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Marché des céréales et du sucre du 26 août au 2 septembre 2026 - Une hausse des prix qui relance l’activité sur le marché

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 26 août et le 2 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

<em class="placeholder">Image générée par l&#039;IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
© © Généré par l'IA

Le prix du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a flambé entre le 26 août et le 2 septembre 2026, gagnant 10,50 €/t, à 255 €/t sur la période octobre-décembre, et ce, après être resté quasi stable la semaine d’avant (+ 0,50 €/t). Il évolue dans le sillage du marché à terme européen Euronext (+ 10,50 €/t à 256,75 €/t sur l’échéance décembre 2026 et 10,75 €/t à 256,25 €/t sur l’échéance mars 2027). Sur le CBOT, les cours ont également clôturé en forte hausse : + 24,25 cts$/boisseau à 754,75 cts$/boisseau sur l’échéance de septembre 2026 et + 25,75 cts$/boisseau à 774 cts$/boisseau sur celle de décembre.

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Le marché a réagi tout particulièrement aux fortes difficultés logistiques en mer Noire et mer d’Azov, et à la forte baisse des exportations ukrainiennes et russes de blé. Ces dernières ont atteint en août un niveau bas de 2,5 Mt. Compte tenu de la faible récolte de blé aux États-Unis, le marché s’inquiète de cette difficulté à exporter des récoltes abondantes de blé de mer Noire. Seul point positif, la réévaluation à la hausse de la production australienne de blé et d’orge qui a bénéficié de conditions climatiques meilleures que prévu. La France peut tirer parti également parti de cette situation avec des expéditions en cours vers l’Égypte.

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Compte tenu des prix relatifs des céréales, le blé est intéressant en formulation. Sa disponibilité et sa bonne qualité en font une céréale de choix dans les formules d’aliments pour animaux. Les achats de blé par les fabricants d’aliments pour animaux sont de fait repartis à la hausse cette semaine en particulier dans l’ouest de la France compte tenu de réapprovisionnement nécessaire et de prise de positions après la période de congés. Les agriculteurs sont désormais vendeurs compte tenu de l’augmentation des prix. Dans l’Est, l’activité est moindre. Dans le Sud-Ouest, la meunerie est revenue aux achats pour la période de janvier à mars. Sur la région Rhône-Alpes, l’activité est moindre avec des agriculteurs qui restent attentistes et préfèrent faire de la rétention dans l’attente de prix meilleurs. Les chargeurs alimentent les silos portuaires pour leur programme d’exportation octobre-novembre, avec sans doute une activité plus soutenue à la fin du mois de novembre, notamment en blé. Quant à l’éthanolerie, elle est aux achats pour soutenir l’activité élevée des usines, en raison du prix élevé du pétrole et du besoin en biocarburants. 

Frets fluviaux : les niveaux d’eau du Danube continuent de descendre

Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué en cette semaine du 26 août au 2 septembre 2026, à l’exception du trajet Arques-Anvers qui perd 0,50 €/t. L’activité sur l’intracommunautaire est de fait traditionnellement faible en août et septembre, dans l’attente des résultats de collecte.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin ont remonté quelque peu sur la période à la faveur des récentes précipitations, avec la reprise de la navigation à la clef. Cependant, sur la Moselle, les barges de 3 000 t ne sont chargées qu’au tier de leur cale en raison des basses eaux persistantes. Les négociations s’effectuent de gré à gré.

De son côté, le niveau du Danube continue de baisser, entravant toujours le fret de marchandises.

Sur le bassin de la Seine, si cette semaine est calme, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen devrait repartir la semaine prochaine et s’intensifier à partir du 15 septembre, avec des perspectives correctes jusqu’au début du mois d’octobre. Sur l’hinterland de la place portuaire rouennaise, il y a du blé tendre et de l’orge fourragère à transférer, mais la légèreté des grains d’orge entraîne une moindre rémunération par rapport au blé pour les bateliers payés à la tonne de marchandises transportées et non pour un volume donné.

Maïs

Un marché en forte hausse avec une proportion de couverture des besoins par l’import de plus en plus élevée

Sur sa place de référence sur le marché physique français (rendu Bordeaux), le prix du maïs a progressé de 14 €/t à 278,50 €/t sur l’échéance d’octobre-décembre 2026 entre le 26 août et le 2 septembre 2026, et ce, dans le sillage d’Euronext (+ 14,75 €/t à 277,25 €/t sur l’échéance novembre 2026) ainsi que de l’augmentation importante du prix du pétrole après la reprise du conflit entre l’Iran et les États-Unis. Sur le CBOT, le cours du maïs a gagné 4,75 cts$/boisseau sur l’échéance septembre 2026, à 518,75 cts/boisseau, compte tenu des inquiétudes sur la production aux États-Unis et de la chaleur sur la Corn Belt ainsi que du faible niveau historique de la production dans l’Union européenne. Compte tenu des difficultés logistiques rencontrées en mer Noire, l’Argentine met à profit sa forte production pour augmenter ses exportations qui pourraient doubler sur le mois d’août par rapport à juillet passant de 3,22 Mt à 6,26 Mt de maïs exportés.

L’Union européenne augmente de façon importante également ses importations de maïs, avec l’Espagne en tête bien sûr. Les États-Unis sont devenus le premier fournisseur après l’Ukraine depuis le début de la campagne et les importations en provenance d’Argentine ont doublé en quinze jours. En France au moins 100 000 t de maïs à l’import sont prévues sur le port de Montoir-de-Bretagne d’ici la fin de l’année.

