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Charte ovine dans l´Aube
Convaincre que l´élevage de moutons apporte des satisfactions et encourager l´installation

Moutonnier, à temps plein ou pour un atelier, est un métier valorisant. C´est le message de la filière ovine. Après la Lorraine, c´est dans l´Aube que les journalistes ont été invités à découvrir l´élevage ovin. Dans ce département, la Charte ovine permet d´encourager l´installation.

© Pâtre


L´agneau dans le département de l´Aube, c´est une diversification rentable. Voilà, en quelques mots l´axe de travail de Jean-Claude Leclerc, l´animateur du groupement d´étude et de développement agricole ovin de l´Aube. Il connaît sur le bout du doigt les exploitations céréalières de la région et leurs potentialités : « les ovins permettent de conserver un emploi sur les exploitations. Ce mouton valorise les fanes de pois, les déshydratés de luzerne ou de pulpe, la paille, les céréales. Bien sûr, le souci est d´éviter un surcroît de travail, souligne Jean-Claude Leclerc, mais les élevages s´organisent avec méthode : un vaste hangar permet de tracer de larges allées, le tracteur y circule pour apporter paille et aliments ».

 

©J. Diependaele


Une mutation vers l´élevage ovin
Présenté à la presse agricole nationale et à la presse régionale, l´élevage du Gaec des Perrières à Bagneux la Fosse dans le sud de l´Aube est en pleine croissance. Emmanuel Aubry s´installe avec l´aide de Jacques, son père et de Serge, son oncle voici sept ans.
« La troupe Ile de France comptait 380 brebis en 1996, 660 en l´an 2000, 720 en 2003 et l´objectif est de parvenir à 1000 brebis. » L´exploitation compte 22 ha de prairies et 11,7 ha de luzerne destinés aux ovins, ainsi que 41 ha de céréales auto-consommées.
Le mouton a facilité l´installation d´Emmanuel en 1997. L´achat de terres étant trop onéreux puisque les terres sont fréquemment réservées à l´appellation Champagne sur la commune, la construction d´une nouvelle bergerie a permis d´accroître l´effectif du troupeau !
Lors de cette journée, M. Eric Hamot, président du CRJA souligne que « 30 % des exploitations ont disparu ces dix dernières années et ce sera la même chose pour la décade à venir. C´est pourquoi le plan de relance ovine nous motive tous : les ovins peuvent relancer l´installation. »

Cette orientation ovine est accentuée sur le Gaec des Perrières puisque la troupe est inscrite à l´Upra Ile de France : 70 agnelles sont commercialisées chaque année pour la reproduction. Les agneaux partent au groupement Cobevim (Haute-Marne) dont Emmanuel Aubry est le président. Ils sont abattus sous signe officiel de qualité CCP Terre d´Agneau (abattoir de Grillon). Le poids moyen des agneaux est de 19,60 kg et ils reçoivent une plus-value de 0,15 euro au kilo en moyenne par leur classement. Pour une vente entre le 15 octobre et le 15 février, s´ajoute une autre plus-value pour désaisonnement qui atteint 0,30 euro au kilo de carcasse.
A cette journée, cinq jeunes futurs éleveurs aubois étudient leur projet d´installation et témoignent de leur souci de simplifier le travail. « Nous avons la fibre de l´élevage et dans le Barrois, le mouton, on y croit » affirment-ils. La relance ovine s´effectue par les coopératives, les groupements de producteurs, les techniciens de terrain.

 

 

©J. Diependaele

 

 

 


D´abord, simplifier le travail
La simplification du travail, c´est en priorité une alimentation plus rapide et plus facile. Le démontre la mécanisation adoptée ici. Equipé d´un godet à distribution latérale Cobevim pour l´alimentation avec un emplissage rapide par chargeur Manitou, Emmanuel Aubry effectue la démonstration. Le débit est réglable de 200 g à 6 kg par mètre linéaire d´auge. La distribution s´effectue en un clin d´oeil par passage rapide devant les auges disposées au long du couloir central.
Le paillage s´effectue par une pailleuse portée arrière et est tout aussi rapide ; d´ailleurs au Gaec des Perrières, la distribution de l´alimentation et le paillage s´effectuent en 1 h 30 chaque jour par un seul des associés contre 2 heures à deux auparavant.
Ces équipements reviennent environ à 7000 euros et sont maintenant considérés indispensables pour limiter la main-d´oeuvre notamment pour les travaux au quotidien.

Les ovins sont dans la région présents 10 mois sur 12 en bergerie. D´où l´importance de cette mécanisation qui rend plus facile l´élevage ovin par des céréaliers.
Présidente de l´EDE des Ardennes, Brigitte Neveu dirige une ferme d´élevage et partage parfaitement le point de vue des céréaliers sur la mécanisation. Elle aide sa fille à s´installer sur un élevage de vaches laitières qui comporte en sus 400 brebis. « Les ovins s´accroissent dans les Ardennes, note-t-elle, et l´un des avantages de la production ovine pour une femme est la possibilité de s´équiper aisément pour la contention ».

 

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