Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Préparation à la lutte
Améliorer ses pratiques pour réussir la reproduction

Obtenir un nombre important d´agneaux réclame un suivi des agnelles, des brebis et des béliers. Faute de ne pas se positionner dans l´optimum, le revenu peut s´en trouver diminué.


En Provence, terre de vacances par excellence, le mot d´ordre, ce 16 mars lors de la réunion de Carmejane était : « Faites la chasse aux vacancières ». C´est ainsi qu´on peut nommer les brebis vides. La région avait réuni ses meilleurs spécialistes ainsi que Laurence Sagot, de l´Institut de l´élevage, pour cette chasse aux brebis ou agnelles vides sous le thème : « Reproduction : des pratiques pour réussir ».
Apprécier le bon état et le poids des testicules permet d´estimer la faculté de reproduction des béliers. ©J. Diependaele

Des béliers bien préparés et ardents à la lutte
Premier concerné dans ce débat sur les ébats du troupeau : le bélier. Par le menu, Laurence Sagot vous conte que c´est lui qui assure la fabrication et le dépôt des spermatozoïdes. Pour la réussite, « on ne pense pas assez souvent à bien le préparer. Chaque bélier fait au moins ses 50 à 100 agneaux l´an. Pour cela, il fabrique chaque jour 5 milliards de spermatozoïdes s´il est en bonne santé et bien nourri. »
Mesurer la bonne forme du bélier, c´est simple : il suffit de soupeser le poids de ses testicules. A la main. Des essais ont montré qu´en jours longs, un testicule pèse 182 g et le même, en jours courts, s´épanouit jusque 282 g. Si le dit organe est rabougri, il y a problème : le stock de spermatozoïdes sera trop faible. « Le palper des testicules (à la queue de l´épidydime) permet une bonne appréciation de l´activité future du bélier. La zone est-elle bien gonflée et souple ? Les réserves en spermatozoïdes sont élevées. Vous la sentez flasque : les réserves sont faibles. La présence d´une boule signale une inflammation et donc une stérilité. »

L´éleveur dispose de deux mois pour que cette fabrication de spermatozoïdes vigoureux soit assurée : la préparation du bélier se fera sur cette période : « Au top : ni trop gros, ni trop maigre » insiste Laurence Sagot. Sinon, il se fatigue vite ou peine à suivre et à monter des brebis plus véloces. Chaque bélier saillit de préférence ses brebis adorées la nuit et choisit les plus grandes et les plus belles en priorité. Cela varie de 7 à 30 brebis par jour soit 10 à 15 en moyenne. Bref, pour préparer le régime de vos béliers, « il faut fabriquer des athlètes, pas des petits cochons et écarter les fiévreux : leurs spermatozoïdes sont mort » insiste Laurence. Le mâle boîteux sera également écarté de la monte. Normal : la brebis court plus vite que lui. Dernière règle, bien composer le harem (le lot) de ces mâles : avec en saison, 40 à 50 brebis par bélier en race rustique ou à viande. Hors saison sexuelle, soyons raisonnables : 20 à 25 brebis en race à viande et 25 à 30 pour les béliers plus rustiques. Erreur à éviter : mélanger les brebis et les agnelles en un lot, mêler les petites rabougries et les chiasseuses aux autres.
« Parfois, pour obtenir de bons résultats, il ne faut pas leur laisser le choix » estime Laurence Sagot. Et l´on prendra soin de placer un jeune bélier près d´un ancien pour réaliser une véritable éducation à la monte. La preuve : une brebis fertile apporte des agneaux à vendre. « Infertile, elle coûte 90 ? par an en manque à gagner et même 120 à 130 ? si l´on ajoute des dépenses en échographie ou en traitements hormonaux ». D´où le conseil de Laurence Sagot : « Mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir une très bonne fertilité. Après le bélier, le taux de réussite dépend aussi de la brebis et un bon flushing de six semaines l´aidera à produire deux à trois ovules par chaleur. Ce flushing doit être réalisé avec des céréales pour apporter de l´énergie et de la reprise d´état. »
Mais pas trop, toutes les études montrent qu´une brebis trop grasse « est belle mais ne fait pas d´agneau. Les chaleurs sont parfois silencieuses et le bélier le plus expérimenté ne peut les détecter. Certaines de ces brebis ont des flux incertains en progestérone et les foetus ne tiennent pas ».
Un bon « harem » se compose au plus de 40-50 brebis par bélier adulte en saison sexuelle. ©J. Diependaele

Éviter agnelles et brebis dans le même lot
Lorsque les brebis ne sont pas encore parvenues à la saison sexuelle de leur race, il est possible d´avancer ces chaleurs de 30 à 45 jours en supplémentant les brebis en mélatonine. A savoir aussi, la saison sexuelle des agnelles sera toujours deux à trois fois plus courte que celle des brebis puisque les chaleurs débutent plus tard ; cela induit une fertilité plus faible au printemps en lutte naturelle (Ex : 44 %). Mais on peut améliorer très nettement la fertilité si l´on procède à une pose d´éponges au printemps ou sur race plus saisonnée l´été.
Autre cause d´infertilité : le mélange agnelles et brebis dans un même lot. Les béliers préfèrent les brebis plus accessibles, moins farouches que leurs consoeurs.
Les bousculades et stress divers dus à la tonte, au parage, à un changement alimentaire. favorisent les avortements : « les brebis qui coulent. ». Et votre revenu avec !
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

À défaut de tonte, éliminer la laine souillée autour de la queue et de la vulve facilite la monte par les béliers.  © Ciirpo/Idele
Pas de tonte pendant la lutte
Avec le confinement lié au Covid-19, la tonte assurée par des tondeurs professionnels risque fort d’être reportée. Tondre plus…
Le site boutique.agneaudelaitdespyrenees.com propose des agneaux à commander jusqu'au 8 avril.
Un drive d’agneau de lait des Pyrénées en Béarn et Pays Basque
Dans les Pyrénées-Atlantiques, les coopératives Caoso, Axuria et AOBB se sont unies pour organiser une vente directe et proposer…
Bruno Damiens, éleveur de brebis allaitantes en Ardèche.
[Les éleveurs ovins face au coronavirus – 1] Des annulations et des incertitudes
Face aux mesures de confinement pour tenter d'endiguer l'épidémie de covid-19, les filières agricoles tentent de s'organiser. La…
Les professionnels ovins cherchent des chambres froides pour stocker provisoirement les agneaux abattus.  © D. Hardy
Les conséquences de l’engorgement du marché
Face à une offre excédentaire et une consommation morose, le principal risque est un engorgement du marché de la viande ovine,…
La prédation par le loup impacte fortement les résultats économiques de l'exploitation.
Le loup entraîne un surcoût de 4 600 à 12 100 euros par exploitation
La prédation par les loups entraîne des pertes de production et des frais de protection qui ne sont pas assez compensés par les…
Les dégâts de l'ours sont passés de 516 animaux domestiques tués ou blessés en 2018 à 1 173 en 2019. © M. Paunovic
Toujours plus d’ours, plus d’attaques, plus de victimes
52 ours ont tué au moins 1 173 animaux l’an dernier dans les Pyrénées.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,00€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre