Marché des oléagineux et coproduits du 20 au 27 mai 2026 - Le prix du colza, sur le marché physique comme à terme, se maintient au dessus des 525 €/t
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 20 et le 27 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 20 et le 27 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Le cours du colza sur le marché à terme Euronext a reculé, entre le 20 et le 27 mai 2026, de 1,25 €/t sur l’échéance août 2026, à 525,50 €/t, mais a progressé de 0,25 €/t sur celle de novembre 2026, à 529 €/t. Les cotations européennes sur le court terme ont suivi la baisse tarifaire du pétrole (-10,73 $/baril à 94,29 $/baril sur l'échéance juillet 2026 pour le Brent ; -9,58 $/t à 88,68 $/t sur l'échéance juillet 2026 pour le WTI), entraînant dans son sillage les prix de la graine de soja états-unien (-14 ct$/boisseau à 1185,25 cts$/boisseau sur l'échéance juillet 2026) et du tourteau de soja états-unien (-0,30 $/t à 330,60 $/t sur l'échéance juillet 2026) sur le CBOT.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de colza ont suivi une tendance baissière sur la semaine, évoluant entre 0 €/t et -3,50 €/t selon les places et les périodes. Le FOB Moselle, sa place de référence, a perdu 2,50 €/t à 525,50 €/t sur la période juillet-septembre et 1,50 €/t à 529 €/t sur la période octobre-décembre. Acheteurs et vendeurs sont toujours aussi peu nombreux sur un marché encore plus calme que la semaine dernière. Les uns comme les autres ont du mal à se positionner sur le moyen et long terme, au vu des incertitudes liées à la résolution de la crise pétrolière au Moyen-Orient. Les difficultés logistiques en ce mois de mai criblé de jours fériés a de plus complexifié la négociation de contrats.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de tournesol ont également suivi une tendance baissièresur la semaine, évoluant entre 0 €/t et -10 €/t selon les places et les périodes. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a cédé 5 €/t, à 540 €/t sur la période octobre-décembre. Le marché est peu actif. La commercialisation de la nouvelle récolte est déjà bien avancée par rapport à d’autres années en cette période de post-semis. Les acheteurs et les vendeurs sont dans l’expectative au vu des évènements au Moyen-Orient mais également des possibles conséquences de la canicule actuelle sur le potentiel de récoltes de céréales à paille en France et en Europe.
La graine de soja en départ Sud-Ouest n'est pas cotée sur le marché physique français en raison de la faiblesse de l'offre sur l'actuelle comme la prochaine campagne. En départ Rhône-Alpes, les cours sont nominalement reconduits, sur un marché extêmement calme.
Protéagineux
Absence de cotations
Le pois et la féverole fourragers ne sont pas cotés sur le marché français.
Il y a très peu d’affaires réalisées en protéagineux. Les graines ont du mal à trouver leur place dans les formulations des fabricants d’aliments pour animaux.
Tourteaux
Evolution contrastée des cours
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja sur la semaine du 20 au 27 mai 2026 ont progressé en départ Brest et Montoir-de-Bretagne (entre + 4 €/t et + 20 €/t selon les échéances) mais ont régressé sur les autres places (entre - 1 €/t et - 14 €/t selon les échéances). Le tourteau de soja coté sur le marché à terme du CBOT s’est replié, perdant 0,30 $/t sur l’échéance juillet 2026, d’une semaine sur l’autre. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière entre le 20 et le 27 mai 2026. Elle s’établit maintenant à titre indicatif à + 150 €/t sur la période juin 2026 (+ 13 €/t), + 158 €/t sur la période juillet 2026 (+ 13 €/t), + 173 €/t sur la période 3 d’août 2026 (+ 10 €/t) et + 172 €/t sur la période 2 de novembre 2026 (+ 9 €/t). La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée, entre + 3 €/t et + 4 €/t.
Les cotations des tourteaux de colza en France ont reculé, entre - 2 €/t et - 13 €/t selon les places et les échéances. Celles du tourteau de tournesol ont progressé en départ Lezoux et Bassens (entre + 3 €/t et + 13 €/t selon les échéances) mais ont suivi une tendance baissière sur les autres places (entre 0 €/t et - 4 €/t selon les échéances).
Sur le marché physique français, l’activité en tourteaux de soja, de colza et de tournesol est au point mort. Les niveaux de prix demeurent trop élevés pour susciter un intérêt acheteur. Et l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient, qui conduit à une grande volatilité des cours du pétrole et des marchés à terme des graines oléagineuses, n’aide pas aux affaires. Cependant, il reste des couvertures à opérer sur l’éloigné, notamment en soja et colza.
Huiles
Forte hausse en colza sur les ports européens
Les prix de l'huile de colza en départ Rouen ont reculé de 10 €/t entre le 20 et le 27 mai 2026. L’huile de tournesol en départ Dunkerque et l’huile de soja en départ Brest sont de nouveau cotées. Les cours de l'huile de palme raffinée en franco Bretagne ont régressé, perdant entre de 20 €/t et 50 €/t, tandis que l’huile de coprah en franco Bretagne gagnaient entre 0 €/t et de 10 €/t. Sur le marché physique français, le marché demeure calme en cette semaine du 20 au 27 mai 2026, tronquée par le lundi de Pentecôte. Cependant, il reste des couvertures à opérer sur l’éloigné, notamment en soja et colza.
Sur les ports nord-européens, les cours de l'huile de soja et de tournesol ont régressé sur la semaine, de respectivement 35 €/t et 15 €/t, tandis que ceux de l’huile de colza ont grimpé entre +30 €/t et +95 €/t.
