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Sommet de l'élevage
Un carrefour d'affaires devenu international

Le salon de Cournon est l’occasion de montrer les atouts de la filière ovine française à un public de plus en plus international.

© DHardy
Le 21e Sommet de l’élevage a refermé ses portes le 5 octobre dernier après trois jours d’échanges, de conférences et de convivialité. Pour la filière ovine, ce salon sert aussi de vitrine pour les visiteurs internationaux. Cette année, pas moins de 400 ovins de 26 races étaient présentés avec, en prime, les concours nationaux des races Suffolk et Blanche du Massif central. « Le Sommet est un salon mondialement connu qui s’est imposé comme un carrefour international d’affaires depuis trois à quatre ans », s’est réjoui son président Roger Blanc. En effet, il a accueilli cette année pas moins de 74 délégations étrangères (contre 62 en 2011), avec notamment une forte présence russe, ukrainienne ou des pays méditerranéens. Les 3 000 visiteurs étrangers ont pu bénéficier du Club international, qui les accueillait sur un espace de 300 mètres carrés devant la grande halle d’Auvergne.

DES REPRODUCTEURS À L’EXPORT

La filière a profité de cette concentration cosmopolite pour présenter la plateforme internationale ovine. « Nous sommes en capacité de répondre à des demandes diverses qui concernent la génétique, le matériel ou l’ingénierie de projet », a rappelé Emmanuel Coste, le président d’Interbev ovin, avant de présenter les atouts de la filière ovine française. Lancée il y a un an, la plateforme vise à mieux organiser la réponse aux demandes internationales. Elle peut les mettre en relation avec un réseau d’experts issus de l’interprofession, de Races de France, de l’Institut de l’élevage, du groupement Export France ou de l’Institut technique agroindustriel.
Jean-Luc Chauvel, président de la section ovine de Races de France, a rappelé l’excellence des races ovines du pays : « la France est l’un des leaders européens de l’élevage et de la génétique ovine. Avec 282000 brebis en contrôle de performance, 800 000 inséminations animales et 3500 béliers évalués en station chaque année, la France a des outils pour mesurer précisément les performances des reproducteurs ». Le dispositif génétique ovin français a de quoi séduire les investisseurs étrangers.Ainsi, sur les 874000 ovins exportés vivants en 2011, plus de 7 000 l’ont été comme reproducteurs. Ces animaux exportés n’ont pu quitter la France que dûment identifiés et avec des certificats sanitaires signés par un vétérinaire mandaté par l’administration. « La France est officiellement indemne de fièvre aphteuse, de fièvre de la vallée du Rift, de peste des petits ruminants ou de clavelé, a rappelé Françoise Dion, vétérinaire conseil à Races de France, mais pour les autres pathologies, il faut regarder en détail le statut du troupeau exportateur ». Le retour au statut indemne de la France pour la fièvre catarrhale ovine est prévu pour janvier 2013 après deux saisons sans signalement de cas. « Beaucoup de pays d’Afrique ou d’Amérique ont dû fermer leurs frontières à notre génétique animale pour des raisons sanitaires alors que la demande existe, regretteYves Lemaire d’Oson (races Île-de-France et Texel).Des concurrents peuvent se substituer à la France », déplore-t-il en citant les 300 Île-de-France d’Australie originaires… d’Afrique du Sud.

NÉCESSAIRE RENOUVELLEMENT

Du côté des laitiers, la génétique aussi peut s’exporter avec, pour la Lacaune, l’organisme Genelex qui commercialise semence et reproducteurs à l’international. Depuis sa création en 1995, 59 000 reproducteurs dont 3900 béliers ont été exportés vers vingt-deux pays européens, africains ou américains. Depuis 2011, c’est aussi 1 500 doses de semences qui ont été commercialisées. Au niveau national, les professionnels ont profité du Sommet pour rappeler l’enjeu du renouvellement des générations. L’occasion de mettre en avant le fonds d’investissement Labeliance qui permettra de financer jusqu’à une vingtaine de projets par an. « Maintenant qu’il y a un revenu, des aides, une filière organisée et du travail sur la génétique, il est impératif de se faire rencontrer cédants et repreneurs », appelait Gérard Etien, le président de la section ovine de la FRSEA Auvergne. « Il faut capter les exploitants entre 58 et 60 ans sans successeur et susceptibles de céder leur exploitation dans trois ans », renchérit Michèle Boudoin, la secrétaire générale de la FNO.Un renouvellement nécessaire pour que la filière reste au sommet !
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