Aller au contenu principal

Isabelle Recart à Oregue dans les Pyrénées-Atlantiques
" Je me suis installé en AOP "

Éleveuse au Pays basque, Isabelle Recart bénéficie des opportunités de l’appellation d’origine protégée Ossau-Iraty.

Depuis toujours, je savais que je reprendrai la ferme familiale. Mon père élevait des Blondes d’Aquitaine. Mes parents m’ont incitée malgré mes projets d’installation à faire un BTS Acse, au cas où je ne prendrais pas leur suite. Mes sœurs n’étaient pas intéressées par l’exploitation, la voie semblait toute tracée. C’est lors d'un stage en vallée d’Ossau, que j’ai découvert l’élevage ovin et la transformation fromagère. Mon maître de stage était un passionné, qui m’a transmis son amour pour les brebis. Ça a été un coup de foudre ! J’ai quand même dû patienter jusqu’au départ à la retraite de mon père, en juin 2013, pour démarrer.

En attendant, j’élevais 20 têtes rousses pour le plaisir et je travaillais comme commerciale chez Ondoko, un revendeur de minéraux pour animaux. Un été en estive et deux remplacements sur des fermes m’ont permis de me former sur le tas à la fabrication fromagère. Mon père était prêt à liquider son troupeau bovin pour accueillir mon troupeau ovin, cependant, j’ai préféré garder des vaches pour m’assurer un revenu les premiers temps. Une vingtaine de vaches sont toujours présentes sur l’exploitation.

Mon troupeau de 96 brebis têtes rousses est arrivé en octobre 2014. Je l’avais acheté à un éleveur qui partait à la retraite et dont le fils voulait arrêter la production laitière pour faire des Tarasconnaises. Leur arrivée sur l’exploitation fut à la fois excitante et stressante. L’agnelage a débuté un mois après, nous avions eu le temps de faire connaissance. Les premiers mois, le lait était livré à Pyrénéfrom (laiterie de Lactalis), le temps que soit mise en place la fabrication fromagère. Aujourd’hui, le troupeau compte 110 brebis laitières.

En vente directe, l’appellation d’origine protégée (AOP) est un argument commercial incontournable pour se faire une place. Le magasin de producteurs où sont vendus mes fromages est situé dans une zone très fréquentée par les touristes l’été (Labastide-Clairence). Sans connaître le cahier des charges de l’AOP, les clients de passage se fient à ce signe de qualité, gage de savoir-faire et d’authenticité. Mes produits bénéficient de la communication de l’AOP Ossau-Iraty et des AOP en général, sans que j’aie moi-même besoin de faire de la publicité. À défaut, j’aurais dû me faire une réputation et un carnet de clientèle, ce qui aurait pris des années.

L’AOP apporte aussi un soutien technique. La transformation fromagère et l’affinage sont des étapes de production délicates, lourdes d’enjeux. Sur l’exploitation, je n’ai personne à qui me référer ; mes parents n’ont pas ce savoir-faire. Le technicien de l’AOP est un soutien précieux et disponible, sans lequel, je ne me serais pas lancée dans la transformation fermière."

« AOP, ça parle à tout le monde »

Accompagnement technique fromager

Le syndicat de défense de l’AOP Ossau-Iraty emploie trois agents de terrain : deux qui passent sur les élevages laitiers et un technicien spécialisé en fabrication fromagère. Ce dernier passe gratuitement, en moyenne, tous les deux ans sur les fermes, mais reste à disposition des jeunes installés qui le sollicitent au démarrage de leur activité (formation d’initiation à la transformation, formation GBPH…). De plus, le syndicat accompagne les nouveaux fromagers, dans l’élaboration du plan de leurs locaux de fromagerie.

Les plus lus

Trois loups
Déclassement du loup : « une douche froide » pour la FNO
Le statut du loup est passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée » au niveau européen. Afin de…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
<em class="placeholder">Gaec Bagaya</em>
« J’ai atteint mon objectif de 200 litres par brebis manech tête noire »
Grâce à une maîtrise de la fertilité de son troupeau de manech tête noire, le Gaec Bagaya s’approche des coûts de production de l…
Une éleveuse se tient devant le Mont-Saint-Michel
« Je vois chaque jour le Mont-Saint-Michel » : Claire est intermittente en élevage ovin
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agronomie et passionnée de laine, Claire Bourgart a fait un certificat de spécialisation (…
Des brebis sont nourries au cornadis.
Agnelage : des rations aux petits oignons en fin de gestation
L’alimentation des brebis en fin de gestation a des répercussions directes sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail…
<em class="placeholder">Brebis au pâturage avec des vaches allaitantes</em>
Pourquoi faire pâturer ses brebis sur des surfaces bovines l’hiver ?
D’après une étude conduite par l’Institut de l’élevage, le pâturage hivernal des ovins sur les parcelles bovines est un véritable…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre