Marché des oléagineux et coproduits du 3 au 10 juin 2026 - Le prix du colza, physique comme à terme, est repassé sous les 530 €/t
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 3 et le 10 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours du colza sur le marché à terme Euronext ont régressé, entre le 3 et le 10 juin 2026, de 5,75 €/t à 528 €/t sur l’échéance août 2026 et de 5,75 €/t à 533,25 €/t sur celle de novembre 2026. Les cotations européennes ont suivi la hausse tarifaire du pétrole (-4,71 $/baril à 93,1 $/baril sur l'échéance juillet 2026 pour le Brent ; -5,99 $/t à 90,03 $/t sur l'échéance juillet 2026 pour le WTI), entraînant dans son sillage les prix du soja états-unien (-31 ct$/boisseau à 1 123 ct$/boisseau sur l'échéance juillet 2026 ; -30,50 ct$/boisseau à 1 127,75 ct$/boisseau sur l'échéance août 2026), du canola canadien (-31,60 CAN/t à 766,40 CAN/t sur l'échéance juillet 2026), du tourteau de soja états-unien (-18,90 $/t à 301,90 $/livre sur l'échéance juillet 2026), de l’huile de soja états-unienne (-3,38 $/livre à 78,71 $/livre sur l'échéance juillet 2026) et l’huile de palme malaisienne (-155 RM/t à 4 450 RM/t sur l'échéance juillet 2026).
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont de fait perdu du terrain sur la semaine, cédant entre -5 €/t et -8 €/t selon les places et les périodes. Le FOB Moselle, sa place de référence, a reculé de 7 €/t à 528 €/t sur la période juillet-septembre 2026 et 5,75 €/t à 533,25 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Acheteurs et vendeurs sont toujours aussi peu nombreux sur un marché inerte. Les vendeurs sont dans l’attente des résultats de la récolte, qui a débuté dans les départements de la Drôme et du Vaucluse entre autres. Les acheteurs ont du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la crise pétrolière au Moyen-Orient et à la demande en biodiesel qui en découle. L’Union européenne a annoncé des importations en baisse d'une campagne sur l'autre sur la période juillet 2025-juin 2026, à 4,89 Mt (contre 6,91 Mt sur la même période en 2024-2025).
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont évolué de façon erratique sur la semaine, entre -5 €/t et +2,50 €/t selon les places et les périodes. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a perdu 5 €/t, à 540 €/t sur la période octobre-décembre. Le marché est à l’arrêt. La commercialisation de la nouvelle récolte est déjà bien avancée par rapport à d’autres années. Les acheteurs et les vendeurs sont dans l’expectative au vu des évènements au Moyen-Orient. Les températures caniculaires n’ont a priori pas endommagé les cultures dans le Grand Ouest, des pluies ayant suivi la période de fortes chaleurs.
La graine de soja en départ Sud-Ouest est de nouveau cotée sur le marché physique français, à respectivement 450 €/t en ancienne récolte et 425 €/t en nouvelle récolte. En départ Rhône-Alpes, les cours sont nominalement reconduits, à 430 €/t sur les deux campagnes, sur un marché extêmement calme.
La graine de lin sur le marché physique français ont suivi une tendance baissière en région Centre, se stabilisant à destination de l'alimentation humaine (à 710 €/t) mais perdant 5 €/t à destination de l'alimentation animale (à 675 €/t).
Protéagineux
Cotation dela nouvelle récolte en Bretagne
Le pois et la féverole fourragers sur le marché français ne sont cotés qu'en rendu Pontivy-Guingamp, à respectivement 240 €/t (+2 €/t) et 235 €/t (stable) sur l'ancienne récolte. Sur la prochaine campagne, les prix s'élèvent à 250 €/t pour les deux produits.
Il y a très peu d’affaires réalisées en protéagineux. Les graines ont du mal à trouver leur place dans les formulations des fabricants d’aliments pour animaux, faute de volumes significatifs.
Tourteaux
Poursuite de la baisse des prix
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont régressé sur l'ensemble des places entre le 3 et le 10 juin 2026, perdant de 9 €/t à 21 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le marché à terme du CBOT s’est également replié, perdant 18,90 $/t à 301,90 $/t sur l’échéance juillet 2026, d’une semaine sur l’autre. La prime du tourteau de soja non OGM a augmenté entre le 3 et le 10 juin 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à +161 €/t sur la période juin 2026 ( + 4 €/t), + 163 €/t sur la période juillet 2026 (+ 3 €/t), + 174 €/t sur la période 3 d’août 2026 (+ 1 €/t) et + 176 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (+ 3 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée (de +3 €/t à +4 €/t).
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont reculé, cédant de 9 €/t à 17 €/t selon les places et les périodes. Celles du tourteau de tournesol ont suivi une tendance baissière, perdant entre 0 €/t et 10 €/t. La baissetarifaire est particulièrement marquée en départ Lezoux et Saint-Nazaire.
Le marché des tourteaux est relativement calme. On n'enregistre que quelques affaires de compléments sur le rapproché en tourteau de soja, en lien avec la baisse des prix de la fève sur le CBOT dans le sillage du pétrole. En tourteaux de colza et tournesol, les niveaux de prix demeurent trop élevés pour susciter un intérêt acheteur.
