Marché des oléagineux et coproduits du 8 au 15 juillet 2026 - Les prix du colza français grimpent dans le sillage du pétrole et du conflit Etats-Unis Iran
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 8 et le 15 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 8 et le 15 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont bien progressé, entre le 8 et le 15 juillet 2026, gagnant 18 €/t à 541 €/t sur l’échéance août 2026 et frôlant désormais les 550 €/t sur les deux échéances suivantes et bien actives de novembre 2026 et de février 2027. Le marché a été assez désordonné cette semaine, alternant les hausses et les baisses. Les cotations européennes ont progressé dans le sillage du pétrole, à nouveau à la hausse en raison de la reprise des frappes militaires des Etats-Unis sur l’Iran. Dans son rapport hebdomadaire de positions des traders, Euronext constate, au vendredi 10 juillet 2026, que les opérateurs financiers ont augmenté leur position nette longue sur le colza (d'environ 7 200 lots) pour atteindre environ 59 400 lots. A noter que le canola canadien et l’huile de palme malaisienne ont également gagné du terrain. La parité euro/dollar n’a pas aidé non plus les affaires pour l’ensemble des graines cotées en Europe.
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Sur le marché physique français, les cotations de la graine de colza ont également progressé, gagnant 12,50 €/t, à 541 €/t, sur l’ensemble de la semaine pour sa cotation de référence, le Fob Moselle. A noter qu’Agreste a maintenu le volume de la production française de colza pour 2026 dans sa révision des surfaces de mercredi, en très légère baisse cependant par rapport à 2025 (4,63 Mt en 2026 contre 4,63 Mt en 2025). Certains observateurs du marché observent quelques signes de stress hydrique en raison des fortes chaleurs récentes en Europe. Le bulletin du 15 juillet de Terres Inovia pour les régions Centre et Ouest Île-de-France signale une moisson satisfaisante mais contrastée : « En Normandie et Ouest Ile-de-France, après les excellents rendements de 2025, la récolte 2026, exceptionnellement précoce, revient à des niveaux plus proches des références pluriannuelles. Les estimations provisoires situent les rendements départementaux entre 33 et 38 q/ha, soit généralement 3 à 7 q/ha de moins qu'en 2025, mais globalement dans la moyenne des cinq dernières campagnes ».
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Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont de nouveau gagné un peu de terrain entre le 8 et le 15 juillet 2026, de 5 €/t, à 565 €/t en oléique sur sa place de référence à Saint Nazaire. Au vu de la hausse des prix, les acheteurs ne sont guère nombreux. Les vendeurs sont attentistes. Ils sont vigilants quant à l’impact de l’actuelle période de canicule, ce qui reste difficile à mesurer. Les premières remontées de terrain ont tendance à indiquer des énormes problèmes de stress hydrique.
La graine de soja sur le marché physique français, en cette semaine du 8 au 15 juillet 2026, est non cotée en départ Sud-Ouest, en ancienne récolte comme en nouvelle récolte, faute de visibilité sur la prochaine récolte. Il en est de même en départ Rhône-Alpes. Le marché est attentiste. Les cultures grillent sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l'Hexagone souffrent énormément de la canicule.
Les prix de la graine de lin sur le marché physique français n’ont pas évolué entre le 8 et le 15 juillet 2026 en lin brun à destination de l’alimentation animale. Les cotations de la graine de lin jaune à destination de l'alimentation humaine n'ont également pas bougé d'une semaine sur l'autre.
Thierry Michel
Protéagineux
Sans évolution notable
Sur le marché physique français, les cours du pois et de la féverole fourragers cotés en rendu Pontivy-Guingamp se sont affichés dans une fourchette allant de 265 à 270 €/t pour la semaine du 8 au 15juillet 2026. Les autres cotations régionales n’ont pas évolué ou étaient incotées cette semaine. Il y a très peu d’affaires réalisées en protéagineux.
Tourteaux
Reprise des cotations dans le sillage des graines oléagineuses
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont progressé sur l’ensemble des places commerciales sur la semaine du 8 au 15 juillet 2026, évoluant entre + 8 €/t et + 13 €/t selon les périodes et les places de départ. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a gagné environ 4 $/t à 318,90 $/t sur l’échéance la plus rapprochée.
Les cours du tourteau de soja non OGM ont également augmenté entre le 8 et le 15 juillet 2026, dans les mêmes proportions que ceux des tourteaux classiques.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont gagné du terrain sur la semaine du 8 au 15 juillet 2026, de façon plus conséquente que leurs homologues en soja, entre + 16 €/t et + 22 €/t selon les périodes, dans le sillage de la graine de colza hexagonale. Celles du tourteau de tournesol ont suivi une évolution moins linéaire, entre des prix à l’identique de la semaine précédente et faibles progressions selon les périodes et places départs.
Après une période d'activité significative au mois de juin, le marché des tourteaux s’est apaisé depuis le début du mois, en toutes graines oléagineuses. La baisse de la consommation d'aliments composés par les animaux, consécutive à la canicule qui a par ailleurs fait bondir le taux de mortalité dans les élevages, a conduit mécaniquement à une baisse de la demande en matières premières agricoles de la part des fabricants, dont les silos sont de fait encore pleins. De plus, en cette période de récolte, les industriels ont tendance à incorporer davantage de céréales dans leurs formulations.
Huiles
Revirement à la hausse dans le sillage du pétrole
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont progressé entre 9 €/t et 11 €/t selon les périodes, entre le 8 et le 15 juillet 2026. Les prix de l’huile de tournesol en départ Dunkerque se sont affichées à 1 411 €/t pour la période octobre décembre. Les cotations de l’huile de coprah raffinée en franco Bretagne ont également grimpé, gagnant 50 €/t, tandis que celles de l’huile de palme raffinée ont évolué à la baisse, de 5 €/t sur la période juillet septembre. L’huile de colza en départ Rouen a retrouvé des cotations cette semaine (1 375 €/t sur septembre octobre et 1 315 €/t pour novembre janvier) alors que celle cotée à Brest n'est toujours pas cotée. Le marché physique français est très calme. Les clients, qui sont bien couverts sur le court terme, se sont retirés du marché, les tarifs proposés ne coïncidant pas avec leurs objectifs en termes de prix d’achats.
Sur les ports nord-européens, les cours des huiles de colza et de de soja ont plutôt gagné du terrain sur l’ensemble de la semaine tout comme ceux des huiles de tournesol.
Aux Etats-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a progressé de 1,53 cts$/livre sur l’échéance juillet, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a gagné du terrain cette semaine, à 4 537 ringgits la tonne sur l’échéance d’août et au-dessus des 4 600 ringgits la tonne sur l’échéance d’octobre, la plus traitée.
Issues de meunerie
Une semaine perturbée par le 14 juillet
Les prix des coproduits minotiers sur le marché francilien ont subi la désorganisation logistique des quatre jours autour du 14 juillet, qui a provoqué une petite baisse des prix globalement. Mais le marché reste acheteur, après neuf semaines de marché vendeur. La tendance acheteur devrait être de retour la semaine prochaine. Les prix n’ont pas évolué pour les issues de meunerie en régions.
Coproduits de l’amidonnerie
Tendance à la hausse
Quelques hausses des prix sur l'ensemble des drêches pour la période du 8 au 15 juillet 2026. Le marché a été perturbé par le jour férié. Le corn gluten feed a progressé, passant de 204 à 218 €/t.
Le marché est plutôt calme.
Coproduits laitiers
Marché inerte
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale sur le disponible en vrac n'ont pas évolué entre le 9 et le 15 juillet 2026, en l'absence de nouvelles affaires traitées.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 8 et le 15 juillet 2026. Les fortes chaleurs de juin ont impacté négativement la deuxième coupe en cours. Et la troisième vague de canicule en cours ne va faire qu'aggraver la situation. La région "Champagne-Ardennes est toujours en sécheresse sévère"
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français n'est de nouveau pas cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est inquiet quant à l'impact des températures caniculaires sur le développement des cultures de betterave.
Farine de poisson
Reprise des cotations dans un contexte de perspectives réduites
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont progressé pour la semaine allant du 8 au 15 juillet 2026. Les perspectives se réduisent avec toujours aussi peu de disponibilité. Le marché des farines de poisson n'a jamais été aussi tendu et les prix flambent.
Pailles et fourrages
Cotation de la nouvelle récolte en paille
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est est cotée, entre 70 €/t et 90 €/t, contre une fourchette de 90 à 120 €/t en ancienne récolte. Les disponibilités en récolte 2025 sont quasi nulles. On enregistre une petite demande à l'export sur la nouvelle campagne.
En foin de Crau, le prix sur le marché physique français a été relevé de 15 €/t, suivant la progression des cotations de référence du Comité de foin de Crau. Ces dernières ont gagné 10 €/t (en première coupe, grosses balles) à 15 €/t (en deuxième coupe), entre les mois de juin et de juillet. Selon le Comité du foin de Crau, les rendements qui ont été assez bons en première coupe, sont très mauvais en deuxième coupe. Malgré l’irrigation, les prairies ont du mal à pousser avec ces grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité. Dans les Bouches-du-Rhône, la récolte n’est pas encore terminée mais on estime que le rendement de la deuxième coupe est inférieur de 30 % à la première. Très calme pendant plusieurs mois, le marché a enregistré avant l'été un déstockage de foin de Crau à des prix en dessous de 150 €/t. Aujourd'hui, avec la faible récolte en deuxième coupe qui s'annonce, le marché est en train de bouger.
Thierry Michel
A SURVEILLER
Soja
Conditions de culture aux États-Unis et en Europe.
Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
Colza
Effets de la canicule sur le rendement et la teneur en huile de la récolte française et européenne.
Rythme de la trituration en Europe.
Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
Effets du dôme de chaleur sur le développement des cultures sur le continent européen.
Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Thierry Michel