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Copagno aide au développement des troupes ovines

La coopérative Copagno met en place des aides pour encourager la création ou l’agrandissement des ateliers ovins chez ses adhérents en Auvergne, Loire et Creuse.

« Je n’ai bénéficié d’aucune aide à mon installation, commence Patricia Sevestre. Sauf celles de Copagno. » En effet, à 44 ans, l’éleveuse installée depuis juillet à Loupiac, dans le Cantal, ne pouvait plus bénéficier des aides à l’installation. De plus, la construction de la bergerie neuve est intervenue trop tard pour bénéficier des aides de l’ancien plan bâtiment mais trop tôt pour bénéficier du nouveau plan de compétitivité. Mais avec quatre enfants dont deux en bas âge et un mari éleveur de vaches laitières et producteur de fromage salers, elle sait qu’elle n’aura pas de temps à consacrer à la livraison des agneaux. De plus, après avoir exercé divers métiers, de chauffeur de taxi à ambulancière, Patricia débute dans la production ovine. « Je souhaitais aussi un accompagnement, un soutien technique… » L’adhésion à une coopérative lui semble donc la bonne solution.

Densifier la zone de collecte

Cela tombe bien, car Copagno mise justement sur la création et le développement de troupes ovines. Pour cela, la coopérative a recruté une jeune ingénieure, Laure Oger, dédiée à la concrétisation des projets ovins. « Nous sommes dans une région où la production ovine est peu représentée dans les structures agricoles, regrette Paul Bony, éleveur sur le Puy-de-Dôme et président de Copagno. Nous avons donc décidé d’investir sur ce travail de développement. Il s’agit d’être présent sur le terrain et dans les organismes agricoles pour rappeler que le mouton existe et peut donner de bons résultats et de faire de la prospection auprès des porteurs de projets. » Les objectifs sont aussi pour la coopérative de massifier l’offre et densifier sa zone de collecte. « C’est important sur notre territoire auvergnat où la collecte représente 45 % de nos coûts » commente Henri Tamain, directeur de Copagno. La coopérative souhaite aussi professionnaliser et améliorer la technicité de ses éleveurs. « Nous avons travaillé à la définition de systèmes porteurs d’avenir, explique Laure Oger. Quand je monte un projet avec un éleveur, nous analysons son temps disponible, ses ressources, ses objectifs de revenus pour définir le système le plus adapté ». Ces cas types servent de base de discussion avec l’éleveur et permettent de balayer tous les aspects techniques et économiques de la production pour ne rien oublier dans la construction du projet. « Nous avions été démarchés par plusieurs structures pour la commercialisation de nos agneaux se souvient Patrick Sevestre. C’est après la visite de Laure que nous avons finalement pris notre décision. Elle nous a présenté les services de la coopérative et nous avons réfléchi ensemble au système qui correspondait à notre situation, aux aménagements à prévoir dans la bergerie… »

5 100 euros pour 340 brebis

Installée en juillet, l’éleveuse a fait ses premiers agnelages à l’automne. Elle s’est orientée vers un élevage 100 % en bergerie, avec trois agnelages en deux ans pour la production d’agneaux labels du Pays d’Oc. Une conduite intensive qui nécessite un suivi technique et sanitaire rigoureux. L’adhésion à la coopérative leur a aussi permis de bénéficier d’une aide de 5 100 euros pour la création de la troupe de 340 brebis.

Copagno a en effet décidé en 2012 de la mise en place d’un plan de développement, en partenariat avec ses partenaires d’amont et d’aval. « Nous voulions encourager le développement des cheptels, mais seuls, c’était difficile, reconnaît Paul Bony. Nous sommes donc allés voir les abatteurs Bigard et Arcadie/Destrel et ils ont répondu présents. C’est un enjeu pour eux aussi d’accompagner les jeunes pour garantir des volumes dans leurs filières qualité ». La coopérative a aussi contacté ses fournisseurs d’aliment Proxiel (issu du rapprochement de Limagrain et Sanders), Tellus (groupe Axereal) et Atrial (groupe Eurea) qui ont accepté de jouer le jeu. De ce partenariat est née une aide à la brebis en tiroir pour les éleveurs créant une troupe ovine ou agrandissant leurs troupes de plus de 100 brebis en un an. Chaque partenaire finance 7,5 euros par brebis.

L’éleveur intéressé doit contractualiser avec les partenaires, auprès desquels il s’engage pour une durée de cinq ans. Il s’engage à fournir 100 % de ses agneaux et animaux de réforme à la coopérative, à respecter un minimum de productivité d’un agneau commercialisé par brebis aidée et à produire pour une filière qualité définie avec l’abatteur (Agneau fermier du pays d’Oc, Tendre agneau, Filière Qualité Carrefour) en respectant son cahier des charges. Il bénéficie ainsi, à minima, de 15 euros par brebis. S’il veut bénéficier des 7,50 euros supplémentaires proposés par les fabricants d’aliment, il doit s’engager à commander 100 kilos d’aliment minimum pour le couple mère – agneau sur l’année. « C’est un contrat entre partenaires qui recherchent les mêmes objectifs, donc nous pouvons être relativement flexibles, précise Henri Tamain. Mais en cas de rupture du contrat de la part de l’éleveur, il devra s’engager à rembourser les aides. »

Des services à la carte

La cotisation d’adhésion à Copagno est dégressive, afin d’encourager la productivité commerciale. La cotisation de base annuelle est fixée à 1,8 euro par brebis mais plus l’adhérent travaille avec la coopérative, plus cette cotisation diminue, pour récompenser sa fidélité. Ainsi un adhérent qui vend 1,8 agneau par brebis ne paiera qu’un euro par brebis. Cette cotisation inclut un accès aux services de base, sur sollicitation des éleveurs. En complément, un contrat d’appui technique thématique payant est proposé aux éleveurs pour un forfait de 250 euros et avec possibilité de souscrire des options supplémentaires. Parmi ses services, la coopérative propose aussi des prêts cheptels et matériels. Elle peut ainsi prêter jusqu’à 100 euros par animal avec un plafond de 15 000 euros pour le cheptel et jusqu’à 10 000 € pour le matériel et l’aménagement bâtiment, à taux zéro pour les jeunes installés et à 2,5 % pour les autres. Copagno fait partie depuis 2012 de Feder, union de cinq coopératives animales (ovines et bovines). Cela lui permet de bénéficier de compétences mutualisées, notamment pour la communication, le conseil en bâtiment, la logistique, et aussi l’assise financière du groupe.

Chiffres clés

318 adhérents à Copagno
103 000 animaux commercialisés par an
50 % abattus par Bigard et 30 % par Arcadie
18 équivalents temps pleins
2 sites d’allotement, à Saint-Beauzire (43) et Villefranche-d’Allier (03)
65 371 € versés depuis 2012 dans le cadre du plan de développement
15 éleveurs accompagnés pour 3 378 animaux
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