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Plus de semences avec Maxi’mâle

Le projet Maxi’mâle veut optimiser la gestion des mâles reproducteurs dans les schémas de sélection.

(coupe les gens à gauche...)La collecte de la semence est facilitée si le bélier est habitué à l'homme et si celui-ci est calme.  © L. Geffroy
(coupe les gens à gauche...)La collecte de la semence est facilitée si le bélier est habitué à l'homme et si celui-ci est calme.
© L. Geffroy

Dans les schémas de sélection, le progrès génétique repose sur la procréation de jeunes mâles reproducteurs et leur diffusion dans les élevages via l’insémination. Or les pertes sont importantes, en premier lieu au niveau des centres de production de semence où un nombre élevé de mâles peuvent être éliminés pour diverses raisons : problèmes de croissance, défauts morphologiques ou animaux non conformes au standard de race, difficulté à collecter de la semence, semence de mauvaise qualité…

Ces réformes subies ont des conséquences financières (entretien des animaux qui seront éliminés par la suite, temps passé à l’entraînement et à la collecte, semence inutilisable…), mais aussi sur l’efficacité du schéma en réduisant la pression de sélection et ainsi le gain de progrès génétique. Ce problème prend encore plus d’ampleur avec l’arrivée de la génomique. En effet, l’aptitude génétique des mâles étant connue dès leur plus jeune âge, l’efficacité de la sélection dépend de la capacité à disposer d’un grand nombre de mâles au début de leur carrière.

Anticiper les éliminations et prédire la carrière reproductrice

L’objectif du projet Maxi’mâle est d’optimiser la gestion des mâles reproducteurs en utilisant différentes stratégies complémentaires. D’abord, en réduisant les taux de réforme, soit en anticipant les éliminations des mâles, soit en élaborant des prédicteurs de leur future carrière qui pourront être utilisés à un âge précoce. La caractérisation de la morphologie des jeunes mâles (rectitude et parallélisme des membres, pâturons, ligne de dos…) est en cours de réalisation dans deux centres ovins (la Confédération générale de Roquefort et Ovitest) afin d’identifier les causes de réforme des animaux dans les centres de production de semence.

Afin de rechercher des prédicteurs de la carrière reproductrice, des jeunes béliers d’Ovitest font actuellement l’objet d’un phénotypage. Il repose sur des mesures répétées de testiculométrie (circonférence scrotale, échographie testiculaire) dès l’âge de deux mois et demi, ainsi que sur un dosage de l’hormone AMH impliquée dans la mise en place de la puberté. Parallèlement, des spermogrammes ont été réalisés afin de mettre en évidence des anomalies des spermatozoïdes. L’ensemble de ces mesures, mises en relation avec la carrière des mâles à l’âge adulte, devraient permettre d’identifier des indicateurs précoces de la mise en place de la fonction sexuelle.

Faciliter la collecte et sélectionner sur la qualité de la semence

Avant d’être collectés de façon régulière, les mâles sont entraînés pendant une période plus ou moins longue. Les taux d’élimination à ce stade sont élevés dans certaines races et variables d’une année sur l’autre, ce qui laisse suggérer un effet des conditions de milieu des animaux. Des enquêtes ont été mises en place afin de décrire la diversité des conditions d’élevage des jeunes, que ce soit dans les élevages naisseurs ou en centre de production de semence, et d’identifier celles qui pourraient avoir une influence sur le comportement sexuel et donc sur la facilité de collecte. Des éleveurs ont accepté de répondre à cette enquête et de fournir des renseignements sur leurs pratiques (allotement, sevrage…) et sur leur relation avec les animaux lors d’événements particuliers (mise bas, sevrage…) ou de façon quotidienne. La relation homme-animal apparaît comme un facteur important pour ces éleveurs habitués à manipuler les mâles pour des pratiques de reproduction.

Les neuf centres ovins de production de semence (la Confédération générale de Roquefort, Ovitest, CDEO, Terre Ovine, Ovilot, Insem’ovin, GIE US ROM, Oson) ont fait l’objet d’une analyse approfondie de la conduite alimentaire, des pratiques de photopériodisme et des conditions d’élevage et d’entraînement. Des tests ont été élaborés de façon à caractériser le comportement des mâles pour pouvoir en tenir compte par la suite lors des pratiques d’entraînement. Les enquêtes montrent que le délai entre la période d’entraînement et la collecte en routine joue un rôle capital et que les différentes pratiques mises en place par les centres pour encourager les mâles récalcitrants donnent de bons résultats, réduisant ainsi les éliminations pour cause comportementale.

Les caractères liés à la production de semence : volume, concentration, pourcentage de spermatozoïdes mobiles et motilité ont un déterminisme génétique. Le calcul d’un index et sa prise en compte au niveau du schéma de sélection est une façon d’agir sur la qualité de la semence. À terme, une sélection génomique pourrait être envisagée.

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