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Alimentation ovins/caprins
Autonomie facile avec le foin ventilé

Pour son troupeau, Raymond Guibert ventile le foin qu´il récolte : il diminue ainsi de 30 à 35 % le coût alimentaire de ses brebis. Et mieux encore, le système utilisé pour ventiler se révèle très pratique à utiliser.


Au pied du superbe fort cistercien de Saint Jean d´Alcas, à quelques kilomètres de Roquefort, Raymond Guibert trait un troupeau de 524 brebis Lacaune. La production laitière est de 217 l par brebis présente. "Je ne recherche pas les performances, vous dira cet éleveur, mais j´ai surtout voulu diminuer le coût alimentaire".
Une technique simple et sûre
Raymond Guibert a construit la fosse permettant le séchage des balles en 1995. Long de 23 m, large de 5 m, ce tunnel de ventilation comporte sur son plafond 51 trous d´un diamètre de 70 cm pour permettre le passage de l´air : 51 balles rondes sont placées sur ces orifices.
Le ventilateur AEBI est équipé de pales mues par un moteur électrique de 17,8 kw. Un brûleur permet d´activer le séchage : sa consommation est de 150 l de fuel jour soit environ 2000 l par saison de séchage.
"En 1ère coupe, je fauche 16 ha pour obtenir 51 balles rondes indique R.Guibert. Je fauche aux mêmes dates que les éleveurs qui ensilent soit vers les 15-20 mai en moyenne. Ici, à 650 m d´altitude, nous observons un décalage de 15 jours avec Sainte Affrique pour la fauche. Je ventile surtout en début de saison ou lorsque le foin est humide. Mon chantier est organisé de la façon suivante :
- fauche par tranches de 3 ha avec une faucheuse équipée d´un conditionneur à hérisson ;
- ramassage du foin dans les 48 h en 1ère coupe ou 24 h de ressuyage en 2ème coupe. Fin juin les plantes sèchent plus rapidement au soleil ;
- pressage en balles rondes par une Claas Arobale à chambre fixe de 120 x 120 soit 200 à 230 kilos / balle ;
- placement des balles sur le séchoir ;
- deux jours de ventilation en continu. Si le temps est chaud et ensoleillé, le réchauffeur n´est pas mis en route : en 48 h, on obtient 85-86 % de matière sèche. Ce foin séché est impeccable et je le destine en priorité aux brebis laitières".
Des prairies mieux valorisées
En général, Raymond Guibert récolte en priorité le ray-grass d´Italie par un pâturage de printemps ou en affourragement en vert le matin : "J´évite ainsi le gaspillage" souligne-t-il. Les repousses de ray-grass sont pâturées puis une fauche de nettoyage leur est appliquée. Les luzerne-dactyle bénéficient de la récolte en foin séché surtout en première coupe. Les prairies naturelles sont fauchées, puis pâturées en été et en automne.
"Avec ce système, les volumes de foin sont suffisants et je n´ai pas besoin de réaliser une fauche supplémentaire en automne. La fauche précoce des premières coupes procure d´excellentes repousses fin juin-début juillet : elles sont abondantes. La qualité est bien meilleure. D´ailleurs, si je distribue un foin normal aux brebis, çà clame ! De plus la luzerne est de qualité supérieure en nombre de feuilles, en finesse" indique Raymond Guibert.
Au total, sont rentrées cinq vagues de séchage en première coupe soit 255 balles rondes de luzerne-dactyle et en seconde coupe 100 à 150 balles. Cela représente 100 à 120 t de foin de luzerne et 55-60 tonnes de foin de prairies naturelles souvent séché au sol.
Une économie de concentré
La manutention des balles est réalisée par un chargeur Agram à l´aide d´une pince à enrubannage. "Pour moi, c´est préférable aux griffes qui laissent un passage préférentiel pour l´air" souligne Raymond Guibert.
Le résultat sur le plan économique apparaît fort appréciable comme le souligne Bruno Liquière, technicien de la Confédération Générale des éleveurs de Roquefort : "Le coût alimentaire est descendu à 73 cts par litre de lait : pour les exploitation de la même classe typologique suivis dans le réseau d´élevage, ce coût alimentaire est de 1,19 F : la différence est de 46 centimes par litre de lait."
La quantité moyenne de concentré consommée est de 146 kilos par brebis (soit 123 F) et de 134 kilos par agnelle (145 F).
La production autonome par brebis présente est de 194 l soit 1811 l par ha de SFP ; le chargement réel est de 10 brebis à l´hectare.
Ces données montrent qu´il est possible de produire de façon autonome, avec un résultat intéressant. En effet, 280 kilos de matière sèche sont ainsi récoltés par brebis. Les prélèvements en céréales sont de 60,64 t et les achats de 1 t de CMV, 5 t de céréales, 10 t de tourteaux tannés pour les brebis.
La marge sur coût alimentaire est de 1091 F par ha de SFP soit 10,78 F par brebis présente. Ces chiffres sont éloquents(*). A noter qu´une évaluation sur la qualité du lait livré est en cours notamment sur les protéines et leur composition.
* Une comparaison avec le groupe d´exploitations du référentiel montre que les exploitations en moyenne achètent 49 kilos de fourrage par EMP, que leur marge sur coût alimentaire est de 865 F soit 571 F par ha de SFPO. Le chargement réel en moyenne est de 7,9 brebis à l´ha et la production par brebis est de 197 litres.
Les brebis ©DR

Les brebis
Elles semblent satisfaites de la solution retenue pour leur alimentation.
La grille ©DR

La grille de sortie de l´air pulsé
Réalisée par l´éleveur à de nombreux exemplaires.
Le ventilateur et le réchauffeur d´air ©DR

Le ventilateur et le réchauffeur d´air
Ce matériel, placé à l´extrémité du quai, constitue le cour du système de ventilation. De l´efficacité de la soufflerie dépend le résultat obtenu. A gauche, la sortie d´air latérale vers le tunnel.
La faneuse ©DR

La faneuse
Utile pour accélérer le séchage de l´herbe au sol avant la ventilation en grange.
Le quai de ventilation ©DR

Le quai de ventilation
A chaque sortie, est posé le foin qui sera ventilé. Pour l´heure, le matériel de l´exploitation est mis en dépôt sur ce quai.
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