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En Auvergne, un élevage ovin spécialisé et intensif à l’herbe

Les deux associés du Gaec de la Rode, dans le Puy-de-Dôme, gèrent un troupeau ovin allaitant en conduite intensive avec une réflexion précise sur le rationnement.

La pression foncière oblige à valoriser les parcelles au maximum. © Rom Sélection - CORAM
La pression foncière oblige à valoriser les parcelles au maximum.
© Rom Sélection - CORAM

Les frères Lassalas, Olivier et Benoît, ont repris l’exploitation familiale de leurs parents. Ils conduisent un troupeau de 1 300 brebis Rava, race originaire de la chaîne des Puys, dans un système tout herbe. L’exploitation dispose de 180 ha de prairies naturelles, dont 95 ha sont dévolues au pâturage six mois de l’année. 70 ha sont enrubannés dont plus de la moitié est fauchée deux fois et 15 ha sont fanés. Les animaux sont gardés pendant six mois de l’année en bergerie, répartis dans cinq bâtiments. « On fait un roulement, chaque bâtiment est spécialisé, ce sont les animaux qui bougent et, comme ça, par exemple, les agnelages ont toujours lieu au même endroit », explique Benoît Lassalas. Les deux éleveurs portent une attention particulière à la ration fourragère qui est extrêmement précise et adaptée pour chaque animal selon l’état corporel et le stade physiologique de celui-ci. Le troupeau est de ce fait fractionné en plusieurs lots : brebis à l’entretien, suitées, agneaux sevrés, agneaux en finition, agnelles de renouvellement, etc. Cela engendre du temps de travail supplémentaire, d’autant que tous les bâtiments ne sont pas équipés pour la distribution automatique que les éleveurs compensent par une organisation méthodique de leurs bottes de foin. L’utilisation très restreinte de concentrés, seulement pour les agneaux et pour les brebis lorsqu’elles sont en bâtiment, permet de dégager une marge brute de 180 € par brebis soit une marge brute globale de 235 000 € avec un EBE de 145 000 €.

On a tout intérêt à valoriser au mieux les parcelles

Les deux éleveurs ont choisi la race Rava pour sa rusticité et sa bonne productivité numérique régulièrement au-dessus de 1,50. C’est donc 2 000 agneaux qui sont vendus chaque année et 250 qui sont élevés pour le renouvellement. Naturellement désaisonnées, les Rava évitent ainsi aux éleveurs le recours aux traitements hormonaux et assurent ainsi une rentrée d’argent régulière, les mises bas s’étendant sur 11 mois de l’année. Les filets sont quotidiennement déplacés au pâturage pour garantir la meilleure utilisation de la parcelle broutée. Cette gestion minutieuse du pâturage a été héritée des parents. « Les parcelles ont toujours été gérées comme ça. On fait en sorte qu’il y est toujours de l’herbe verte. En plus, vu la pression sur le foncier, on a tout intérêt à valoriser au mieux nos parcelles », annonce Benoît Lassalas. Cette optimisation de la gestion de l’herbe n’est pas sans demander de gros efforts aux deux éleveurs. Olivier Lassalas reconnaît : « La seule période où il n’y a pas d’agnelage, il y a les foins. On s’en sort pas mal mais on travaille quand même plus que d’autres ». En moyenne, le temps de travail d’astreinte est évalué à 3,2 heures par brebis et 1,7 heure par agneau. Heureusement les parents apportent leur aide bénévolement, assurant ainsi 10 % du temps de surveillance du troupeau. Les deux éleveurs, passionnés par leur métier, se contentent par ailleurs de peu de congés par an.

D’après une fiche Inosys Réseau d’élevage éditée par l’Institut de l’Élevage

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