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Ovins
Une bergerie où la bergère rit

De la compétence - Sophie Plyant était technicienne en élevage ovin - et un zeste de réflexion allègent le travail quotidien de la bergère et travailler devient alors un réel plaisir.


Démonstration.
Sophie Plyant est une éleveuse qui veut travailler seule en limitant au maximum les tâches pénibles et répétitives. Mère de trois enfants, elle souhaite leur consacrer un maximum de temps. Alors elle a opté pour la construction d´une bergerie dans laquelle la priorité est la fonctionnalité. Pari réussi ? De l´avis de tous : c´est oui ! Le travail y est rapide, efficace et peu pénible. Alors elle a le temps de rire la bergère...
Une réflexion de longue halène
"J´ai choisi de construire ma bergerie à Dounoux,Vosges, près de mon lieu d´habitation. Pas question de prendre la voiture pour aller voir les moutons. Tout a été mûri pendant des années avec mon compagnon. On s´est fait plaisir à réfléchir à ce bâtiment, à le concevoir et, surtout, on a pris le temps de le faire à notre goût."

Le choix du bois
Pour des raisons esthétiques et parce qu´il crée une bonne ambiance, c´est le bois qui a été choisi comme matériau. Un artisan local a réalisé la construction.
" Ce choix s´est fait un peu par principe, c´est mieux d´avoir le constructeur à proximité en cas de problème et, en plus, le rapport qualité/prix était intéressant."
La richesse d´une première expérience
"La bergerie a été aménagée en fonction de tout ce que j´avais accumulé comme contraintes dans les vieux bâtiments de mon père à Blevaincourt : balayer les auges, déplacer les barrières, pousser les animaux, porter les seaux."
Sophie Plyant cherchait donc un système présentant un minimum d´inconvénients pour distribuer les fourrages et les concentrés, il lui fallait des cases d´agnelage d´un accès facile et dans lesquelles on voit bien les agneaux. C´est pourquoi elle a opté pour le libre- service du foin.
Le foin en libre-service
"Je mets les bottes à la demande". Ce n´est certes pas un système innovant mais, avec du bon foin, les brebis ne trient pas et le travail est alors limité à l´approvisionnement hebdomadaire. "Le seul problème de la botte ronde, c´est qu´il faut surveiller derrière en montant dans l´auge car des brebis peuvent y mettre bas."
Une bonne valorisation de la surface
"Je voulais une bonne valorisation de la surface, donc un minimum d´allées, car je trouve aberrant d´avoir des couloirs de 4 m qui ne servent à rien, tout en ayant des conditions de travail optimales. Mais il ne fallait pas que cela me coûte cher car j´ai une petite troupe".

Bergerie "fémininovante" et aménagements bien pensés
"C´est en raison du mode d´affouragement que j´ai voulu une ouverture sur toute la longueur. Pour éviter d´être sans cesse en train d´ouvrir et de fermer des portes, j´ai choisi le système du filet brise vent. j´aurais peut-être dû le faire en deux parties."
Le mode d´allotement est en travers au lieu d´être dans la longueur avec une allée au milieu. "L´avantage avec des auges dans ce sens c´est qu´il n´y a pas besoin de rentrer dans les lots pour regarder les brebis. On ne leur fait pas face et, pendant qu´elles mangent leurs concentrés, on a bien le temps de surveiller les pis ou une brebis qui se prépare."
Le curage est aussi simple et rapide. Il n´y a qu´à démonter les barrières le long du bâtiment : pas de manouvre avec le télescopique. Sophie Plyant fait réaliser cette opération qui prend une demi-journée.
Alors : ni remords ni regrets ?
"Autant il y a des choses qui ont été réfléchies, autant le paillage."
C´est la tâche urgente du matin qui soucie encore l´éleveuse. Elle se fait à l´aide d´un chariot avec une grosse botte carrée : il faut donc balayer l´allée et lancer la paille à la main. "J´aurai dû faire le bâtiment plus haut avec un grenier de paillage."
Dernier regret : il n´y a pas d´emplacement prévu pour un parc de tri. Il faut un peu de main-d´ouvre pour trier et vacciner les brebis.
Alors : heureuse ?
"D´une manière générale, j´en suis contente. Je me sens bien dans cette bergerie, elle est de taille humaine !"

©DR

Vue extérieure de la bergerie Le tout-bois facilite l´intégration avec le paysage.

L´analyse de l´investissement
Coût au m2 : 68,86 ? (451,70 F)
Coût à la brebis logée : 131,18 ? (860,50 F)
Terrassement : 7 622,45 ? (50 000 F)
Maçonnerie : 1 524,49 ? (10 000 F)
Charpente bois et converture : 18 293,88 ? (120 000 F)
Bardage traité non posé : 5 091,80 ? (33 400 F)
Abreuvoirs antigel (6 x 770) : 704,31 ? (4 620 F)
Transports : 7 622,45 ? (1 500 F)
Electricité : 228,67 ? (5 000 F)
Rails, poulies et cordes : 457,35 ? (3 000 F)
Filet brise-vent et moteur : 3 811,23 ? (25 000 F)
Transformateur : 83,24 ? (546 F)
Drainage : 457,35 ? (3 000 F)
Autoconstruction (3 mois à 8 h/j) : 22 867,35 ? (150 000 F)
Total : 41 323,75 ? (271 066 F)
Configuration du batiment

Ce schéma illustre sur 2 ou 3 lots la configuration de l´ensemble du bâtiment
aux différentes périodes du processus de production :
1. 1 mois avant la mise-bas
2. Début agnelage (fin mars)
3. Fin agnelage (début avril)
4. 3e semaine de lactation

Les chiffres clés année 2000
Chargement Br/ha : 7,8
PN/Femelle mise en lutte : 1,68
PN/Femelle présente : 1,39
PN/ha : 10,8 agneaux
Age moyen à la vente : 150 jours
Poids moyen de carcasse : 17,4 kg
Prix moyen agneau : 503 F
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