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Sanitaire
Le transport de la laine en suint réglementé

Un nouveau règlement européen est entré en vigueur pour réguler le transport, le stockage et la manipulation des sous-produits animaux, dont la laine en suint fait partie. Quelles conséquences pour les éleveurs et transformateurs ?

L’association Atelier- Laine d’Europe a organisé en avril dernier une rencontre européenne en Italie en collaboration avec le Consorzi-Biella the Wool Company. Le nouveau règlement européen entré en vigueur en mars pour réguler le transport, le stockage et la manipulation des sous-produits animaux, dont la laine en suint (non lavée), était le fil conducteur de ces journées qui ont accueilli 70 participants, venus de douze pays. Les éleveurs et transformateurs tentaient de comprendre quelles seraient les conséquences pratiques de l’application du nouveau règlement au niveau de leur travail quotidien.
La rencontre a débuté avec l’exposé de Matjaz Klemencic, représentant la direction générale santé et consommateurs de la Commission européenne. Il a expliqué les principes de base : traçabilité, enregistrement/agrément des opérateurs, autocontrôle tout au long de la chaîne qui va de la ferme où est produite la laine en suint au « point final » où la laine est lavée et considérée comme ne présentant plus aucun risque sanitaire majeur.
Trois représentants d’associations d’éleveurs (Appam en France,GEH en Allemagne et l’Associazione della Pecora Brianzola en Italie) ont ensuite présenté leurs actions pour mieux valoriser leurs laines : collecte de laine par l’association directement auprès des éleveurs ou après regroupement, transport avec des véhicules non spécialisés ou par transporteur, transformation de la laine en suint effectuée dans un pays différent de celui de l’origine des laines, commercialisation des produits finis par les éleveurs eux-mêmes. Une table-ronde a mis en évidence les incertitudes de l’application de ce règlement au niveau national dans chaque pays et les complications éventuelles lors de transport de laine entre pays de la Communauté européenne. Elle a également souligné la nécessité d’une meilleure connaissance de risques sanitaires éventuels dus au transport de la laine en suint.
Des systèmes de collecte organisés, comme la coopérative Ardelaine en France (tonte, collecte, lavage et transformation depuis 30 ans); le concept-de centres régionaux et de points locaux de collecte, basée sur l’expérience du centre de Miagliano, par le Consorzi-Biella the Wool Company ; le centre de collecte des Abbruzzes avec le Consorzio Ariane pour des laines mérinos et alpaga… ont été présentés.

UN OFFICE DE COORDINATION DES LAINES ?

Une quarantaine de participants ont ensuite proposé la création d’un office de coordination des laines européennes avec un calendrier d’actions : rédaction d’un guide des bonnes pratiques; collecte des documents des différents pays sur la mise en application du règlement, contacts avec les administrations responsables ; coordination avec les autres organisations concernées par la question (groupe de travail « ovins » du Copa-Cogeca, dont trois participants sont déjà membres, Iwto…) ; suivi et coordination, rencontres d’une petite délégation à Bruxelles pour faire le point sur l’évolution de la situation, prévues en octobre. La structure à adopter a fait l’objet de diverses propositions et pourrait être située à Biella, où se trouve encore une importante industrie lainière. De grandes différences de points de vue dans l’application du règlement et de son interprétation au niveau local, régional ou national ont été mises en évidence.
En Grande-Bretagne, une approche très logique a été mise en place sur la base d’une bonne évaluation d’un risque sanitaire faible et de l’existence d’un système national de collecte organisée qui fonctionne depuis plus de 60 ans. En revanche, dans certains pays où règne le marché libre et où des laines de trop faible valeur sont abandonnées dans les champs, une estimation imprécise du risque sanitaire par les autorités vétérinaires a conduit, dans certains cas, à une législation locale sanitaire disproportionnée. Plusieurs points de vue ont été exposés et, une fois la question des définitions réglées (la laine doit être conditionnée à l’état sec dans des emballages hermétiques), il est possible que l’application du règlement soit profitable à toutes les personnes concernées : meilleures conditions de travail, de collecte et de transport, traçabilité de la matière première, augmentation de la qualité et possibilité d’un paiement à la qualité, acteurs clairement identifiés avec la nécessité d’enregistrement des opérateurs, autocontrôle et bonnes pratiques facilitant une veille sanitaire adéquate.

UNE MATIÈRE PRÉCIEUSE

À la fin de la rencontre, les participants ont conclu sur la nécessité de préparer un guide simple des pratiques à adopter, une aide appréciable pour les petits éleveurs et particulièrement pour ceux qui se consacrent au maintien de races menacées et pour lesquels la valorisation de la laine est un atout important de relance.
La création de centres de collecte de laine à un niveau national, basé sur un modèle simplifié du British Wool Marketing Board en Grande-Bretagne ou d’autres systèmes de collecte organisée comme en Norvège, ou autrefois au Portugal ou en Suisse, pourrait permettre une traçabilité de toutes les laines. Au cours des discussions, les éleveurs et les producteurs ont souligné qu’il leur était difficile d’accepter que la laine soit considérée comme un sous-produit alors qu’elle est pour eux une matière précieuse.Cette revendication se trouve en plein accord avec l’industrie textile actuellement engagée dans une démarche pour promouvoir l’image écologique de la laine et revitaliser un secteur en difficulté.

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