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MHE, FCO : du bon usage des insecticides

Pour réduire la pression des culicoïdes, les moucherons piqueurs vecteurs de la fièvre catarrhale ovine (FCO) et de la maladie hémorragique épizootique (MHE), les insecticides sont une des solutions, à utiliser avec mesure.

Bovin lait / désinsectisation de bovins en prévention de la fièvre catarrhale / éleveur en train d'épandre sur le dos des animaux, le produit désinsectisant ...
Les pour-on de deltaméthrine ne protègent pas complètement les parties basses des animaux.
© S.Leitenberger - Archives

Alors que la fièvre catarrhale ovine (FCO) et la maladie hémorragique épizootique (MHE) sévissent en 2023, GDS France (groupement de défense sanitaire), le Cirad et les SNGTV ont rappelé les recommandations pour gérer les vecteurs des virus responsables de ces maladies, que sont les culicoïdes, ces moucherons piqueurs.

Plus particulièrement, les trois organismes rappellent que la désinsectisation a une utilité ponctuelle lors de transports d’animaux ou de protection juste avant un prélèvement pour réaliser une analyse de laboratoire. Par contre, « la désinsectisation n’est pas efficace comme moyen de lutte collectif contre les culicoïdes car les insecticides ne peuvent pas être utilisés de façon continue et régulière ». « Les pulvérisations dans l’environnement ou à proximité des élevages ne réduisent pas les abondances d’adultes. Il n’est pas démontré que le traitement insecticide général des bâtiments soit efficace », ajoutent-ils.

Deux désinsectisations en cas de sortie de ZR

Si un animal doit circuler d’une zone réglementée (ZR) vers un élevage d’une zone indemne, GDS France rappelle que réglementairement, il doit être désinsectisé depuis au moins 14 jours, puis le vétérinaire effectue une prise de sang pour PCR. Si le résultat est négatif, l’animal peut sortir de l’exploitation dans les quatorze jours qui suivent la date de la prise de sang. Or, l’efficacité des insecticides dure de 7 à 10 jours.

« D’un point de vue sanitaire, nous recommandons deux désinsectisations car le délai d’efficacité ne couvre malheureusement pas toute la période imposée par la réglementation, expose Emmanuel Garin, de GDS France. Comme il n’est pas possible de désinsectiser trop fréquemment les animaux pour des raisons de santé animale, d’environnement, de risque d’apparition de résistance et de coût, l’idéal serait de refaire une désinsectisation au bout de 7 à 10 jours et de faire partir l’animal dès que possible, dès la réception des résultats d’analyses. »

Gérer fumier et litière, confiner les malades et suspects

Pour tenter de réduire les populations adultes et le risque de transmission du virus, d’autres mesures peuvent être prises, comme la gestion des effluents, des litières et des zones de stockage de matière organique. « Concrètement, l’idéal est de remuer les zones de stockage pour limiter l’attractivité pour les moucherons et pour détruire mécaniquement les oeufs ou les immatures, ou de couvrir ces zones, détaille Claire Garros, chercheuse au Cirad. Cependant, une étude en Angleterre, en élevage bovin, montre que les zones de stockage des fumiers et les litières ne sont pas les seuls sites favorables aux culicoïdes. Par conséquent, cette gestion ne permet pas seule de réduire significativement l’abondance des populations adultes. »

Il est conseillé de rentrer le troupeau en bâtiment. Le confinement est préconisé pour les animaux malades ou virémiques, toute la journée ou a minima durant la période d’activité des culicoïdes, de la fin de journée avant le coucher du soleil, jusqu’au matin après le lever du soleil.

Les moustiquaires seraient efficaces. « Un culicoïde fait entre 1-3 mm, donc une maille très fine stoppe le moucheron, reconnaît Claire Garros. Par contre, la moustiquaire ultra fine limite la circulation de l’air et donc interroge sur le bien-être animal. On peut parfois envisager ce type de moustiquaire pour des ouvertures de bâtiments type fenêtres ou pour protéger des animaux malades, virémiques ou en suspicion sous une tente moustiquaire, sur un temps court. »

Claire Garros conseille « d’envisager la lutte en intégrant les différents moyens disponibles, qui restent parfois très imparfaits ou non évalués ».

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