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Marché des céréales et du sucre du 27 mai au 3 juin 2026 - Repli des cours du blé en Europe et aux États-Unis, dans l’attente de la nouvelle récolte

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 27 mai et le 3 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

<em class="placeholder">Image d&#039;épis de blé et de maïs sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
© Image générée par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 27 mai et le 3 juin 2026, perdant 6,50 €/t à 208 €/t, pour la période de livraison comprise entre octobre et décembre. Sur Euronext, le contrat blé a également cédé du terrain, sur l’échéance septembre 2026 à 202,75 €/t (- 7,75 €/t) et sur l’échéance décembre à 211,50 €/t (-6,75 €/t). Sur le CBOT, les cours du blé se sont aussi repliés, de 35,25 cts$/boisseau (cts$/bu), à 587,25 cts$/bu sur l’échéance juillet 2026.

En France, on a assisté à une toute petite semaine commerciale, avec souvent des difficultés à marquer des prix, en ancienne comme en nouvelle campagne. Les écarts tarifaires importants entre les deux récoltes ont tendance à figer le marché. On attend aussi d’en savoir plus sur la qualité de la nouvelle récolte.

En ancienne récolte, la demande est bonne sur le portuaire (prime en hausse mais pas trop).

En nouvelle campagne, cela commence à avancer avec un marché plutôt vendeur. Dans le Sud-Ouest, la baisse sur Euronext a aidé à réaliser des affaires : quelques fabricants d’aliments pour animaux (FAB) espagnols, payant en cash, ont trouvé les prix origine France intéressants. Dans le Nord-Ouest, de petites affaires de compléments sont réalisées sur l’ancienne campagne. En Champagne-Ardenne, c’est la nouvelle récolte qui a capté les flux d’affaires (petits volumes). En région Grand-Est, on rapporte une certaine activité malgré des cours en dents de scie. La demande demeure prudente avec une meunerie qui est couverte, une amidonnerie peu active et des FAB très « court-termistes ». Dans le Sud-Est, des petites affaires se concluent, soit pour faire de la place dans les silos, soit pour engranger un peu de trésorerie. D’autres vendeurs préfèrent attendre en espérant un prix meilleur sur les dernières semaines en ancienne récolte.

Premières propositions de tonnage sur le port de Rouen

Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial amorcent une hausse à destination du port de Rouen (+ 0,50 €/t sur le trajet Pont-Sainte-Maxence/Rouen) en cette semaine du 27 mai au 3 juin 2026. L’arrivée à grands pas des moissons, qui pourraient débuter d’ici trois semaines, devrait entraîner une demande de bateaux pour vider des silos loin d’être vides. Les autres trajets n’ont pas évolué sur la période. Globalement, ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d’Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Durant la campagne commerciale 2025-2026, l’activité sur le port de Rouen est demeurée soutenue sans longue pause, contrairement à ce que les professionnels avaient anticipé il y a dix mois. Concernant la prochaine campagne, les organismes stockeurs qui prennent conscience du manque de cale sur le bassin fermé de la Seine, effectuent les premières propositions de tonnages. « Les clients les plus appétents en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », souligne un spécialiste du transport fluvial. Les solutions de transport par péniches et autres barges vont être difficiles à trouver en raison du chantier du Grand Paris qui accapare un certain nombre de cales, sur la base de contrats pluriannuels. « On s’attend à une récolte haute en couleurs », commente notre expert.

Sur l’intracommunautaire, l’activité s’essouffle au départ du nord de la France et les perspectives pour le mois prochain ne sont guère optimistes.

Basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse du niveau du fleuve, qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 40 % pour cause de basses eaux (contre 30 % la semaine dernière).

Maïs

En nette baisse sur les marchés mondiaux

Le prix du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a nettement reculé sur la semaine allant du 27 mai au 3 juin 2026 : - 20,50 €/t à 199,50 €/t sur la période juin-juillet, mais sur une échéance Euronext (juin 2026) très peu travaillée. Le recul était bien moindre sur le marché à terme européen à échéance août : - 5,25 €/t à 218 €/t. Les prix physiques ne sont pas marqués en nouvelle campagne. Sur le CBOT, le contrat maïs a nettement reculé aussi, de 21 ct$/boisseau à 431,50 ct$/boisseau sur l’échéance juillet 2026. Le marché enregistre une maigre activité.

Orge fourragère

Marché peu animé

Le prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a perdu 7 €/t entre le 27 mai et le 3 juin 2026, pour s’établir à 189,50 €/t sur la période juillet-septembre. Les premières coupes d’orge ont débuté mais il est trop tôt pour avoir une opinion sur les rendements ou les qualités.

​​​​​​Orge de brasserie

Tendance baissière

Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie en FOB Creil ont reculé, entre le 27 mai et le 3 juin 2026, perdant entre 2 €/t et 6,50 €/t en Faro (variété d’hiver) et en Planet (variété de printemps), toutes récoltes et échéances confondues. La faiblesse de la demande a pesé sur les prix, tout comme la baisse des cours du blé sur Euronext et des prix des orges brassicoles européennes (pluies après la période caniculaire). La moisson dans le Grand-Est devrait démarrer dans une quinzaine de jours. La récolte 2026 s’annonce pléthorique par rapport à la demande des malteurs. À confirmer.

​​​​​​Blé dur

Statu quo sur les prix

En blé dur, on travaille sur un marché spéculatif en qualité standard, sans vraiment d’acheteurs ni de vendeurs. Il est encore un peu trop tôt pour se faire une idée précise de ce que pourra être la nouvelle récolte 2026.

Sucre

Les prix du sucre ont cédé un tout petit peu de terrain sur la semaine

Les prix du sucre brut ont légèrement reculé sur la période allant du 22 mai au 1er juin 2026, de 0,23 ct$/livre, à 15,07 cts$/livre. Ceux du sucre raffiné ont plutôt progressé, de 5,10 $/t, à 447,25 $/t sur la même semaine. Alors que les prix avaient tendance à progresser, les opérateurs du marché ont intégré le fait que la récolte de canne à sucre au Brésil pourrait être plus importante que les derniers chiffres officiels connus, tempérant ainsi ce mouvement à la hausse, au moins sur le court terme. Toujours au Brésil, la Conab voit une production 2025-2026 à 44,196 Mt (+ 0,1 % comparé à l’année dernière). Le sentiment général est que de toute façon la production de sucre mondiale sera très importante face à une demande planétaire plutôt timide selon plusieurs analystes du marché.

La rédaction

Blé

  • Rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles de l’USDA à paraître le 11 juin.
  • Bilans céréaliers du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer.
  • Météorologie en Europe et aux États-Unis.
  • Nouveau rapport de progression des cultures aux États-Unis, lundi 8 juin.

Maïs

  • Rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles de l’USDA à paraître le 11 juin.
  • Météorologie en Europe et aux États-Unis.
  • Nouveau rapport sur le développement des cultures aux États-Unis, lundi 8 juin.

Orge

  • Début des premières coupes qui se généralisent en France.
  • Météorologie en Europe.
  • Importance de la production hexagonale.

Thierry Michel

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