Aller au contenu principal

Les recherches de l’Anio pour améliorer la reproduction

L’Association nationale d’insémination ovine (Anio) réunit les neuf centres d’IA ovin français pour mutualiser les recherches sur la reproduction. État des programmes en cours.

C’est au sein de l’Anio(1) que l’ensemble des neuf centres français d’insémination ovine se retrouvent plusieurs fois par an avec les ingénieurs et chercheurs de l’Institut de l’Élevage, l’Inra et Allice pour définir et construire les programmes collectifs d’études en matière de reproduction ovine. Pour l’Anio, il s’agit de partager les problématiques en matière de reproduction ovine (IA mais aussi monte naturelle) et de mettre en commun et mutualiser les programmes de recherche et développement. Actuellement, le programme de travail s’articule autour de trois projets.

1 Des maxi-mâles pour booster la production de semence et les schémas de sélection

Le projet Maxi’male(2) vise à améliorer la fonction sexuelle du bélier et la production de la semence ovine. Ce projet, porté par l’Institut de l’Élevage et associant Allice, Inra, Anio/Ovitest, Capgenes et Laboratoire national du contrôle des reproducteurs, s’intéresse à l’utilisation des béliers dans les centres de production de semence. En effet, dans les schémas de sélection, de nombreux mâles sont éliminés avant qu’ils aient démarré leur carrière de reproducteur, ce qui engendre un coût et une perte d’efficacité. Maxi’mâle veut donc réduire ces réformes subies, améliorer la capacité de production des reproducteurs et donc d’optimiser la gestion des futurs mâles améliorateurs. Pour cela, les recherches portent sur l’élimination anticipée des mâles et les indicateurs de précocité sexuelle. Le projet cherche aussi à déterminer quelles sont les meilleures pratiques d’élevage et méthodes d’entraînement pour faciliter la collecte de semence. L’idée est aussi de prédire le potentiel génétique des futurs reproducteurs en se basant sur les caractères de production de semence.

2 Augmenter la durée de conservation de la semence et mieux comprendre le franchissement du col

Le projet Oueb, porté par Allice et associant l’Inra et l’Anio/Oson, s’inscrit dans la continuité des efforts faits par l’Inra depuis le début de l’IA ovine dans les années 1970 pour essayer d’augmenter la durée de conservation de la semence ovine. Si la congélation de la semence ovine ne pose pas de problème technique sa mise en place en utilisant des techniques d’IA cervicale (dépôt de la semence dans le col de l’utérus) conduit à des résultats de fertilité de l’ordre de 20 à 30 %. À l’inverse, la semence conservée en frais (avec un délai maximal de l’ordre de 10 à 12 heures) permet une fertilité moyenne de plus de 60 % en IA cervicale. Le projet Oueb vise optimiser la conservation de la semence à 15 °C afin d’augmenter le délai d’utilisation de la semence fraîche. Il cherche aussi à améliorer la qualité de la semence congelée afin qu’elle puisse passer le col de l’utérus de la même façon que les spermatozoïdes frais. Enfin, il étudie la modification des propriétés du mucus cervical, pour favoriser le passage des spermatozoïdes dans l’utérus.

3 Comprendre pour mieux conseiller sur les problèmes de fertilité femelle

L’Institut de l’Élevage en partenariat avec l’Inra, Allice et en relation étroite avec l’ensemble des membres de l’Anio a animé une réflexion sur la fertilité des femelles. Il en est ressorti une méthodologie et un outil d’audit sur la fertilité nommée Reprovine. Cette méthode commune d’analyse et de conseil s’appuie sur les résultats de fertilité issus des données individuelles d’inventaire et de reproduction et sur une analyse quantitative et qualitative des facteurs de risques actuellement connus. Ces données sont issues des systèmes d’information génétique Ovall et SIeol dans lesquels les données de base sont disponibles. Cette démarche sera testée en 2016 et 2017 dans une quarantaine d’élevages ovins laitiers et allaitants. Après cette phase de test, l’outil Reprovine a vocation à être diffusé le plus largement possible.

(1) L’Association nationale d’insémination ovine fédère Ovitest (12), Service élevage de la confédération générale de roquefort (12), Centre départemental de l’élevage ovin (64), Insem Ovin (87), GIE USROM (43), Terre ovine (31), Oson (02), Corsia (20) et Capel Ovilot (46).
(2) voir aussi page 30

L’Anio change de président

Après plus de six ans à la présidence de l’Anio, Philippe Boudou a passé la main à Jean-Pierre Josselin, par ailleurs président d’Oson. Éleveur-sélectionneur de brebis Ile-de-France dans l’Oise depuis 1995, Jean-Pierre Josselin est un fervent défenseur de la génétique. « L’insémination apporte du gain génétique mais c’est aussi une façon de s’organiser avec des dates d’agnelage programmées qui évitent que les mises bas ne se télescopent avec d’autres chantiers. Cette programmation des naissances est aussi une attente de l’aval. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Pâtre.

Les plus lus

L’Aïd-el-Kébir (ou Aïd al-Adha) se tiendra aux alentours du lundi 19 juillet en 2021. Le contexte sanitaire particulier de l’an dernier pourrait inspirer le déroulé de celui de cette année. © A. Villette
L’Aïd-el-Kébir se réinvente avec des drives ou des commandes groupées
L’Aïd-el-Kébir (ou Aïd-el-Adha) se tiendra aux alentours du lundi 19 juillet en 2021. Le contexte sanitaire particulier de l’an…
Une manipulation fluide des animaux permet de s’épargner physiquement.
[ Vidéo ] Comment manipuler les moutons
Comment attraper un mouton ? Le déplacer ? Ou l’asseoir ? Cette vidéo de la MSA répond à ces questions.
Grace à la convergence des aides, au paiement redistributif et au maintien de l’ICHN, les éleveurs de petits ruminants toucheraient en moyenne un peu plus d’aides de la PAC.
Les ovins/caprins plutôt gagnants dans la future PAC
Les derniers arbitrages du plan stratégique national semblent plutôt favorables aux ovins/caprins.
Le parc complet est vendu 6 900 euros auquel s’ajoutent mille euros de transport. © G. Josien
Un parc de tri complet à moins de 8 000 euros
Le parc de tri mobile Sheepeze est composé de 15 claies, d’un couloir de contention et d’une porte de tri. Les claies de 2,5 à 3…
L’hiver a été particulièrement meurtrier pour l’élevage de Christian et Guillaume Menut… © Menut
« Harcelé par la prédation du loup, notre élevage ovin aura une analyse de vulnérabilité »
↵ Christian Menut, 60 ans, éleveur ovin dans le Var « Harcelé par la prédation du loup, notre élevage ovin aura une…
Les surfaces ravagées par les incendies dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes Maritimes, des Bouches du Rhône, du Var et du Vaucluse ont diminué significativement ces dernières années.  © Saiho/Pixabay
Les troupeaux ovins, premiers pompiers de la forêt méditerranéenne
En pâturant les coupe-feu, les brebis facilitent le travail des pompiers. Mais les troupeaux doivent aussi avoir accès à l’eau, à…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre