Marché des oléagineux et coproduits du 2 au 9 septembre 2026 - Les prix en colza français poursuivent leur hausse, dans le sillage du pétrole et du canola canadien
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 2 et le 9 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 2 et le 9 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont continué de progresser, entre le 2 et le 9 septembre 2026, grimpant de 4,75 €/t à 557,50 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 4,50 €/t à 559 €/t sur celle de février 2027, dans le sillage du pétrole (+ 5,58 $/baril à 101,21 $/baril sur l’échéance septembre 2026 pour le Brent ; + 5,49 $/t à 96,50 $/t sur l’échéance septembre 2026 pour le WTI) qui a entraîné avec lui le canola canadien (+ 6,30 CAN/t à 832,10 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et le tourteau de soja coté sur le CBOT (+ 4,10 $/t à 343,30 $/t sur l’échéance septembre 2026). Les cours de l’huile de palme malaisienne (-289 RM/t, à 4 669 RM/t sur l’échéance septembre 2026), de la graine de soja cotée sur le CBOT (- 6,50 ct$/boisseau à 1 295,25 ct$/boisseau sur l’échéance septembre 2026 et - 0,75 ct$/boisseau à 1 309,50 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026) et de l’huile de soja cotées sur le CBOT (- 0,49 $/livre à 70,01 $/livre sur l’échéance septembre 2026) ont quant à eux reculé. Le renchérissement de l’euro face au dollar (+ 0,0074 $, à 1,1652 $) a limité la hausse tarifaire.
Sur le marché physique français, les prix du colza ont gagné du terrain dans le sillage d’Euronext sur la semaine, gagnant entre 3 et 11 €/t selon la place et l’échéance. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi grimpé de 6 €/t à 559 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Les guerres en Ukraine et en Iran perturbent le marché des oléagineux, entre problèmes logistiques à l’exportation en mer Noire et crise pétrolière au Moyen-Orient. Dans ce marché très volatil d’une semaine sur l’autre, la demande des acheteurs ne trouve pas de répondant de la part des vendeurs.
Côté champs, « l’implantation des colzas dans le Sud-Ouest pour cette campagne 2026-2027 est globalement très difficile du fait d’un assèchement des horizons du sol depuis la fin du printemps dernier et de l’absence de pluies efficaces durant la période estivale (hors orages très localisés) », indique Terres Inovia. La période idéale de semis dans le Sud-Ouest (du 10 au 30 août) est aujourd’hui dépassée et les cumuls de pluies prévus restent faibles pour les prochains jours. « Toutefois, les semis restent encore possibles jusqu’à fin septembre si certaines conditions sont respectées et en intégrant que les risques pour la culture seront plus importants cet automne comparé à un semis à date classique », temporise l’institut technique. Concernant la Scara (Société Coopérative Agricole de la région d'Arcis-sur-Aube), « les semis de colza 2026 ont commencé, dans la majeure partie des cas, après le 20 août sur les secteurs qui ont bénéficié des quelques pluies récentes mais hétérogènes ». Les précipitations sur ces derniers jours du mois d’août ont été primordiales pour permettre de généraliser les emblavements. « La surface de colza pour la récolte 2027 [emblavée par les coopérateurs-adhérents] serait de nouveau en progression de 10 à 15 % par rapport à la campagne précédente », témoigne la coopérative agricole.
Par ailleurs, on oberserve une recrudescence des attaques de punaises sur les jeunes colzas. « Le phénomène s’amplifie, les signalements progressent et gagnent de nouvelles régions depuis le début de la semaine : Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Poitou-Charentes, Champagne, avec de premiers cas également rapportés en Normandie, Ile-de-France, Lorraine, Alsace et Auvergne Rhône-Alpes », précise Terres Inovia.
Côté produit phytosanitaire, le Minecto Gold (cyantraniliprole 400 g/kg/Syngenta) vient de recevoir une autorisation de mise sur le marché à titre de dérogation 120 jours (art53 – REG 1107/2009) du 25 septembre 2026 au 23 janvier 2027 pour le traitement des parties aériennes contre les coléoptères phytophages sur colza, colza porte graine et moutarde, indique Terres Inovia. Et de préciser : « Afin de contenir le risque de résistance forte des grosses altises aux pyréthrinoïdes dans de nouveaux départements, la dérogation couvre aujourd’hui l’ensemble du territoire. Cette dérogation préfigure une demande d’autorisation de mise en marché (AMM) en attente. »
Sur le marché physique français, les prix du tournesol ont suivi une tendance haussière sur la semaine, grimpant de 2,50 à 17,50 €/t selon la place et l’échéance. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 10 €/t à 595 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Le marché, sans offre mais demandeur, est attentiste. Les prix sont purement indicatifs. Les opérateurs attendent les premiers résultats de récolte pour se positionner.
Côté champs, partout en France, les tournesols arrivent à maturité précocement. « Pour autant, les récoltes ont avancé plutôt lentement jusqu’à fin août. Ainsi, les parcelles "prêtes à récolter" sont exposées aux aléas climatiques (orages, vents violents) et aux dégâts de ravageurs (oiseaux, très actifs en cette fin de saison) », déplore Terres Inovia. Sur les premières parcelles coupées, les rendements sont qualifiés de « pas terribles » à « très décevants » selon les régions, et dans tous les cas bien inférieurs aux estimations d’il y a quelques semaines. Sur la façade Atlantique, la moisson est réalisée à hauteur de 50 % au sud de Bordeaux mais de seulement 30-35 % au nord de la ville. Un premier bilan pourrait être effectué dans le Sud-Ouest dès la semaine prochaine, les coupes devant atteindre 80-90 % de la sole. « Si l’on arrive à une production de 1 Mt à l’échelle nationale, ce sera bien », indique un correspondant en région. Un chiffre bien inférieur à l’estimation d’Agreste, qui table sur 1,4 Mt.
Sur le marché physique français, les cotations de la graine de soja en départ Rhône-Alpes et en départ Rhin ont progressé en cette semaine du 2 au 9 septembre 2026, de respectivement 5 €/t à 530 €/t et de 10 €/t à 550 €/t sur la période octobre-décembre. Elle est non cotée en départ Sud-Ouest, faute de visibilité sur la récolte en cours. Les cultures ont grillé sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse estivales. Le marché est attentiste.
Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin brun sont de nouveau cotés en cette semaine du 2 au 9 septembre 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale (650 €/t) comme de l'alimentation humaine (entre 720 €/t et 850 €/t).
Protéagineux
Reprise de l'activité
Sur le marché physique français, les pois et les féveroles fourragers ne sont guère cotés sur la semaine allant du 2 au 9 septembre 2026. À titre indicatif, le pois fourrager en rendu Pontivy-Guingamp a progressé de 2,50 €/t à 290 €/t sur la période septembre-décembre ; en départ Marne, il vaut 260 €/t sur la période septembre-décembre. En féverole fourragère, la cotation en rendu Pontivy-Guingamp s’établit également à 290 €/t (+ 2,50 €/t). Le marché des protéagineux redémarre compte tenu des prix élevés des céréales et du soja.
Tourteaux
Nouvelle hausse des cours
Sur le marché physique français, les prix des tourteaux de soja OGM ont progressé sur l’ensemble des places commerciales en cette semaine du 2 au 9 septembre 2026, gagnant entre 7 et 9 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait grimpé de 4,10 $/t à 343,30 $/t sur l’échéance septembre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière sur la semaine. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée.
Les cotations des tourteaux de colza sur le marché physique français ont reculé sur la semaine du 2 au 9 septembre 2026, perdant 3 €/t. Les cours du tourteau de tournesol ont, quant à eux, suivi une tendance haussière sur la semaine, évoluant de 0 à 5 €/t selon les places et les périodes.
Après une période d’activité significative au mois de juin, le marché hexagonal des tourteaux s’est apaisé depuis le début du mois de juillet, en toutes graines oléagineuses. Le marché hexagonal des tourteaux demeure très calme, toutes graines confondues. Les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des prix plus en adéquation avec leurs objectifs de marges pour s’approvisionner.
Huiles
Hausse des cours
Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont reculé de 2 €/t, entre le 2 et le 9 septembre 2026. L’huile de colza en départ Rouen et l’huile de tournesol en départ Dunkerque sont de nouveau cotées cette semaine. L'huile de colza en départ Brest demeure non cotée. En franco Bretagne, l’huile de coprah raffinée a renchéri de 5 €/t sur les sept derniers jours, tandis que les prix de l’huile de palme raffinée ont reculé de 5 €/t. Le marché physique français est très calme, la volatilité des prix et l’incertitude sur le devenir du conflit au Moyen-Orient – qui fait flamber les prix du pétrole actuellement – n’aidant pas à la conclusion d’affaires. Les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat.
Sur les ports nord européens, les prix de l'huile de soja ont perdu du terrain en cette semaine du 2 au 9 septembre 2026, cédant 5 €/t. Ceux de tournesol ont fait de même, diminuant de 35 €/t à 42 €/t selon les périodes. Les cours de l’huile de colza ont quant à eux progressé entre 20 €/t. L’huile de palme raffinée et l’huile de coprah raffinée ont renchéri sur les sept derniers jours.
Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a perdu 0,49 cts$/livre sur l’échéance septembre à 70,01 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a reculé de 289 ringgits la tonne à 4 669 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.
Issues de meunerie
Poursuite de la tendance haussière
Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français poursuivent leur tendance haussière entre le 1er et le 8 septembre 2026. Les cours du son fin (farine et pellet) et du remoulage demi-blanc ont gagné 2 €/t, alors que la farine basse et le gruau ont grimpé de 5 €/t sur la semaine. On enregistre un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’un côté, la marchandise manque, l’activité meunière redémarrant poussivement faute de demande en farine. Les meuniers en profitent pour effectuer la maintenance de leurs moulins. De l’autre, les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de matières sèches pour formuler. Les coproduits meuniers intéressent grandement les industriels de la nutrition animale pour venir en alternatives aux céréales.
