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Dans les Deux-Sèvres
Le rôle crucial de l'équipement pour les grands troupeaux

Pour gagner en productivité, le couple Bouteiller s’est organisé. Un bâtiment spécifique à l’agnelage et l’utilisation d’un logiciel informatique ont amélioré les conditions de travail.

Pour Frédéric Bouteiller, le bâtiment spécifique à l'agnelage a facilité la surveillance et amélioré les conditions de travail.
Pour Frédéric Bouteiller, le bâtiment spécifique à l'agnelage a facilité la surveillance et amélioré les conditions de travail.
© VBargain
Frédéric et Nathalie Bouteiller, éleveurs ovins en Deux-Sèvres, ont de quoi s’occuper, avec mille brebis de race Mouton Vendéen croisées Rouge de l’Ouest, 130 hectares et un poulailler de 1 300 mètres carrés. Tant au niveau du travail que pour obtenir une productivité correcte, une bonne organisation et certains équipements sont nécessaires. Surtout en période d’agnelage. « Comme nous sommes engagés dans des démarches qualité, nous produisons des agneaux toute l’année, explique Frédéric Bouteiller. Il y a un lot de mélovine en juillet, cinq lots d’éponges de septembre à janvier et quatre lots de lutte naturelle de janvier à avril. » Jusqu’à il y a cinq ans, l’élevage ne disposait que de 1200 mètres carrés de bergerie en deux bâtiments, équipés chacun d’un couloir central surélevé permettant une distribution mécanisée de toute l’alimentation. « Mais en période de mises bas, c’était quand même assez tendu au niveau du travail, se souvient Frédéric. J’installais des cases d’agnelage mais il fallait toujours que je rentre dans les parcs, que j’y porte des seaux d’eau, d’aliment. C’était assez pénible et compliqué pour surveiller. Je ne voyais pas toujours quand il y avait un problème, des agneaux faibles. La mortalité alors atteignait 20 %. »

SURVEILLANCE FACILITÉE

Il y a cinq ans, le couple a donc décidé de construire un bâtiment de 500 mètres carrés spécifique à l’agnelage. Long de 30 mètres sur 17,5 mètres de large, il comprend une charpente en bois lamellé-collé, des bas de mur en bois et une surface importante de translucides sur les côtés. La ventilation est assurée par un lanterneau au sommet du bâtiment et par des trappes sur les côtés. « Ils peuvent s’ouvrir plus ou moins grâce à des treuils manuels, explique l’éleveur. Ainsi, grâce aussi au volume important du bâtiment, l’ambiance y est toujours très bonne. Le bâtiment est aussi très clair, ce qui facilite la surveillance et apporte un confort de travail. »
La bergerie comporte deux aires paillées, soit 310 mètres carrés au total, séparées par un couloir central surélevé large de 3,60 mètres. « Du couloir, je vois bien ce qui se passe dans les parcs », assure Frédéric. Le couloir permet aussi le passage de la désileusepailleuse et du tracteur pour la distribution du foin et de l’enrubannage. Sur les côtés, deux couloirs de 1,20 mètre de large permettent d’accéder aux côtés extérieurs des parcs. C’est là que l’éleveur installe vingtaine de chaque côté. Les brebis et leurs agneaux y restent en général un jour, avec éventuellement une lampe chauffante en hiver. Les deux côtés sont par ailleurs entièrement équipés de cornadis, soit 180 places au total.

MOINS DE MORTALITÉ

« Ainsi, je peux bien surveiller les agneaux et les brebis sans avoir à entrer dans les parcs, apprécie l’éleveur. Et s’il y a un problème, je peux mettre la brebis au cornadis pour faire boire le colostrum aux agneaux, faire un traitement à la brebis ou pour une adoption. » Si l’adoption ne se fait pas rapidement, Frédéric préfère toutefois élever les agneaux au biberon dans un coin du parc. Dans un des couloirs, l’éleveur a installé un évier et des armoires fermées dans lesquelles il stocke les produits dont il peut avoir besoin lors des agnelages.
Chaque côté est également équipé d’une auge dans laquelle l’éleveur apporte le foin et les aliments et d’un abreuvoir pour deux cases d’agnelage. « Je n’ai plus à apporter des seaux d’eau dans les parcs et les brebis ont toujours à boire » souligne Frédéric. Le bâtiment peut accueillir deux lots d’agnelage de 80 à 90 brebis. Elles y entrent environ un mois avant l’agnelage et y restent 8 à 10 jours. Pour les lots de lutte naturelle, les mises bas étant moins groupées, l’éleveur entre et sort les brebis selon les places disponibles. Construit il y a cinq ans, le bâtiment a coûté 74 360 euros, sur lesquels l’élevage a obtenu 10415 euros de subvention. « Depuis que nous avons ce bâtiment, nous avons beaucoup gagné en temps de travail et en pénibilité, assure Frédéric Bouteiller. Et nous avons aussi limité les pertes à l’agnelage. Depuis deux ans, la mortalité est passée en dessous de 15 %, soit 5 % de moins qu’auparavant. » Au final, la productivité numérique est ainsi d’environ 1,2 agneau vendu par brebis.

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