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CHIENS
Comment gérer plus de deux patous sur sa ferme

La présence des prédateurs oblige les éleveurs à gérer un plus grand nombre de chiens de protection. Alors que beaucoup possèdent un ou deux chiens sans grand problème, des questions nouvelles se posent au-delà de trois patous.

Gérer six à huit chiens de protection s’avère plus compliqué qu’en gérer deux dans un troupeau.
Gérer six à huit chiens de protection s’avère plus compliqué qu’en gérer deux dans un troupeau.
© L.GEFFROY
Quand une ferme possède deux chiens de protection, il n’y a jamais plus d’un chien en apprentissage sur l’exploitation à la fois. Le plus jeune chien est en pleine maturité lorsque le nouveau chien est ajouté. Mais les éleveurs ovins américains, par exemple, davantage confrontés aux prédateurs, ont souvent recours à quatre et parfois même jusqu’à huit patous par troupeau, ce qui demande une gestion plus rigoureuse qu’avec un ou deux chiens.

Nouveaux problèmes

Si avoir tous ces chiens apporte une meilleure protection, moins de morsures, moins de combats et plus d’intimidation face au loup, de nouveaux problèmes apparaissent. Il vaut mieux être expérimenté et passer du temps avec les chiens pour gérer une telle meute.
En effet, quand un troupeau nécessite jusqu’à huit patous, cela signifie qu’un nouveau chiot est ajouté à la meute chaque année, en supposant que le chien a une durée de vie de travail de huit ans. L’éleveur a alors souvent trois chiens de moins de trois ans dans son troupeau. Or les jeunes chiens amplifient la plupart des problèmes comportementaux (jeux, fugue…).
La puberté d’un chien de protection commence de six à huit mois d’âge et se poursuit jusqu’à 18 à 24 mois. On dit qu’ils sont adultes et mâtures à deux ans.

Séparer les jeunes chiens

Une des règles d’or est de ne jamais avoir plus de chiens de moins de trois ans que de pâtures séparées solidement clôturées, car il faut pouvoir séparer si besoin les jeunes chiens les uns des autres pendant au moins un an.
Autre règle : retirer du troupeau tous les jeunes chiens pendant l’agnelage quand ils n’en n’ont jamais vu. L’idéal est de les mettre avec des brebis qui n’agnèlent pas et les laisser regarder l’agnelage de loin pour les familiariser avec cet épisode. Ensuite, l’éleveur peut les introduire pour les mettre en contact avec les jeunes agneaux, mais en les surveillant. Si un chiot montre trop d’intérêt envers un agneau nouveau-né, le maître doit le réprimander et lui montrer qu’il doit lui laisser de l’espace.

Les patous au chenil

Autre période délicate : l’hiver et la rentrée des animaux en bergerie. Une étude menée à la station expérimentale américaine Dubois(1) a révélé qu’une partie des chiens de protection peuvent être placés en chenil l’hiver, car ils se souviennent de leur travail au printemps, quand il est temps de retourner au pâturage. Dix ans d’expériences menées par la station ont prouvé que, pour la plupart des chiens, le lien aux moutons demeure et peut même être intensifié avec ces périodes de séparation. La période d’isolement dans le chenil semble augmenter le désir et l’enthousiasme du chien de retrouver les moutons.
Presque sans exception, lorsqu’un patou retourne auprès des brebis après une période en chenil, il cherche rapidement l’odeur des animaux. Le lien entre le chien et le troupeau est établi et ne se rompt pas, même après six mois de séparation.

(1) La station Dubois dans l’Idaho mène des expérimentations avec les chiens de protection depuis 1986.

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