales causes de morbidité observées sur les agneaux de plus de dix jours sont les arthrites, les diarrhées, l’ecthyma, les entérotoxémies et les maladies respiratoires.

Avant la naissance, on laisse de la place et on sépare les malades

Le taux de mortalité des agneaux autour de la naissance est très lié à la densité des brebis en bâtiment. Pour décharger le bâtiment si les recommandations en termes de surface ne sont pas respectées on peut laisser à l’herbe les brebis vides ou celles en milieu de gestation. Avec moins d’animaux en bergerie, la surveillance est facilitée et les brebis peuvent plus facilement s’isoler pour agneler.

Pour limiter les risques de contamination au sein du troupeau, il est important de séparer les brebis ayant avorté du reste du cheptel. La zone de quarantaine devrait idéalement se situer en dehors de la bergerie où sont logés les animaux sains. Dans tous les cas, aucun contact entre les animaux en quarantaine et les autres ne doit être possible pendant au moins 30 jours. Pour la gestion des soins courants, une zone d’infirmerie où les animaux peuvent rester quelques jours, où ils sont faciles à attraper, située à proximité d’un point d’eau, de la pharmacie et d’une source de lumière peut grandement faciliter le travail.

Des cases au chaud pour faciliter l’adoption

Les cases d’agnelage facilitent la création du lien entre la brebis et son ou ses agneaux. Elles sont fortement préconisées pour les brebis à portée multiple et pour les primipares. Mais, attention, c’est aussi lieu de contamination dû à la succession rapide des brebis dans un laps de temps court, de l’étroitesse du lieu et des résidus de placentas. Entre deux animaux, la case d’agnelage doit donc être repaillée généreusement et si possible désinfectée. Idéalement, la case d’agnelage doit être repaillée 3 à 4 fois par jour par petite quantité, ou au moins matin et soir.

Pour concevoir ses cases d’agnelages, on préférera un endroit clair et non confiné à l’écart de parois froides. Des claies à paroi pleine sur leur partie basse limiteront les courants d’air au niveau des agneaux. En effet, l’agneau doit être maintenu au plus près de sa zone de confort climatique. Pour cela, la température idéale de la bergerie se situe autour de 15 °C. En hiver, les coins plus petits et très paillés où les agneaux peuvent se réfugier et se réchauffer sont donc importants. Avec un fort lien brebis/agneau (x) et un paillage régulier, les agneaux peuvent aussi se réchauffer contre leur mère.

Du colostrum pour les nouveau-nés

Pour bénéficier du rôle vital du colostrum, l’agneau doit boire dans les douze premières heures de vie 100 ml de colostrum par kilo de poids vif, soit environ 400 ml pour un agneau de quatre kilos. Le colostrum apporte non seulement de l’énergie et de la chaleur, mais il apporte aussi une protection immunitaire pour le nouveau-né. En effet, chez les ruminants, le transfert d’anticorps n’a pas lieu au cours de la gestation et le jeune naît sans aucune défense immunitaire. Le risque de mortalité avant 5 semaines est 2,3 fois plus élevé chez des agneaux présentant un défaut de transfert d’immunité à 48 heures d’âge.

Si la brebis n’a pas suffisamment de colostrum, on peut prélever une brebis du même lot qui a mis bas dans la même demi-journée. Il est aussi très utile de se constituer une banque de colostrum conservé au congélateur (brebis, vaches ou chèvres). Pour le décongeler, bannissez le micro-ondes et optez pour le bain-marie. Pour s’assurer de la bonne qualité du colostrum, le pèse colostrum (30 euros environ) ou le réfractomètre (de 40 à 200 €) sont de bons moyens pour discriminer les « bons » et les « mauvais » colostrums.

Des lots d’agneaux homogènes et pas trop tassés

Créer des lots d’agneaux d’âge semblables (moins de 15 jours de différence d’âge) permet de gérer les mêmes risques et les mêmes besoins. Une bonne hygiène passe aussi par une densité d’animaux adéquate et un bon paillage. On considère qu’une brebis et un agneau ont besoin de 1,5 m² de surface de vie alors qu’une brebis et deux agneaux ont besoin de 2m². On ne mettra pas plus de 5 agneaux par m² dans le cas des agneaux à l’allaitement artificiel. Au niveau du paillage, il faut compter 700 g à 1 kg de paille par brebis (soit 400 à 500 g par m²) et pailler quotidiennement.

Pour obtenir un microclimat sur la zone de vie des jeunes agneaux, on peut réduire le volume à chauffer et éviter les retombées d’air froid avec un faux plafond. On peut aussi apporter de la chaleur de manière localisée par exemple à l’aide de lampes chauffantes (attention aux incendies…).

Des coins réservés pour les agneaux

Lorsque les agneaux ont dix jours, on peut aménager un « coin à agneaux », une zone de la bergerie inaccessible aux mères où seuls les agneaux peuvent entrer. Cette zone permet de donner de l’aliment destiné spécifiquement aux agneaux avant le sevrage. Les coins et recoins de cette zone peuvent servir d’abris où l’agneau pourra se réchauffer et se protéger des courants d’air. C’est aussi une façon pratique de contenir les agneaux lors d’opérations spécifiques (sortie des mères au pâturage sans les agneaux, pesée du contrôle de performance…) ou pour séparer momentanément les agneaux des mères (par exemple lors de la distribution d’enrubannage ou d’ensilage, pour éviter que les agneaux n’en consomment). Le coin à agneau ne sert pas à isoler tous les agneaux en même temps, à part sur de courts laps de temps. On peut donc compter une surface de 2,5 agneaux/m².

Préparer le sevrage avec des transitions longues

Après dix jours de vie, l’enjeu est de préparer au mieux le sevrage car c’est un moment traumatisant pour l’agneau et la brebis. Les transitions alimentaires sont à prévoir sur le long terme : le tarissement et le sevrage se préparent 15 jours à un mois à l’avance. Du côté des agneaux, c’est la mise à disposition du fourrage et du concentré dès l’âge de 15 jours qui permet de préparer la flore digestive et limite les risques d’entérotoxémie.

Du côté des brebis : c’est la diminution progressive de la ration en prévision du sevrage, en commençant par les apports protéiques puis les apports en énergie. La diminution des apports va réduire la production laitière. Les agneaux se reporteront naturellement sur l’aliment solide mis à disposition. Au moment du sevrage, il faut éloigner géographiquement les brebis des agneaux pour faciliter le tarissement. Là encore, on veillera à composer des lots d’agneaux d’âge semblable, avoir un chargement animal adéquat et une litière saine grâce à un bon paillage.

Après le sevrage, de la ventilation et du fourrage

Après le sevrage, les agneaux et agnelles de renouvellement sont particulièrement sensibles à deux types de maladies, d’ordres respiratoire et digestif. Dans le premier cas, un défaut de ventilation de la bergerie est un facteur favorisant qu’il faut pouvoir corriger après un diagnostic d’ambiance.

Dans le second cas, un accès insuffisant des agneaux au concentré et au fourrage peut être à l’origine d’acidoses et d’entérotoxémies.

L’ASTUCE

Le test du genou

Pour s’assurer que le paillage est suffisant, on peut s’agenouiller sur la litière. Si un rond humide subsiste sur le genou, il faut rajouter de la paille. Après le curage et avant les périodes de mises bas, il est important de constituer un matelas de paille qui devra absorber les rejets liquides (urine, eaux fœtales, etc.) pour permettre à la surface de la litière d’être plus sèche. Attention, la persistance de zones humides malgré un bon paillage est le signe d’un problème de ventilation, d’un chargement excessif ou de remontées d’eau du sol.

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