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En Europe, un rude dialogue entre éleveurs et pro loup

En Suisse ou en Espagne, les éleveurs témoignent des difficultés qu’ils ont à faire partager la nécessité de protéger leur troupeau.

Juan Alibès Biosca explique la mise en place des instances de dialogue autour du loup. © B. Morel
Juan Alibès Biosca explique la mise en place des instances de dialogue autour du loup.
© B. Morel

Juan Alibès Biosca, élève des brebis en extensif en Galice. L’éleveur espagnol est fortement investi dans la lutte contre le loup dans sa région. « Il faut imaginer un territoire de la taille de la Bretagne, sur lequel vivent près de 90 meutes, soit entre 700 et 800 loups », annonce-t-il pour illustrer la situation. Le débat autour du loup oppose trois groupes de pression : d’une part les éleveurs, les syndicats et les coopératives qui sont pour la régulation de l’espèce et la protection des animaux domestiques, d’autre part les associations de défense du loup qui militent pour une protection complète et dont le combat a été récupéré par les extrémistes antispécistes. À cela se rajoutent les chasseurs de trophées qui ne se positionnent pas dans une optique de régulation mais principalement de loisir. Campo Grande est un groupe de dialogue au niveau national regroupant les antagonistes pour trouver des solutions. Au niveau régional, le groupe O-xan s’est créé en Galice en 2015 avec la volonté de désamorcer la situation en favorisation les échanges et les propositions. Des compromis ont été obtenus, comme la chasse au loup en cas de trop nombreuses attaques ou un soutien renforcé pour les éleveurs extensifs qui sont les plus impactés.

Le dilemme de l’adhésion à un projet de Parc

Cette possibilité de discussion et de concertation, Georges Stoffel, éleveur suisse, ne l’a pas trouvé chez lui. Bien que la population lupine actuelle en Suisse soit de l’ordre de 40 à 50 loups, la volonté du gouvernement est d’atteindre 300 individus adultes. La Suisse devrait augmenter sa surface de parcs nationaux pour répondre à la Convention des Alpes. Georges Stoffel s’est battu pour que son territoire ne devienne pas une zone protégée de parc national. En effet, malgré les aménités positives que cela pourrait avoir, comme une valorisation intéressante de ses produits auprès des consommateurs, la réglementation des parcs interdit les tirs de défense contre les loups. Il a fallu faire un choix et le loup mettant en danger la pérennité de l’élevage, Georges Stoffel et ses collègues ont décidé d’empêcher la mise en place du Parc.

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