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DOSSIER
La vaccination, un enjeu de santé publique

Outils indispensables, les vaccins rassurent l’éleveur mais vont désormais au-delà, en se positionnant comme une alternative à l’utilisation d’antibiotiques aujourd’hui décriée.

© fotolia
Grande découverte médicale du 19e siècle, basée sur la prévention, la vaccination revient sur le devant de la scène comme une alternative à l’utilisation des antibiotiques. Ces derniers sont montrés du doigt car leur surconsommation a conduit à l’apparition de résistances bactériennes, réduisant fortement leur efficacité. C’est un enjeu de santé publique pour le ministère de l’Agriculture et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui en ont fait une priorité. Ils ont lancé en novembre 2011 un plan « EcoAntibio 2017 ». L’un des objectifs est d’inciter éleveurs et vétérinaires à utiliser davantage la prévention contre les maladies, plutôt que la cure d’antibiotiques.

UNE PISTE ENVISAGÉE : RETOUR DES AUTO-VACCINS

La vaccination est l’un des moyens d’y arriver et la recherche va être encouragée afin que de nouveaux vaccins puissent être développés. Pour financer en partie « EcoAntibio 2017 » et les futurs programmes de recherche, l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux vont étudier la mise en place d’une taxe sur le médicament vétérinaire. Il sera aussi fait appel au réseau français de santé animale, qui regroupe les partenaires de la plateforme nationale de surveillance épidémiologique et les laboratoires pharmaceutiques. Ces experts évaluent les besoins en matière de recherche et de préparation de nouveaux médicaments. Une autre piste est envisagée par le ministère : le retour des auto-vaccins dans les exploitations (prélèvement fait sur un animal malade de la ferme, transformé en vaccin et administré au troupeau). Après la crise de l’ESB, leur utilisation a été interdite par crainte de contamination potentielle par des prions. Dans les mois à venir, les experts de l’Anses pourraient réexaminer la pertinence de cette interdiction.

APPARITION DE MALADIES ÉMERGENTES

Aujourd’hui, en ovin, les laboratoires pharmaceutiques portent leurs efforts principalement sur les vaccins antiparasitaires. Mais l’apparition de maladies émergentes change la donne. Dans le cas d’une épidémie comme celle de la fièvre catarrhale ovine (FCO), la vaccination ne se décide plus au niveau de l’exploitation, mais au niveau d’un territoire, par les pouvoirs publics. L’impact économique de ces maladies dépasse en effet le seul cadre de l’élevage, avec de possibles restrictions sur le commerce des animaux ou des produits d’origine animale. La santé publique est en jeu et les industriels sont mis à contribution. Dans ce cas, les éleveurs sont incités à vacciner, car plus la couverture vaccinale est importante, plus la pression de la maladie s’affaiblit. Le dernier virus « exotique » apparu en France est celui de Schmallenberg. Deux laboratoires ont travaillé sur la mise au point d’un vaccin. Mais avant de demander une autorisation de mise sur le marché (AMM), les industriels étudient la rentabilité. Car un dossier d’AMM contient en moyenne entre 5 000 et 10 000 pages avec un niveau d’exigence comparable aux médicaments humains. De nombreuses garanties sont demandées avant de pouvoir obtenir le sésame.

La suite du dossier dans Pâtre 601, février 2013

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