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DOSSIER
L'agneau des Pyrénées soigne son image

Situés dans des zones difficiles, les éleveurs ovins allaitants des Pyrénées ont développé marques et label rouge pour valoriser au mieux leurs agneaux et sécuriser leurs revenus.

© Fotolia

Le 3 octobre dernier, l’Union européenne a officialisé l’indication géographique protégée (IGP) « agneau de lait des Pyrénées », projet porté par l’Areovla en Aquitaine et les éleveurs de races laitières de cette partie des Pyrénées. Leurs brebis laitières de races Manech têtes noires et tête rousses ou Basco-béarnaises sont croisées avec des béliers viande de race locale ou extérieure à la zone, de type Berrichon du Cher, pour obtenir des agneaux jeunes de 4,5 à 11 kilos de carcasse, abattus entre le 15 octobre et le 15 juin. Pour obtenir cet IGP, un compromis a dû être trouvé avec l’Espagne qui s’était opposée à ce label. Les Français n'ont pas le droit de traduire "Pyrénées" en espagnol pour ne pas induire le consommateur en erreur par rapport à l'origine.

Cette décision va permettre aux éleveurs ovins allaitants des Pyrénées centrales de demander une modification du cahier des charges afin d’y intégrer leur agneau lourd, commercialisé sous la marque « agneau des Pyrénées » depuis 2007. Un cahier des charges commun est en cours de rédaction, avec deux déclinaisons : agneau de lait et agneau lourd, en respectant les spécificités de chaque zone de production.

En attendant cette reconnaissance, la marque « agneau des Pyrénées » portée par la commission ovine des Pyrénées centrales (Copyc) et soutenue principalement par les collectivités locales, s’ancre petit à petit sur le territoire. C’est un produit également saisonnier qui fait vivre 140 éleveurs, à majorité transhumants, qui utilisent les races rustiques locales. Valoriser ainsi 8 000 agneaux produits sur trois départements (Haute-Garonne, Ariège et Hautes-Pyrénées), dans des zones difficiles, permet aux éleveurs d’obtenir un prix du kilo d’agneau comparable au niveau de prix du label rouge Sélection des Bergers (15 000 agneaux).

La marque s’appuie sur l’organisation de producteurs Terre Ovine, l'Adelpy dans les Hautes-Pyrénées, le groupe Arcadie, les chevillards locaux et l’abattoir de Saint Gaudens qui traite 50 000 agneaux chaque année. Un centre d’allotement sera inauguré en janvier 2013 à côté de l’abattoir pour rationnaliser le transport des agneaux. C’était le principal handicap structurel qu’il convenait d'atténuer pour toutes ces filières, compte tenu de l'étendue géographique couverte par Terre ovine.

Chaque année, les points de vente en agneaux des Pyrénées augmentent. De dix en 2010, ils sont passés à 40 en 2012 dans les GMS, boucheries et quelques restaurants. Le travail continue pour développer les débouchés et la Copyc oeuvre pour implanter la marque en région parisienne pour 2013. En amont, l'organisation de producteurs Terre Ovine est le fruit d'une restructuration dans les Pyrénées et compte 397 adhérents pour 87 000 brebis sur cinq départements (Gers, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Aude, Ariège), où ils produisent de l'agneau des Pyrénées, de l'agneau du pays Cathare ou du label rouge. Le gros noyau est constitué des éleveurs transhumants de trasconnaises (56 %), puis de ceux qui élèvent des brebis prolifiques, en race Lacaune ou Romane (33 %). 65 000 agneaux sont commercialisés en privilégiant les signes officiels ou les marques commerciales.
Pour conforter la production de contre-saison, Terre ovine a mis en place une contractualisation, action incitative afin de développer ces marchés sous démarcation. Cela va permettre à tous les éleveurs engagés d'obtenir un prix de l'agneau à 7 euros le kilo pour une carcasse classée R3 et 6,70 euros pour du O3. Les éleveurs ovins, qu'ils produisent de l'agneau des Pyrénées ou du label rouge, ont compris qu’il fallait profiter de l’image positive que renvoient les Pyrénées dans l’esprit du consommateur.

La suite du dossier dans Pâtre 599, décembre 2012

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