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Mettre à profit l’effet mâle des béliers en lutte naturelle

L’effet bélier permet le désaisonnement des brebis et la production d’agneaux toute l’année, mais il n’est pas toujours facile à utiliser. C’est pourquoi le Ciirpo a publié une fiche technique récapitulant les bonnes pratiques sur l’effet mâle des béliers vasectomisés.

Les brebis saisonnées n’ovulent que pendant l’automne, leur saison sexuelle « naturelle » engendrant des mises bas de printemps. Dans le cadre du désaisonnement, on cherche à avoir des mises bas d’automne, voire d’hiver, donc à ce que l’accouplement ait lieu hors saison sexuelle. L’effet mâle ou effet bélier consiste à déclencher les ovulations hors saison sexuelle des brebis, principalement en utilisant des béliers vasectomisés. La vasectomie est une opération qui consiste à couper les canaux déférents des béliers coûtant environ 80 € à 100 € chez un vétérinaire. Stérile, le bélier conserve cependant sa production d’hormones et surtout de phéromones, ces molécules qui agissent comme des messagers chimiques naturels auxquelles les brebis sont sensibles. Les brebis de races Île-de-France, Romane, Berrichon du Cher, Charmoise, les races rustiques des massifs et la majorité des races rustiques et/ou prolifiques répondent à l’effet mâle et se désaisonnent, mais il est peu concluant pour les races saisonnées comme le mouton vendéen ou les charollais.

Deux pics de saillies rapprochés avec les béliers vasectomisés

D’après le Ciirpo, pour être réceptives à l’effet bélier, les brebis doivent être séparées des mâles pendant au moins un mois. Ensuite, les béliers vasectomisés peuvent être introduits pendant quatorze jours avant d’être remplacés par les béliers reproducteurs. Lorsque les béliers stériles sont introduits dans le lot de brebis, la majeure partie d’entre elles réagit en ovulant, et ce dès les deuxièmes à quatrièmes jours qui suivent. Cette ovulation n’est pas accompagnée d’œstrus, elle est donc « silencieuse », non fécondante. Selon les brebis, il peut ensuite y avoir ou non une seconde ovulation sans chaleur dans la semaine suivante. Dans tous les cas, une ovulation avec chaleur met 17 jours à arriver après la dernière ovulation sans œstrus. Dans le cas d’une seule ovulation sans chaleur, un pic de saillie a donc lieu 19 à 21 jours après l’introduction des béliers stériles alors que le pic associé à deux ovulations sans chaleur arrive au bout de vingt-trois à vingt-cinq jours. Il est cependant à noter que ces chiffres sont donnés à titre indicatif sur des brebis et béliers en bonne santé, et que l’apparition de la première ovulation fertile est significativement retardée chez les femelles avec un faible état corporel.

L’effet mâle pour synchroniser les mises bas

Pendant la période de présence des béliers stériles, les brebis ayant des chaleurs en avance par rapport au reste du lot ne sont pas fécondées ; elles ne le seront qu’à l’introduction des béliers reproducteurs, lorsque les autres brebis auront elles aussi des chaleurs. L’effet mâle permet donc de regrouper les agnelages, et ainsi d’optimiser la conduite alimentaire et sanitaire des brebis. Il permet également de réduire le nombre de béliers reproducteurs car les chaleurs sont mieux synchronisées. Les données récoltées sont cependant encore insuffisantes pour déterminer le nombre de béliers vasectomisés à utiliser en fonction le nombre de brebis à saillir. D’autres méthodes de mise en place de l’effet mâle consistent à rapprocher brebis et béliers reproducteurs en empêchant la saillie pendant deux semaines. Cela peut être en mettant des tabliers aux béliers, ou en séparant béliers et brebis avec des claies tout en les maintenant dans un espace assez restreint pour que les phéromones fassent effet.

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