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Rayon de Roquefort
Il va falloir relancer les ventes de fromages

Gestion de la collecte et des prix du lait, politique de la filière dans le Rayon, application des nouvelles règles de l´AOC Roquefort et devenir de la Feta sont les thèmes qui ont dominé l´assemblée générale des producteurs le 14 décembre dernier à Saint-Affrique.


Avec une collecte de 172 millions de litres de lait en 2005 contre 180 millions l´année précédente, la dernière campagne de production du rayon du Roquefort enregistre une baisse de 8,1 millions de litres (-4,5 %). Une bonne nouvelle dans la mesure où la menace de surproduction structurelle du Rayon avait été dénoncée en 2004 avec des mesures prises pour dissuader les éleveurs forts dépasseurs par rapport à leurs références de livraison.
L´objectif reste d´ajuster au mieux pour chaque campagne la collecte de lait aux besoins des industriels, encore faut-il que le collège des industriels de la Confédération de Roquefort annonce clairement quels sont précisément les besoins. Or, les besoins sont fluctuants : « le volume idéal de production est difficile à trouver, surtout avec un collège industriel qui ne sait pas ce qu´il veut : un coup il y a 20 millions de litres en trop et l´année suivante, avec seulement 8 millions de litres en moins, il en manque ! », s´est insurgé Robert Glandière, secrétaire général.

Afin d´avoir une vision à plus long terme, pour définir et mettre en oeuvre une politique répondant à des objectifs communs à l´ensemble des acteurs de la filière, la décision a été prise de constituer un groupe de réflexion dans le cadre de l´Interprofession. « Ce sera un travail de longue haleine, mais qui devrait nous aider dans les grandes décisions d´orientation à prendre » a souligné le président Jacques Bernat, tout en reconnaissant que la tâche serait parfois difficile car les producteurs et les industriels n´ont pas toujours la même vision des choses. Parmi les thèmes qui seront abordés par le groupe de réflexion figurent notamment : la production de lait (quantité et période), l´installation des jeunes et le renouvellement des exploitations, la stagnation des ventes de Roquefort et les autres diversifications possibles.
Dans le système interprofessionnel du Rayon de Roquefort, le prix du lait payé aux producteurs correspond à 3 classes en fonction des types de valorisation.

Avec des volumes relativement stables (90 millions de litres) destinés à la fabrication de Roquefort, le prix de la classe 1 s´est établi à 1057 euros pour 1000 l (matière sèche utile = 124,9 g/l) en légère augmentation par rapport à 2004. Pour les classes 2 (autres fromages) et 3 (lait de dégagement) les prix ont été fixés respectivement à 721,6 euros et 251,5 euros pour 1 000 litres.
Globalement, le prix moyen du lait de brebis en 2005 s´affiche donc à 838,08 euros pour 1000 l. A noter que le prix de la classe 3 a été maintenu au même niveau que celui des années précédentes afin de lui conserver son effet dissuasif. Cela d´autant plus qu´il s´agit de litrages produits principalement pendant le pic de production, alors que la politique conduite vise à mieux étaler les livraisons sur la campagne.
Le respect des nouvelles règles du décret et du règlement d´application de l´AOC Roquefort demeure une des priorités de l´Interprofession sachant que le non-respect du cahier des charges expose le producteur à des sanctions.

Contrôle plus strict de l´application des règles de l´AOC
C´est pourquoi chaque règle a été analysée avec l´Institut national des appellations d´origine, afin de définir précisément la façon de réaliser les contrôles et la période adéquate pour effectuer les constats.
Ainsi, il est proposé un calendrier, dont l´usage reste cependant facultatif, pour aider les producteurs à organiser leurs enregistrements, (livraisons de lait, jours de pâture, etc.).
« Le contrôle de l´application du cahier des charges de l´AOC est une question de crédibilité vis-à-vis de nos consommateurs et de loyauté envers nous-mêmes et par rapport aux autres », a rappelé Jacques Bernat.

« Le respect des conditions production de notre lait, destiné pour moitié à la fabrication du Roquefort AOC est un point sur lequel on ne peut pas transiger. Il nous faut donc une échelle de sanctions plus adéquate et plus équitable que la seule invalidation possible à ce jour. Ce travail sur le Roquefort s´inscrit dans une démarche plus globale sur les AOC au plan national sur le respect des conditions de production en général et sur le contrôle, les discussions nationales ont abouti à l´option d´un organisme agréé indépendant pour effectuer ces contrôles sous la responsabilité de l´Inao. A Roquefort, nous avons une personne à plein temps affectée aux constats du respect des conditions de production de l´AOC, il ne reste plus qu´à créer la structure en tant que telle. Le dernier élément sur lequel la commission travaillera en 2006 est l´établissement d´une échelle de sanctions selon la gravité du manquement et l´état éventuel de récidive ».
L´assemblée générale a été l´occasion de rappeler certaines règles de production, en particulier l´obligation de traire 2 fois par jour alors que des éleveurs seraient parfois tentés de ne traire qu´une fois/jour, surtout en fin de lactation.
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