L'huile de soja sur le CBOT a progressé de 0,60 cts$/livre sur l'échéance juillet, d’une semaine sur l’autre.
La hausse des cours du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient et la menace du phénomène climatique El Niño font flamber les cours mondiaux des huiles végétales et des oléagineux dont elles sont issues, du soja à l’huile de palme. Plus qu’une poussée de fièvre, c’est une tendance de fond qui s’installe depuis début 2026, indiquent nos confrères d'Agra : une hausse quasi continue du prix des huiles, de la Bourse de Kuala Lumpur où l’huile de palme caracole à plus de 1 000 dollars la tonne soit une hausse de plus de 25 % en cinq mois, à la Bourse de Chicago où l’huile de soja a vu son prix bondir de 15 % sur la même période. Les prix des huiles sont en moyenne 50 % plus élevés aujourd’hui que début 2020, relève Sébastien Poncelet, analyste des marchés agricoles chez Argus Media. « Avec la guerre en Iran et la hausse significative des cours du pétrole, on a vu se réactiver l’intérêt pour les agrocarburants et les énergies renouvelables. Tous ceux qui faisaient déjà du biodiesel augmentent leurs capacité, et ceux qui n’en faisaient pas veulent s’y mettre », explique Antoine de Gasquet, président de la société de courtage en huiles Baillon-Intercor.
Issues de meunerie
Espagnols et Néerlandais absents du marché français
Sur le marché francilien, les prix des coproduits minotiers sont évolué irrégulièrement en cette semaine du 19 au 27 mai 2026. Le son fin farine et le remoulage demi-blanc ont perdu 5 €/t, voire 10 €/t en son fin pellet. D'importantes difficultés logistiques sont rapportées, le nombre de camions disponibles étant insuffisant pour satisfaire à la fois le transport des céréales, en cette période de vidange des silos avant l'arrivée de la nouvelle récolte, et des coproduits minotiers. Les Espagnols et les Néerlandais sont inscrits aux abonnés absents, en raison de la cherté des carburants. La baisse de la demande pèse d'autant plus sur les prix. La farine basse s'est alignée, à la hausse (+5 €/t), sur le gruau, dont la cotations n'a pas bougé sur la semaine. En l'absence de disponibilités en gruau, la farine basse vient en substitution.
En Bretagne, les prix du son fin farine n'ont pas évolué entre le 20 et le 27 mai 2026. La demande des fabricants d'aliments pour animaux s'érode. En Isère, les cours du son fin farine sont nominalement reconduits sur la semaine, en l'absence de nouvelle affaire traitée. Idem en région toulousaine et marseillaise. A noter la forte demande espagnole qui se heurte à la faible disponibilité en marchandise (notamment en son) dans le sud de la France.
Coproduits de l’amidonnerie
Tendance baissière en drêche de maïs
Les prix de la drêche de maïs sur le marché physique français ont suivi une tendance baissière (de -1 €/t à -6 €/t) entre le 20 et le 27 mai 2026, selon les échéances et les usines.
La drêche de blé demeure non cotée.
Le marché des drêches est des plus calmes.
Coproduits laitiers
Aucune affaire sur le rapproché
Les cotations de la poudre et de lait de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale sur le disponible en vrac sont nominalement reconduits entre le 21 et le 28 mai 2026.
Aucune affaire sur le rapproché n'a été conclu depuis les réservations sur le mois de juin 2026 traitées la semaine dernière.
Produits déshydratés
Statu quo
En luzerne déshydratée, les prix sont nominalement reconduits entre le 20 et le 27 mai 2026, à 210 €/t, en cette semaine amputée d’un jour de cotation en raison du jeudi de l’Ascension. La première coupe se poursuit.
La pulpe de betterave déshydratée n'est pas cotée cette semaine sur le marché physique français en raison de la faiblesse de l'offre sur l'actuelle comme la prochaine campagne.
Farine de poisson
Un marché très ferme
Les prix de la farine de poisson sur le marché physique français sont nominalement reconduits entre le 20 et le 27 mai 2026.
Ils demeurent cependant très fermes, faute de disponibilités significatives.
Pailles et fourrages
Statu quo
En paille de blé et d’orge, la fourchette de prix en départ Nord-Est est toujours la même en cette semaine du 20 au 27 mai 2026 : entre 90 et 120 €/t, en fonction des départements. On note toujours un faible courant d’activité à l’export mais constant. Les coûts de transport plus élevés depuis quelques mois compliquent la donne.
En foin de Crau, il n’y a pas de changement concernant les cotations commerciales, d’une semaine sur l’autre. L’activité est calme. La récolte de la première coupe 2026 est en cours avec de bonnes conditions climatiques dans le Sud-Est.
Le Comité de foin de Crau n’a pas modifié ses cotations de référence, entre les mois d’avril et de mai. Les prix sont très nominaux.
La rédaction
Soja
- Conditions de culture aux Etats-Unis. Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburants et du fret maritime.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par la demande en biodiesel.
- Surface aux États-Unis, au vu de la flambée des engrais.
- Acheminement vers les ports des récoltes argentine et brésilienne.
Colza
- Dégâts potentiels de la canicule sur les cultures en France. Conditions de culture en Europe. Rythme de la trituration en Europe.
Tournesol
- Sole en France, dans l’UE et la zone mer Noire. Effets des frappes russes sur les sites de trituration en Ukraine.
Karine Floquet