En Bretagne, les cours du son fin farine ont de nouveau progressé de 3 €/t, entre le 2 et le 9 septembre 2026, dans le sillage du marché francilien. On rapporte toujours une petite demande des fabricants d’aliments pour animaux, face à une offre limitée. En Isère, les cours du son fin ont progressé de 8 €/t d’une semaine sur l’autre, la demande étant supérieure à l’offre. En régions marseillaise toulousaine, les cotations n’ont pas évolué sur la période.
Coproduits amidonniers
Progression des prix en drêche de maïs
Non cotée sur le rapproché, la drêche de maïs sur le marché physique français a renchéri (de 2 €/t) sur les périodes éloignées (à partir de janvier 2027), entre le 2 et le 9 septembre 2026.
La drêche de blé est non cotée.
Le marché est relativement calme.
Coproduits laitiers
Tendance haussière
La cotation de la poudre de lait pour l’alimentation animale en vrac, sur le disponible, est nominalement reconduite sur le marché physique français à 2 910 €/t, entre le 3 et le 10 septembre 2026, en l’absence de nouvelle affaire traitée. Cependant, la tendance sur le moyen terme est à la hausse : le marché néerlandais cotait 3 280 €/t sur le dernier trimestre de l’année.
En poudre de lactosérum, une affaire s’est traitée sur le marché physique français à 1 610 €/t pour livraison la semaine prochaine, soit en hausse de 160 €/t par rapport au dernier contrat signé.
Produits déshydratés
Prix reconduits en luzerne
En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 2 et le 9 septembre 2026, à 225 €/t. Les fortes chaleurs de juin et le manque d’eau ont impacté négativement la deuxième coupe. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août, sans eau à la clef, n’ont fait qu’amoindrir les disponibilités.
La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français demeure non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires et de la sécheresse sur le développement des cultures de betterave. Cependant, la baisse des températures et les pluies de ces trois dernières semaines pourraient atténuer les pertes.
À l’échelle nationale, selon le Tour de plaine publié le 10 septembre par l’ITB, « les biomasses foliaires estimées par satellite grâce à l’indice NDVI (indice de végétation par différence normalisée) ont des niveaux très faibles en 2026. [...] Le volume foliaire a commencé à diminuer dès la fin du mois de juin avant de se stabiliser à son niveau le plus bas des huit dernières années. » La situation reste variable selon les départements : l’Yonne, l’Essonne, la Seine-et-Marne et l’Aube ont les NDVI les plus bas, tandis que les parcelles irriguées du Centre-Val de Loire, le Nord et la Seine-Maritime ont un NDVI plus proche de 2025, précise l'institut technique.
Farine de poisson
Fermeté des cours
Les prix théoriques de la farine de poisson sur le marché physique français s’effondrent en origines Amérique du Sud, perdant 140 €/t entre le 26 août et le 2 septembre 2026. Il n’y a pour autant que très peu d’offres. La situation est inversée en farines de poisson scandinaves qui voient leur prix flamber, avec un gain de 270 €/t sur la semaine.
Pailles et fourrages
Nouvelle hausse des cours en foin de Crau
En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 2 au 9 septembre 2026. Les prix n'évoluent pas d'une semaine sur l'autre en paille mais la pression de la demande est toujours présente face à une offre qui se raréfie.
En foin, les prix atteignent parfois des niveaux défiants l'entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t, en France, payées par des acheteurs venus de Suisse. A terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes.
En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales) n’ont pas évolué, toujours à 190 €/t en première coupe et à 200 €/t en deuxième coupe. En revanche, le Comité du foin de Crau a coté la troisième coupe, aux mêmes niveaux de prix que la deuxième coupes. Selon l’association professionnelle, les rendements, qui ont été assez bons en première coupe, sont décevants en deuxième coupe. Malgré l’irrigation, les prairies ont du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.
Les éleveurs sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Supplémenter avec des aliments composés, la paille pourrait venir en alternative au foin, dans le cas extrême.
La rédaction
À surveiller
Soja
- Rapport Wasde de l’USDA à paraître le vendredi 11 septembre.
- Semis et conditions de culture au Brésil.
- Premières coupes en France.
- Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
- Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).
Colza
- Semis difficiles, notamment dans le Sud-Ouest.
- Premières levées entre repousses et ravageurs.
- Récolte canadienne de canola freinée par les pluies.
- Rythme de la trituration en Europe.
- Concurrence de l’Ukraine en termes de graine et d’huile.
Tournesol
- Premiers chiffres de production en France.
- Rythme de la récolte en Europe.
- Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.
Karine Floquet