Aller au contenu principal

Assemblée générale FNO
Moderniser l´élevage ovin favorisera l´installation des jeunes

Devenir pro, c´est assurer des résultats mais aussi rendre plus facile la vie d´un berger. Thème fort de ce congrès de Narbonne, la modernisation des élevages vise à favoriser l´installation de jeunes éleveurs.


Les éleveurs, en bergerie ou en plein air, apprécient, tout comme le grand public, l´image d´un mouton dévoreur d´herbe et de grands espaces, protecteur de la faune et de la flore, défenseur des broussailles contre l´incendie. A Narbonne, ce 15 avril, le débat va plus loin et engage l´avenir de l´élevage ovin français. La modernité de l´élevage ovin doit répondre aux attentes sociétales mais également encourager les futurs éleveurs qui souhaitent s´installer.

Bénéficier du progrès de la technique
Secrétaire général de la FNO, Jean-Pierre Arcoutel rappelle la définition du Petit Robert : « est moderne ce qui est de son temps et qui bénéficie des progrès de la technique. » Frédérique Noizet et Michèle Delesvaux, ses adjoints, y voient « une évolution volontaire de l´éleveur pour améliorer le revenu et les conditions de vie ». Pour gagner ce paradis de la modernité, il faut des moins (moins d´astreinte lors des agnelages, moins de travail pour l´affouragement) et il faut des plus : plus de travail en commun, plus d´utilisation de main-d´oeuvre complémentaire ou de groupement d´employeurs ou de service de remplacement. Plus d´investissement aussi : c´est la clé de l´évolution.

Jean-François Vedel utilise l´identification électronique sur ses 350 brebis pour les trier avec une lecture de boucle informatisée. Il enregistre ses 400 agneaux annuels sur un carnet d´agnelage électronique qui lui sert aussi à annoncer les ventes de la semaine au groupement : « J´ai diminué ainsi considérablement la gestion adminstrative du troupeau. J´économise du temps, le travail est agréable ; je considère cet achat plus prioritaire que celui d´un roundballer. » Remarque d´autant plus vraie qu´il adhère à quatre Cuma.
Hubert Charlet, de l´abattoir Bigard à Castres, confirme que le travail avec la puce électronique rend plus fiable l´identification et le tri à l´entrée de l´abattoir.

Serge Préveraud, responsable du suivi de la Charte ovine note que la réussite de l´installation passe par un recensement des besoins et des obstacles mais surtout des investissements. « La difficulté réside souvent dans l´accès au foncier qui part en priorité dans l´agrandissement » note Pierre Pech de l´Adasea de l´Aude. Il serait nécessaire d´alléger la transmission du patrimoine et pour cela il faudrait certainement penser à défiscaliser les investissements, à exempter les éleveurs des taxes foncières.
Adrien Lapeyre, jeune installé à Castans dans l´Aude, souligne ses difficultés : « pour obtenir des baux venant des propriétaires, une concession de pâturage pour 70 hectares, obtenue auprès de l´ONF en zone DFCI, m´a seule permis d´avoir enfin le statut d´exploitant agricole ». Un consensus entre fournisseurs d´espace (Mairie DDA, Chambre d´agriculture, ONF) devient nécessaire pour activer l´installation.

Toute installation devrait fournir un revenu suffisant. La modernisation concerne de nombreux paramètres techniques et humains « un véritable puzzle à reconstituer, selon Michèle Delesvaux, avec en son centre la motivation personnelle de l´éleveur. Le projet doit établir un diagnostic sur le foncier, les investissements, la main-d´oeuvre, les bâtiments, la conduite de troupeau et obtenir de financer les investissements. La défense des prix du marché, l´appui technique (recherche de compétence) ne dépendent pas de l´éleveur. C´est pourquoi la formation initiale et continue devient nécessaire à la fois pour les éleveurs et les techniciens afin que le projet d´entreprise puisse être innovant et permette d´obtenir de bons résultats.
Claude Fart, éleveur en Haute-Loire, estime utile de s´organiser pour réussir : « le travail avec les partenaires OP, l´Adasea, les techniciens peut s´accompagner d´un travail en Gaec, en Cuma. Les signes officiels de qualité motivent l´éleveur et confortent son revenu : le moteur de la réussite, c´est l´éleveur ».

Les plus lus

<em class="placeholder">Des ovins au pâturage dans les Pyrénées catalanes.</em>
Des chercheurs catalans suivent le pâturage des ovins à la trace
Des chercheurs de l’Institut de recherche et de technologie agroalimentaire, basé en Catalogne, ont équipé de traceurs GPS des…
Des carcasses d'agneaux au marché de Rungis.
Accord UE-Australie : 25 000 tonnes de viande ovine et caprine concédées à l’Australie
Un nouvel accord de libre-échange a été conclu entre l’Union européenne et l’Australie le 24 mars. Les droits de douane européens…
L'éleveuse tient un chiot beauceron dans ses bras en extérieur.
Aveyron : « J’allie mes deux passions, les chiens de conduite et la sélection génétique »
Installée en Gaec en Aveyron, Amandine Gastal est éleveuse de brebis lacaunes et de beaucerons. L’élevage de chiens de conduite…
Un éleveur se tient dans une bergerie.
Des agneaux vendus en direct au Gaec Frémon
En Loire-Atlantique, le Gaec Frémon produit des agneaux pour approvisionner en direct des bouchers nantais. Il mise sur des races…
<em class="placeholder">Un éleveur et son troupeau de Hampshire</em>
« Moins elles passent de jours en bâtiment, mieux c’est » : Nicolas conduit ses Hampshire en plein air intégral
Jeune installé en plein air intégral, Nicolas Mary mise sur la rusticité de la brebis Hampshire pour une conduite économe. Il…
<em class="placeholder">Une brebis Montagne Noire</em>
La Montagne noire, une race aux qualités bouchères reconnues
Au Mas-d’Azil en Ariège, sur le massif du Plantaurel, Patrick Respaud est la cinquième génération à élever des vaches Gasconne…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre