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Groupements pastoraux
L’avenir et les enjeux du pastoralisme collectif

Une rencontre sur les groupements pastoraux a eu lieu le 16 février dernier à Marseille. Cent cinquante personnes, dont une majorité d’éleveurs ovins, ont débattu de l’avenir du pastoralisme.

Plus de 300 000 ovins font partie d'un groupement pastoral dans le massif alpin
Plus de 300 000 ovins font partie d'un groupement pastoral dans le massif alpin
© lg

Symboles de la solidarité des pratiques entre éleveurs, les groupements pastoraux ont fait l’objet d’une journée de réflexion le 16 février dernier à Marseille. Cent cinquante personnes, dont deux tiers d’éleveurs, avaient fait le déplacement pour débattre de l’avenir du pastoralisme. « Au niveau régional, Paca a investi 700 000 euros dans le pastoralisme » a rappelé Jean- Louis Joseph, vice-président du Conseil régional, en charge de l’agriculture. Charles Pellissier, éleveur ovin à Ancelle (Alpes-du-Sud), a rappelé le poids du pastoralisme collectif dans le paysage alpin. « L’alpage idéal est géré en collectif par un groupement pastoral, avec une convention pluriannuelle de pâturage, des équipements pour un travail efficace de qualité, un accès carrossable pour atteindre les cabanes en juillet, un berger qualifié, compétent avec une bonne connaissance de l’alpage, des partenariats avec les autres gestionnaires de l’espace, une prime herbagère agro-environnementale (PHAE) collective et enfin, il est épargné par la prédation.Dans certains cas, c’est une réalité, dans d’autres cas, c’est un objectif. »

MODERNISATION EN MARCHE

Les professionnels ont rappelé qu’il y a eu une progression dans la modernisationdes équipements grâce aux aides, mais il y a encore des besoins, notamment pour l’aménagement de cabanes. L’héliportage a grandement amélioré les conditions de travail. Les diagnostics pastoraux permettent d’appuyer les éleveurs et les formations de bergers et aide-bergers voient leur nombre de stagiaires augmenter. En 2011, un prototype d’abri mobile va être testé par un berger du groupement pastoral du Petit Lubéron. Jean Debayle, éleveur au Chaffaut (Alpes-de-Haute-Provence) a souligné la place du pastoralisme dans le développement rural. « Les groupements pastoraux ne sont pas une simple prolongation des exploitations, ils ont leur identité propre avec la responsabilité du territoire qu’ils gèrent. » Les intervenants espèrent que le dispositif PHAE sera conservé dans le deuxième pilier de la PAC après 2013 et qu’il sera réalisé une harmonisation régionale par le haut dans l’application départementale. « L’amplification de la politique agro-environnementale doit reposer sur le partenariat et non sur l’écoconditionnalité, ainsi que sur la rémunération des services environnementaux » a rappelé Jean Debayle.

Les groupements pastoraux, initiés en 1972, grâce à la loi pastorale, occupent aujourd’hui un tiers du territoire pastoral régional (203000 hectares) et emploient 399 salariés saisonniers. Chaque département est venu présenter ses actions lors de cette journée-bilan. Simon Vieux, du Cerpam, a évoqué le programme «Alpages sentinelles » dans le Parc naturel des Écrins. Il a été mis en place un observatoire des aléas climatiques afin de déterminer son impact sur la ressource et sur la biodiversité. Les bergers de neuf alpages recueillent des données chaque année (pluviométrie, mesure des poussées d’herbe…).Dans les Alpes-Maritimes, la dynamique des groupements pastoraux est récente. Ce sont de petites structures de trois ou quatre éleveurs en moyenne, majoritairement ovins.Avec la prédation, les pratiques ont du être parfois modifiées avec par exemple la création d’une seconde cabane à l’Estrop à cause de la présence du loup en 2009 qui n’oblige plus le berger à ramener le troupeau tous les soirs. Les quartiers sont mieux exploités.Un bon berger doit faire pâturer son troupeau, pour que les animaux trouvent dans la ressource de quoi couvrir leurs besoins alimentaires, tout en veillant à ne pas épuiser la ressource pasto-rale, afin qu’elle se renouvelle pour les années suivantes.

75 ÉLEVEURS SUR 8 000 HECTARES

Le groupement pastoral du Bérard dans les Alpes-de-Haute-Provence organise des journées portes ouvertes, à destination des vacanciers pour faire connaître l’agneau de Sisteron, et aussi pour les éleveurs avec une orientation technique, comme des démonstrations de tri par exemple. Dans le Var, il existe une forte contribution des groupements pastoraux à la prévention des risques d’incendie. Huit associations de transhumance hivernale regroupent 75 éleveurs sur 8 000 hectares d’unités sylvopastorales à objectif DFCI. Ces quelques exemples non exhaustifs montrent la dynamique engendrée par les groupements pastoraux qui, en 2012, célébreront les 40 ans de la loi pastorale qui a permis leur création.





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