Huiles
Forte hausse en colza sur les ports européens
Les prix de l'huile de colza en départ Rouen ont progressé de 12 €/t à 15 €/t entre le 3 et le 10 juin 2026. Les cours de l'huile de tournesol en départ Dunkerque gagnent entre 6 €/t et 15 €/t sur la semaine, alors que ceux de l'huile de soja en départ Brest perdent entre 33 €/t et 36 €/t. Les cotations de l'huile de palme et de l'huile de coprah raffinées en franco Bretagne ont également reculé, cédant respectivement entre10 €/t et 30 €/t et entre 30 €/t et de 60 €/t. Sur le marché physique français, le marché demeure calme en cette semaine du 3 au 10 juin 2026. Les clients, qui sont bien couverts sur le court terme, attendent une baisse des cours à moyen terme (à partir d'août), afin qu'ils coïncident avec leurs objectifs de prix d'achats.
Sur les ports nord-européens, les cours des huiles de soja, de colza et de tournesol ont régressé sur la semaine, perdant respectivement entre 15 €/t et 25 €/t, entre 5 €/t et 15 €/t et entre 0 €/t et 10 €/t.
Le contrat en huile de soja sur le CBOT s'est replié de 3,38 cts$/livre sur l'échéance juillet, d’une semaine sur l’autre.
Issues de meunerie
Baisse généralisée des cours
Les prix des coproduits minotiers sur le marché francilien ont reculé en cette semaine du 2 au 9 juin 2026. Les cours du son fin farine, du son fin pellet et du remoulage demi-blanc ont perdu 5 €/t, alors que ceux de la farine basse et du gruau ont cédé 10 €/t d'une semaine sur l'autre. La désertion des fabricants d'aliments pour animaux espagnols et nord-communautaires ne permet plus de soutenir les cours des issues de meunerie dans l'Hexagone. D'un marché acheteur, depuis quelques semaines, on est passé à un marché vendeur.
En Bretagne, les prix du son fin farine ont continué de reculer entre le 3 et le 10 juin 2026, perdant 3 €/t. L'offre de la meunerie est supérieure à la demande des fabricants d'aliments pour animaux, qui s'est encore amoindrie d'une semaine sur l'autre. En Isère, les cotations du son fin farine sont nominalement reconduites sur la semaine, en l'absence de nouvelle affaire traitée. La rareté de la marchandise soutient les prix. En région marseillaise, les cotations ont perdu 3 €/t. En région toulousaine, le son fin n'est pas coté.
Coproduits de l’amidonnerie
Tendance contrastée en drêche de maïs
Les prix de la drêche de maïs sur le marché physique français ont reculé (de -2 €/t à -14 €/t) entre le 3 et le 10 juin 2026, de façon plus marquée en départ Gand que sur les autres places de marché.
La drêche de blé et le corn gluten feed demeurent non cotés.
Le marché des drêches est morose.
Coproduits laitiers
Aucune affaire sur le rapproché
Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale sur le disponible en vrac sont nominalement reconduites entre le 4 et le 11 juin 2026, aucun nouveau contrat sur le rapproché n'ayant été traité.
Cependant, la tendance à terme est légèrement baissière en poudre de lait, tandis que le marché de la poudre de lactosérum demeure ferme.
Produits déshydratés
Prix reconduits
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 3 et le 10 juin 2026, à 210 €/t sur la nouvelle récolte. La première coupe est bien avancée mais pas encore terminée. La deuxième coupe est de fait décalée, le temps de rotation entre deux coupes étant d'une quarantaine de jour en théorie.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français est cotée en ancienne récolte à 305 €/t cette semaine mais pas en nouvelle récolte.
Farine de poisson
Nouvelle hausse des cours
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français ont nettement progressé entre le 3 et le 10 juin 2026. Ils gagnent 40 €/t en origine Amérique du Sud et 10 €/t en origine Scandinavie, en raison de faibles disponibilités.
Pailles et fourrages
Statu quo
En paille de blé et d’orge, la fourchette de prix en départ Nord-Est est toujours la même en cette semaine du 3 au 10 juin 2026 : entre 90 et 120 €/t, en fonction des départements. On note toujours un faible courant d’activité à l’export mais constant. Les coûts de transport plus élevés depuis quelques mois compliquent la donne.
En foin de Crau, il n’y a pas de changement concernant les cotations commerciales, d’une semaine sur l’autre. L’activité est calme. La première coupe relative à la récolte 2026 est en cours sous de bonnes conditions climatiques dans le Sud-Est. Il y a du stock de report d'une campagne sur l'autre.
Le Comité de foin de Crau n’a pas modifié ses cotations de référence, entre les mois de mai et de juin. La première coupe s’est achevée mais il reste encore beaucoup marchandise de la récolte 2025 sous les hangars. Les cotations sur la nouvelle campagne n'ont pas encore été définies. Les producteurs sont actuellement obligés de brader les stocks de la récolte 2025 pour pouvoir engranger la récolte 2026. Le déstockage a entraîné une importante baisse des prix. Dans ce contexte, les négociants n’achètent pas de la nouvelle récolte pour le moment.
La rédaction
Soja
Conditions de culture aux États-Unis. Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
Conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants et du fret maritime.
Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
Surface aux États-Unis, au vu de la flambée des engrais.
Acheminement vers les ports des récoltes argentine et brésilienne.
Colza
Rendements et teneur en huile de la récolte française.
Travaux de récolte en Europe.
Rythme de la trituration en Europe.
Tournesol
- Conditions de culture sur le continent européen.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Karine Floquet