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Les brebis rendent service dans la forêt

De seulement tolérée à rémunérée, la présence des ovins en forêt a évolué au fil de l’histoire.

L’homme a toujours prélevé dans la forêt ce qui était nécessaire à l’alimentation de ces animaux. Ces pratiques permettant le prélèvement de l’herbe et des fruits des arbres pouvaient être limitées dans le temps par des usages locaux ou des lois. Elles nécessitaient un gardiennage assez simple confié le plus souvent à un pâtre, désigné par l’administration paroissiale pour garder les troupeaux communaux, les emmener paître hors du village et les ramener le soir. Si la chèvre a souvent été bannie des forêts, les porcs et les moutons étaient tolérés, car sans eux, pas de graisse, pas de fibres… Mais un changement de la perception des animaux dans la forêt s’est produit dès les années 1960 avec le déclin de l’élevage extensif, le développement d’une forme de nostalgie rurale, puis la prise de conscience de l’intérêt que pouvaient présenter les animaux comme débroussailleuse.

Un accompagnement permanent du troupeau

La forêt de Fontainebleau se caractérise par une forte diversité et la présence de landes, emblématiques de la zone… L’Office national des forêts a choisi d’y maintenir un milieu ouvert pour conserver les cortèges végétaux historiquement observés. Mais le maintien de ce milieu artificiellement ouvert coûte assez cher et n’est pas économiquement durable. L’ONF a donc été décidé de remplacer les landes sèches par des landes humides, pâturées. Il fallait pour cela trouver un berger intéressé pour emmener ses bêtes ici. « C’est un projet qui nécessite un accompagnement permanent du troupeau, il fallait donc quelqu’un de particulièrement motivé » soulève Franck Jacobee de l’ONF. C’est ainsi qu’Alexandre Faucher est arrivé dans la zone avec une centaine de brebis après un passage par une couveuse d’activités agricoles. « Quand on se lance dans un projet agricole sans être issu du milieu agricole, on commence par ce qu’on peut trouver » explique-t-il. Le troupeau est mené dans la forêt en gardiennage avec un border collie la plupart du temps. « C’est la diversité de l’offre alimentaire qui permet aux brebis de manger à leur faim. Mais j’ai aussi quelques parcs, dans des zones de réserve, pour la nuit ou pour les agnelages ». L’objectif du jeune éleveur est d’avoir 300 brebis d’ici cinq ans. La surface forestière disponible (100 ha de concession) paraît suffisante pour cela. Mais l’éleveur est encore à la recherche d’un lieu d’hivernage pour quitter la forêt l’hiver pour laisser place à la chasse à cours et y installer son siège d’exploitation.

Une prestation de débroussaillage rémunérée

Le berger est rémunéré par l’ONF et les différents partenaires de la démarche pour sa prestation de débroussaillage avec une mise de départ de 100 000 euros puis une prestation de 10 000 euros par an. Le premier bilan est très positif. Après un an, les animaux sont bien adaptés et commencent à s’attaquer aux résineux. Il a de plus été assez facile de mobiliser la population pour des travaux bénévoles de foresterie. Parmi les difficultés, on peut noter le partage de l’espace avec les autres usagers : chiens, sportifs, enfants… Par ailleurs tous les déplacements du troupeau se font à pied. Cela permet de faire participer les clients de l’Amap mais il faut arriver à concilier cela avec le réseau routier donc s’organiser en avance pour obtenir des arrêtés préfectoraux. L’engraissement des agneaux est lent et l’éleveur abat aujourd’hui des agneaux de 20 kilos de poids vif seulement, mais qui ne lui coûtent rien à produire. Il travaille avec une base solognote croisée avec différents béliers bouchers pour rajouter de la conformation.

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