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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et sucre du 18 au 25 mars 2026 - Les prix du blé tendre ont subi le repli des cours du pétrole

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 18 au 25 mars 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

© Généré par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 18 et le 25 mars de 3,50 €/t à 194,50 €/t sur la période mars-juin, dans le sillage des marchés à terme européen et états-unien. Ces derniers ont suivi la correction à la baisse du prix du baril de pétrole sur la semaine, alors que le président Donald Trump affirme que des négociations de paix sont en cours. Sur Euronext, le contrat blé s’est replié sur les sept derniers jours, de 3,50 €/t à 204 €/t sur l’échéance mai et de 4 €/t à 211,25 €/t sur l’échéance septembre. Sur le CBOT, il a perdu 6,50 cts$/boisseau à 597,75 cts$/boisseau sur l’échéance mai et 6,75 cts$/boisseau à 608,75 cts$/boisseau sur l’échéance juillet. 

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Si les récents évènements au Moyen-Orient n’auront probablement qu’un impact marginal sur l’actuelle campagne car l’essentiel de la commercialisation a été réalisée sur des prix de carburant et d’engrais qui n’ont rien à voir avec la flambée actuelle, en revanche, il faudra rediscuter des assolements pour les semis d’automne si les prix des intrants se maintiennent à ce niveau ou assez haut d’ici fin mai début juin. 

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En ancienne récolte, on enregistre toujours un petit flux régulier sur le portuaire, surtout en blé. Les agriculteurs sont un peu sortis pour vendre quelques lots compte tenu des bons niveaux de prix actuels, principalement en blé. Les fabricants d’aliments pour animaux ont effectué quelques achats de compléments. Mais les Belges et les Néerlandais sont peu présents. Globalement, le temps est à l'exécution de contrats passés ; peu de nouvelles affaires sont conclues. Le net renchérissement du coût du carburant limite le courant d’affaires avec l’Espagne. 

En nouvelle récolte, les acheteurs ne se couvrent pas sur les longueurs, en raison du risque de volatilité et des prix hauts. On enregistre quelques affaires dans le Sud-Est.

En France, le temps s’est refroidi et le ressenti devient hivernal, avec des chutes de neige à basse altitude en montagne et des giboulées en plaine dans le nord et l'est du pays. Une affaire à suivre…

Arrêt de la navigation sur le canal du Nord

Les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 18 et le 25 mars 2026. Les prix à la pompe ont flambée pour les péniches mais des clauses spécifiques aux carburants permettent d'appliquer une indexation partielle sur les prix de février, atténuant les effet de la hausse de mars. Les effets pourraient en revanche se faire ressentir fortement à partir d'avril. 
Sur l’intracommunautaire, la navigation entre les bassins de la Seine et du Nord est bloquée en raison de la fermeture du canal du Nord le 2 mars. L’infrastructure ne sera pas navigable pendant cinq semaines a minima pour cause d’entretien programmé, après deux ans de report. Une alternative existe par Saint-Quentin, mais sur un réseau à petit gabarit. Dans le bassin du Nord, l’activité vers le nord UE se maintient à la faveur du grand gabarit.

Basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Il y a des difficultés de navigation sur le fleuve au niveau de Mannheim, en raison de basses eaux. 

Karine Floquet et Thierry Michel

Maïs

Demande de la nutrition animale

Les cours du maïs sur Euronext se sont dépréciés entre le 18 et le 25 mars sur les échéances de juin (-1,50 €/t, à 208,50 €/t) et d'août (-1,25 €/t, à 210,50 €/t) mais se sont stabilisés sur celle de novembre (à 207,25 €/t). Le prix en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a ainsi recul sur la période mars-juin (-2 €/t, à199 €/t). En revanche, le CBOT a suivi une tendance haussière, gagnant 4 cts$/boisseau sur l’échéance mai, à 467,25 cts$/boisseau, et 3,25 cts$/boisseau sur l’échéance juillet, à 477,75 cts$/boisseau.

En maïs, les fabricants d’aliments pour animaux sont bien présents sur les deux périodes avril juin et juillet septembre. On enregistre toujours des chargements de maïs (et de colza), en origine Grand Est à destination du nord-communautaire et un petit de flux sur le port de Bordeaux sur les deux campagnes. Dans le Sud-Est, les écarts acheteurs vendeurs ne permettent pas de trouver un prix. Et les Espagnols trouvent leur compte sur l’origine Ukraine en ce moment, nettement moins chère. Les prix du carburant commencent à poser problèmes avec des transporteurs qui ont du mal à s’engager, notamment sur la longueur (nouvelle récolte). On enregistre un petit flux d’affaires sur le port de Bordeaux en ancienne comme en nouvelle campagne.

