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Journées techniques ovines
L’intérêt du conseil travail dans les élevages

Les éleveurs ont besoin de techniciens bien formés pour les conseiller. C’est l’objectif des Journées techniques ovines avec différents thèmes abordés, dont celui du travail.

Visite chez Bernard Rotureau à Adriers. L’éleveur est satisfait de son organisation qui lui offre du confort de travail et des moments de liberté pour ses loisirs et sa famille.
Visite chez Bernard Rotureau à Adriers. L’éleveur est satisfait de son organisation qui lui offre du confort de travail et des moments de liberté pour ses loisirs et sa famille.
© L.GEFFROY

Un des grands thèmes des Journées techniques ovines en novembre dernier portait sur le travail, avec des interventions d’ingénieurs de l’Institut de l’élevage, des témoignages de techniciens l’ayant mis en place et des visites d’élevage. Il existe de fortes attentes de la part des éleveurs ovins pour obtenir de meilleures conditions de travail, qui permet de libérer du temps pour la vie privée ou pour d’autres ateliers, selon les souhaits de chacun. La filière n’étant pas suréquipée comme peuvent l’être d’autres productions, la marge de manoeuvre pour progresser est importante. Mais les possibilités d’investissement et les attentes ne sont pas toujours les mêmes selon l’âge de l’éleveur. De nombreux facteurs interviennent : le temps, le stress, les astreintes, la pénibilité du travail… ainsi que la présence d’autres ateliers sur l’exploitation.

L’ÉLEVEUR AU COEUR DU DISPOSITIF

Une méthode dite « conseil travail » a été mise en place par l’Institut de l’élevage pour les techniciens des organisations de producteurs, sous forme d’entretiens avec l’éleveur qui souhaite améliorer ses conditions de travail et son organisation. Ils se déroulent sur trois demi-journées avec une conversation en tête à tête entre le technicien et l’éleveur, la réalisation d’une synthèse écrite de ce qui a pu être observé et constaté par les deux protagonistes, la restitution de cette synthèse en face à face et une proposition d'actions, selon les priorités de l'éleveur.

Dans cette démarche, ce dernier est placé au coeur du projet qui doit être axé sur l’analyse des besoins. C’est parfois difficile car il faut accepter la remise en cause, il faut savoir prendre du recul et entrer en phase de changement si cela s’avère nécessaire. « Les éleveurs ne sont pas demandeurs de cet outil, il faut aller vers eux et les y sensibiliser » estime Gérard Servière de l’Institut de l’élevage.Dans certains cas, les entretiens ne donnent aucune suite, la sensibilisation seule peut suffire en ayant provoqué un déclic chez l’éleveur. Ou alors les entretiens débouchent sur un programme personnalisé d’amélioration. Si cela ne suffit pas, on peut ensuite se pencher sur les bâtiments, par exemple. Lorsqu’un thème n’est plus dans les compétences du technicien, celui-ci peut faire appel à un spécialiste, comme un ergonome. Cette démarche demande du temps pour être mise en place. « Le rôle du technicien est d’éclairer la réflexion sans participer à la décision car l’éleveur reste le spécialiste de son travail » note Gérard Servière.Trois leviers d’action principaux ont été identifiés : la simplification de la conduite des animaux et des surfaces, la réorganisation de la maind’oeuvre et la rationalisation des équipements et des bâtiments. Mais l’analyse de l’équipement vient après celui du fonctionnement, sous peine d’occulter celui-ci.

GAGNER DU TEMPS

Une opération pilote a été menée par la coopérative Copagno. En observant un éleveur à un poste pour quantifier le temps de travail, un technicien a ainsi pu remarquer qu’il passait 22 minutes et 48 minutes pour accomplir les mêmes tâches dans deux bâtiments identiques, en raison d’une organisation intérieure différente. L’éleveur ne se chronométrant jamais, il n’avait pas remarqué cette incohérence qui a pu être modifiée pour gagner du temps. Cette présentation du « conseil travail » a été suivie d’une visite de trois exploitations dans la région de Montmorillon, avec trois problématiques différentes. Chez Christian Berger, à Verdon, une réflexion a été engagée à partir de 2003 lors de l’agrandissement de la SAU pour améliorer les conditions et la productivité du travail. Des observations sur le déroulement et l’enchainement des tâches sur une journée ont évalué à deux heures le temps de travail d’astreinte, à 4 km de déplacement dont 1 km avec transport de seaux. La conclusion de la réflexion a débouché sur l’investissement dans un agrandissement de la bergerie pour regrouper un maximum d’animaux en un même lieu et permettre une mécanisation de l’alimentation. Le travail d’astreinte est désormais réalisé en 45 minutes maximum avec beaucoup moins de pénibilité. Chez Bernard Rotureau à Adriers, le système est totalement herbager. L’éleveur souhaitait avoir du temps pour s’occuper de ses enfants. Il a auto-construit une bergerie de 1000m2 en 2006 pour la lactation et acquit une pailleuse ce qui lui a permis de faciliter le travail d’astreinte. Sa durée de travail est d’environ sept heures par jour durant les périodes d’agnelage contre deux heures durant la période estivale après les travaux de fenaison. Des moments de liberté peuvent être pris pour partir une à deux semaines en vacances en été et trois week-end par an.Durant ces jours d’absence, l’organisation de la conduite du troupeau et les équipements permettent au voisinage d’assurer le travail.

CONCILIER TROUPEAUX ET CULTURES

Chez Jean-Louis Martin à Pressac, l’objectif était de concilier la conduite d’un troupeau ovin, d’un troupeau bovin et d’un atelier de cultures. Pour faire face, des conduites de reproductions ont été mises en place avec vêlages calés en fin d’été avant le début des mises-bas des lots de brebis épongées. Réduire la pénibilité du travail, gagner du temps ont été possibles avec l’achat de matériels et l’adaptation d’outils aux contraintes de structure : barrières canadiennes par exemple. Le conseil a permis a ces éleveurs d’obtenir une meilleure qualité de vie avec plus de confort dans le travail ou une réduction du travail d’astreinte, pour s’occuper d’un autre atelier ou pour la vie de famille. L’avantage de ce conseil est qu’il n’est pas « standardisé » mais adapté aux choix de vie de chaque éleveur.

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