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Agri 79 du 19 février
Une installation à bon compte avec des moutons

Nicolas Jeanthon, 31 ans, a pris goût au mouton par hasard. « Quand j’avais 16 ans, des éleveurs se sont installés près de chez moi et je me suis mis à les fréquenter. » À 22 ans, il s’installe avec un budget de 110 000 euros pour 300 brebis sur 45 hectares à Clécy, dans le Calvados. La surface ne lui permettant pas d’en vivre à temps plein, il développe en parallèle une activité de tonte de moutons et parage des bovins. « Dans le Grand Ouest, l’ovin reste méconnu. Pourtant, il s’adapte très bien au relief vallonné de la Suisse normande, il est agréable et ne nécessite pas une force physique importante ». Pour développer son activité, et installer sa compagne, l’éleveur envisage de basculer vers la production de lait de brebis avec transformation à la ferme. Passionné, il a accueilli les Ovinpiades des jeunes bergers sur sa ferme. « J’apprécie ce genre d’opérations car les jeunes manipulent les animaux. J’espère qu’ils se diront : les ovins, pourquoi pas moi ? »

Pas fils d’agriculteur, Jean-Marie Rozet a reçu son premier mouton à 17 ans. Il a ensuite cultivé sa passion pour l’élevage en parallèle d’une carrière d’enseignant en constituant au fil des ans, une exploitation d’une trentaine d’hectares avec deux troupes ovines d’une centaine de bêtes, Bleu du Maine et Texel, et une vingtaine de vaches limousines. Arrivée sur la ferme il y a une dizaine d’années, la race Bleu du Maine lui a été conseillée pour ses facilités d’agnelage. « Je ne fais jamais appel au vétérinaire, confirme l’éleveur. En outre, les mères sont vraiment maternelles et adoptent très facilement. » Il apprécie aussi leur prolificité et les trouve plus disciplinées au pâturage. Pour améliorer les qualités de son troupeau, inscrit, il n’hésite pas à investir dans ses reproducteurs, recherchant ceux qui ont de bonnes croissances. Il participe régulièrement à des concours notamment au Salon de l’agriculture à Paris où il a déjà remporté plusieurs prix.

Guillaume et Thierry Rudelle, éleveurs de 550 brebis laitières en Gaec dans l’Aveyron avaient le choix entre prendre un salarié ou investir dans du matériel capable d’alléger la charge de travail. Ils se décident en faveur d’un Automatic Feeding de chez Jeantil, un investissement de 250 000 € avec beaucoup d’auto-construction. Il a fallu repousser les murs pour installer la station de préparation avec les silos et cellules contenant les aliments et le tapis convoyeur relié au bol mélangeur avec trémie pour peser. La machine compose ainsi des rations pour différents lots, distribuées par un robot filoguidé. « Le matériel installé ici est le premier du genre posé au sol en production ovine » explique Sylvie Albouy, d’Agri-Tech Élevage. « Auparavant, nous étions trois personnes pour distribuer le fourrage grossier durant 20 minutes, aujourd’hui l’opération s’effectue sans que nous soyons présents. Nous avons ainsi plus de temps pour le suivi des animaux et pour la famille. »

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