Les opérateurs s’inquiètent sur les assolements à venir. Avec de l’urée à 850 €/t, il faudrait sortir du maïs à 230 €/t départ ferme pour ne pas perdre d’argent. Dans ce contexte, certains agriculteurs envisagent de remplacer le maïs par du soja, du tournesol ou par de la mise en jachère.

Orge fourragère

Quelques affaires en nouvelle campagne

En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont régressé, perdant 3,50 €/t à 192 €/t sur la période mars-juin en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 18 et le 25 mars. On n’enregistre aucune affaire en ancienne récolte. En nouvelle campagne, les opérateurs se rassurant sur les conditions de culture, le marché est un peu plus dynamique en dégagement, y compris à destination du Benelux.

Orge de brasserie 

Tendance baissière

Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué dans une fourchette étroite (de -0,50 €/t à -3 €/t) entre le 18 et le 25 mars, en orge de printemps (Planet) comme en orge d'hiver (Faro). Dans ce contexte baissier, le marché brassicole s'est animé en début de semaine, toutes variétés et récoltes confondues. Mais la Bourse de l’exécution à Paris et la rencontre des malteurs et brasseurs à Lisbonne ont stoppé les affaires depuis.

Blé dur

Prix baissiers dans le Sud

Les prix du blé dur sur le marché physique français ont perdu 5 €/t en rendu Port-La-Nouvelle, en départ Sud-Est et Sud-Ouest, entre le 18 et le 25 mars. Les coûts du fret commencent à peser sur les opérations d’exécution.

La rédaction

Céréales secondaires

Repli de l'avoine noire

Les prix du triticale ont évolué irrégulièrement (entre -5 €/t et +2 €/t), entre le 18 et le 25 mars 2026. 

Les cotations des autres céréales secondaires n'ont pas évolué sur la semaine.

Le marché est relativement calme, à l'image de celui des céréales principales.

Selon le bulletin Mars de la Commission européenne paru le 23 mars, le rendement prévisionnel du triticale pour le récolte 2026 s'affiche à 4,51 t/ha, en baisse de 5 % par rapport à la récolte 2025 (4,73 t/ha) mais en hausse de 2 % par rapport à la moyenne quinquennale (4,41 t/ha).

Sucre

Les prix du sucre en hausse en raison du blocage du détroit d’Ormuz 

Les prix du sucre brut ont fortement progressé pour la période allant du 16 au 23 mars 2026 + 1,31 ct$/livre, à 15,76 cts$/livre) tout comme ceux du sucre raffiné (+ 33,15 $/t, à 450,65 $/t). Bien évidemment, la situation du conflit au Moyen-Orient pèse sur la filière, les très fortes hausses des cours du pétrole faisant monter de concert les prix de l’éthanol. De plus, une analyse publiée par Covrig Analytics, un spécialiste du secteur, a montré que le blocage du détroit d’Ormuz a infléchi le commerce mondial du sucre de 6 % depuis le début des frappes israélo-états-uniennes sur l’Iran fin février. La situation se détendait un peu en début de semaine avec le reflux du prix du baril. Hors cet épisode conjoncturel, les fondamentaux demeurent avec toujours l’idée générale que la campagne en cours se terminera avec un surplus mondial de production relativement important. Et même si les observateurs du marché s’attendent à un recul de la production brésilienne, celle de l’Inde, autre gros exportateur mondial, devrait croître pour cette campagne.

Karine Floquet et Thierry Michel

À surveiller

Blé tendre

  • Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains.
  • Coûts des travaux de printemps en grandes cultures en France.
  • Impact du conflit russo-ukrainien sur les infrastructures et la logistique.
  • Impact de la sécheresse et des gelées aux États-Unis, et du froid en France.
  • Compétitivité du blé argentin.

Maïs

  • Évolution du coût des intrants avec la guerre au Moyen-Orient.
  • Interrogations en France sur le fait de substituer du tournesol ou de la jachère au maïs.
  • Qualité de la première récolte brésilienne.
  • Semis de la safrinha brésilienne.

Orge

  • Conditions de culture en France.
  • Levée de dormance de l’hémisphère nord.

Karine Floquet

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