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Les trois formules du contrôle de performances

Reproduction, élevage ou complète. Le contrôle de performances des ovins allaitants est uniformisé sur toute la France. Détail des trois formules proposées.

© Pâtre

1  Reproduction pour les index prolificité

La formule reproduction (ex-F8) se base sur la certification de parenté sans qu’il y ait de pesée. L’organisme de contrôle de performances recueille les informations sur les naissances et notamment les filiations maternelles. Pour chaque naissance, l’éleveur doit indiquer le numéro de la mère et du ou des agneaux, la date d’agnelage, le nombre d’agneaux nés et mort-nés ainsi que leur sexe. Bien sûr, pour avoir ces informations, il faut tenir son registre d’élevage et son cahier d’agnelage (papier ou électronique) à jour. Transmises au maximum quatre semaines après la fin de l’agnelage au système national d’information génétique Ovall, ces informations permettent ensuite d’estimer les index prolificité de chaque reproducteur du troupeau.

Pour avoir un index plus précis et connecter davantage son troupeau à la base de sélection, il est recommandé d’enregistrer également le père des agneaux. Pour cela, l’éleveur déclare quel bélier était en lutte avec quelles brebis et à quelle période. Pour déterminer la paternité, il faut au minimum dix jours d’écart entre deux béliers mis dans un lot de brebis à saillir. « La connaissance du père est très variable selon les races et les conduites de troupeau » regrette Laurence Tiphine de l’Institut de l’Élevage, les races bouchères enregistrent globalement davantage que certaines races rustiques.

La formule reproduction concerne 22 % des brebis en contrôle de performances soit environ 73 500 brebis. « Cette formule apporte déjà beaucoup d’éléments pour gérer ses réformes, recommande Laurence Tiphine. Elle permet de suivre la fertilité, le désaisonnement et la mortalité à la naissance des agneaux et de disposer d’index prolificité. »

2 Élevage pour les index prolificité et valeur laitière

La formule élevage (ex-F1) concerne les deux tiers des brebis en contrôle de performances. Elle consiste, en plus des enregistrements de la formule reproduction, en une pesée par agneau autour de 30 jours. En pesant entre 21 et 46 jours et en connaissant la croissance type des agneaux, il est possible d’estimer le poids à âge type 30 jours ou PAT 30. On évalue ainsi les reproducteurs sur leurs qualités maternelles (quantité et richesse du lait, comportement de léchage et de soins aux nouveau-nés…) et leur capacité globale de production d’un poids d’agneau à 30 jours (informative sur le potentiel de production d’un poids d’agneau sevré).

En plus d’enregistrer le poids des agneaux, l’agent note d’éventuelles anomalies de croissance. Ainsi, le PAT 30 d’un agneau qui a connu un épisode diarrhéique, et donc un retard de croissance, est écarté du calcul d’index pour ne pas pénaliser la mère. Les méthodes d’allaitement (naturel, adoption, complémentation au biberon, allaitement artificiel) ainsi que la mortalité sont aussi enregistrées. Envoyées rapidement à Ovall, ces informations sont restituées rapidement à l’éleveur pour faire un bilan des croissances, repérer d’éventuelles incohérences. Les informations permettent aussi le calcul des index de valeur laitière.

3  Complète pour les index prolificité, valeur laitière et croissance

La formule complète (ex-F2) ne concerne plus que 10 % des brebis. Elle consiste à rajouter à la formule élevage, une seconde pesée autour de 70 jours, entre 59 et 92 jours d’âge. Cette pesée permet le calcul du PAT 70 et l’indexation de la croissance (ou précocité) des agneaux. Certains organismes de sélection comme celui du Mouton Charollais l’imposent à leurs sélectionneurs. Cette formule est plus contraignante en termes de pénibilité, car les agneaux pèsent alors dans les 50 kilos et, sans cage de pesée, il faut les porter sur la balance…

Combien ça coûte ? 

De 3 à 7 euros par brebis selon les structures

Les prix sont très variables selon les structures de contrôle de performances, la densité d’élevages, la distance des déplacements, la mutualisation de services ou la présence ou non d’aides régionale ou départementale. La dernière enquête sur les prix remonte à 2003 et émane du ministère de l’Agriculture. La formule élevage (avec une pesée) revenait en moyenne à 5,5 euros par brebis, mais avec des tarifs allant de 3 à plus de 7 euros. Le mode de facturation est aussi très variable : certains organismes ont abandonné la tarification forfaitaire pour une facturation au temps passé ce qui incite les éleveurs à mieux s’organiser.

Mieux qu’un logiciel ?

Les logiciels de troupeau se sont développés ces dernières années. Ils permettent un suivi rigoureux de tout le cheptel en enregistrant et valorisant les données. Cependant, le contrôle de performances permet lui d’enregistrer les données, de les comparer aux autres (race, département…), de peser les agneaux, puis d’indexer les animaux, pour évaluer ses animaux au sein de son troupeau mais aussi au sein de la base de données nationale. Les index estiment les effets génétiques en excluant les autres effets liés à l’environnement dans lequel les animaux sont placés (effets liés à l’élevage ou au rang de mises bas par exemple). Les logiciels de gestion de troupeau tel que Ovitel, Ovimaxi ou Isaovin sont capables d’échanger des informations avec la base de données nationale Ovall et sont donc tout à fait compatibles avec la réalisation du contrôle de performances.

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