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De la viande et du lait de brebis pour valoriser le causse

La famille Raynal élève des ovins laitiers et allaitants sur le causse de Sauveterre, en Lozère. Une combinaison qui leur a permis de développer l’exploitation et de bien valoriser tous les parcours.

« S’il n’y avait pas eu la mise en place des références laitière à la fin des années 1980, nous n’aurions pas eu de troupeau viande, se souvient Marie-Rose Raynal. C’était aussi une façon de valoriser toutes les surfaces ». L’atelier viande, au départ un atelier complémentaire, s’est progressivement développé pour devenir aussi important que le cheptel laitier. L’exploitation d’Hervé, Marie-Rose et Gérard Raynal, se compose aujourd’hui de 330 brebis laitières et 260 brebis allaitantes sur 550 ha de SAU dont une trentaine d’hectares de céréales destinés à l’autoconsommation, 70 ha de prairies temporaires, le reste étant des parcours.

Situé à Ispagnac (Lozère) dans le rayon de Roquefort, le lait des 330 lacaune est collecté par la laiterie du Massegros du groupe Société (Lactalis) et sert à la fabrication de fromage pour salade (Salakis). Les brebis sont traites de février à août et produisent 84 330 litres en 202 jours, classés à 88 % en super A en 2014. Pour cela, les brebis sont mises en lutte début août et les agnelles début septembre. La période d’agnelage ainsi calée permet de ne plus avoir d’agneaux en mars quand les travaux des champs commencent et bénéficier de la prime pour lait tardif en juillet-aout. 180 brebis sont inséminées, pour produire les agnelles de renouvellement, selon un plan de monte établi avec la technicienne de la chambre d’agriculture de Lozère.

Du pâturage de nuit quand la chaleur empêche de sortir le jour

Les brebis commencent à sortir au 15 avril. Pendant un mois, elles ne restent dehors qu’une heure par jour et continuent à recevoir l’intégralité de la ration en bâtiment. « Il y a très peu de surfaces à faire consommer à la mise à l’herbe, explique Hervé Raynal. Toutes les prairies qui le permettent sont fauchées, seules demeurent les surfaces trop pentues ». Après 15 jours de transition sur des parcours fertilisés, les brebis sont lâchées sur les parcours et landes à partir de juin. En cas de sécheresse, elles sont légèrement complémentaires en foin, et elles reçoivent des céréales pendant toute la lactation. « L’objectif est de les forcer à consommer la ressource herbagère en priorité tout en veillant à ce qu’elles ne baissent pas trop en lait ». L’été, pendant les épisodes de forte chaleur, elles restent en bâtiment le jour et vont au pâturage la nuit. L’automne, elles pâturent les repousses de prairies artificielles. Les brebis sont rentrées vers la mi-novembre et reçoivent un régime à base de foin et céréales. À partir de trois semaines avant la mise bas, la ration se compose d’ensilage d’herbe à volonté, avec toujours du foin de luzerne, de l’orge, des drèches de maïs déshydraté et du tourteau.

Les agnelles sont élevées ensemble

Pendant ce temps, le troupeau viande de race Blanche du Massif central pâture landes et parcours de mai à novembre. En plein air intégral pendant un mois et demi, avec seulement un apport d’eau dans une tonne, des clôtures en ursus les contiennent et les protègent du loup. Au 10 juillet, elles sont ramenées à proximité du bâtiment pour la lutte, avant d’aller en octobre pâturer les parcs du cheptel laitier. Trois béliers BMC sont utilisés pour produire le renouvellement. Pour les agneaux de boucherie, l’utilisation d’un bélier berrichon permet d’améliorer la conformation des agneaux. Après les échographies, un lot de rattrapage est mis en lutte en février et agnelle en juillet pour produire des agneaux d’octobre-novembre, au moment où la prime de désaisonnement est incitative. Les agneaux sont vendus à Unicor pour le label Agneau fermier du Pays d’Oc autour d’une centaine de jours à un poids moyen de 20 kilos.

Les agnelles de renouvellement des deux troupeaux, viande et lait sont mélangées fin juin, et envoyées sur les parcours les plus éloignés, à 11 kilomètres de l’exploitation. La mise en lutte a lieu à leur retour en septembre. Les laitières sont épongées, ce qui, avec l’effet bélier aide à grouper également les chaleurs des viandes. Les agnelles rejoignent ensuite d’octobre à novembre les brebis adultes de leurs cheptels respectifs au pâturage.

avis d'expert

"Un système autonome mais tributaire du climat"

"Sur cet élevage, nous réalisons quatre contrôles laitiers par an avec deux prélèvements pour analyser la qualité et matière sèche utile. Au cours de chaque contrôle, la ration est réajustée en fonction de la production et de la période. Nous effectuons une visite plan d’alimentation, en général un mois avant la mise bas où nous regardons les stocks et affectons les fourrages aux lots et aux périodes. Cela nous permet d’équilibrer la ration et de prévoir les achats. Nous venons également pour l’analyse des résultats d’insémination et le choix des agnelles. La production laitière n’est pas poussée sur cet élevage ce qui correspond à un choix d’arrêter la campagne laitière tôt et de valoriser au maximum l’herbe et les parcours. De ce fait les résultats par brebis ne sont pas très élevés. Par contre, rapportés aux 1000 litres, ils sont plutôt satisfaisants. Des mesures agro-environnentales viennent compenser les efforts de sortie des brebis sur ces terrains difficiles. Les coûts de mécanisation sont un peu élevés car les sols sont très caillouteux. Les frais de bâtiment aussi du fait des investissements réalisés pour le confort de travail : tapis d’alimentation, salle de traite récente… Les frais d’alimentation sont bien maîtrisés, avec seulement 142 euros par 1000 litres d’aliments achetés. Le système est autonome mais reste très tributaire du climat. Il faut stocker du foin les bonnes années pour pallier à des épisodes plus secs. La rémunération permise par l’atelier lait est d’un Smic par UMO."

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