Quelques affaires se font en maïs mais les prix sont très variables avec beaucoup d’écart d’un jour sur l’autre, ne favorisant pas la conclusion des affaires en cours.

La Belgique, l’Espagne ou encore l’Italie ne sont pas aux achats en France compte tenu des prix élevés du maïs métropolitain et du maïs à l’importation disponible. Dans l’est de la France, les entreprises achètent du maïs et rachètent leurs positions. Dans l’ouest de la France, les fabricants d’aliments sont intéressés par le maïs importé mais doivent veiller aux exigences des cahiers des charges des productions animales. Il semble peu probable que les détenteurs de cahiers de charge en volailles revoient leur position sur l’origine France de leurs céréales d’après les échanges de La Dépêche Le petit meunier avec plusieurs opérateurs. Dans le Sud-Ouest, le marché est actif en maïs malgré l’absence des Espagnols. En raiosn des prix très élevés du maïs, les agriculteurs libèrent leur marchandise.

Les premières récoltes de maïs ont commencé en France. Les rendements en maïs non irrigué sont catastrophiques dans le Sud-Ouest alors que les rendements en maïs irrigué sont fonction des tours d’eau dont les maïs ont pu bénéficier.

Orge fourragère​​​​​​​​​​​

Un prix qui favorise son incorporation dans les aliments au côté du blé tendre

En orge fourragère, le prix en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a augmenté à l’image du blé tendre, de 7,50 €/t à 236,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026, entre le 26 août et le 2 septembre 2026.

Les entreprises de nutrition animale sont intéressées par l’achat d’orge. Néanmoins, les disponibilités sont actuellement a priori réduites compte tenu de l’anticipation des achats sur les places portuaires. Le peu de disponibilité actuelle n’engage donc pas les fabricants d’aliments pour animaux à l’incorporer massivement dans les formules. Ces derniers lui préfèrent le blé (abondant, disponible et de qualité). Le portuaire avait effectivement beaucoup acheté avant même la moisson, asséchant un peu les disponibilités du moment.

Orge de brasserie

Nouvelle hausse tarifaire

Sur le marché physique français, les cotations de l’orge de brasserie ont progressé sur les récoltes 2026 et 2027 entre le 26 août et le 2 septembre 2026, de 6 €/t à 11,50 €/t en Faro (variété d’hiver) et de 2,50 €/t à 7 €/t en Planet (variété de printemps). La hausse des prix a réduit le volume d’activité par rapport à la semaine précédente.

Blé dur

Des acheteurs absents

Le prix du blé dur en rendu Port-la-Nouvelle, sa place de référence sur le marché physique français, n’a pas évolué, stagnant à 270 €/t sur la période septembre-décembre 2026, entre le 26 août et le 2 septembre 2026. Les acheteurs sont dans leur majorité absents du marché. Il n’y a pas de grande position prise.

​​​​​​Céréales secondaires

Marché très calme

L’avoine blanche, l’avoine noire, le triticale et le seigle meunier ne sont guère cotés, sur un marché physique français peu animé. En départ Aisne/Ardennes, le prix de l’avoine noire s’établit à 195 €/t. En départ Allier, la cotation du triticale a grimpé de 7 €/t à 217 €/t.

​​​​Sucre

Les cours du sucre raffiné reculent cette semaine sur les marchés internationaux

Le prix du sucre brut a légèrement progressé, de 0,18 cts$/livre pour la semaine allant du 24 au 31 août 2026, passant de 18,14 cts$/livre à 18,32 cts$/livre (au-dessus des 18 cts$, un plus haut plus atteint depuis plus d’un an). Celui du sucre raffiné a en revanche reculé : - 17,30 $/t, à 517,35 $/t, perdant à peu près ce qu’il avait gagné sur la semaine précédente.

L’idée d’un déficit de production de sucre (offre sur demande) est toujours très présente dans l’esprit des opérateurs et des experts de ce marché. Dernier chiffre en date, celui de l’UE (Observatoire du marché du sucre) : il prévoit un repli de production de 19 %, à 13,4 Mt, pour 2026-2027 par rapport à l’an passé. Et Green Pool Commodity Specialists a indiqué jeudi 26 août, que, selon lui, le déficit mondial 2026-2027 atteindrait 3,2 Mt contre 4,85 Mt en 2025/2026 (contre 4,93 Mt précédemment). Les Commitments of Traders (COT), sur le marché à terme ICE à Londres, montrent par ailleurs un renforcement des positions longues sur le sucre. De son côté, les services météorologiques en Inde ont indiqué ce lundi que les pluies associées à la mousson (juin septembre) ressortent à 14 % en dessous des normales (cependant moins déficitaires qu’en début de période).

À SURVEILLER

Blé tendre

  • Attaques sur les ports russes et ukrainiens sur les installations portuaires.
  • Comportement des négociants internationaux sur les ports russes et ukrainiens.
  • Émergence de voies alternatives aux exportations de blé russe et ukrainien (Constanta en Roumanie, ports baltes).
  • Disponibilités et qualité du blé en Bulgarie et Roumanie.
  • Demande internationale.
  • Évolution des productions de porcs et de volailles.
  • Demande par l’éthanolerie.

Maïs

  • Importations européennes et françaises de maïs en provenance de mer Noire (Roumanie, Ukraine).
  • Évolution du coût des intrants avec le durcissement du conflit au Moyen Orient.
  • Compétitivité du maïs argentin.
  • Production australienne.
  • Conditions de culture du maïs aux Etats-Unis et en Europe.
  • Evolution des contraintes d’origine des cahiers des charges en productions animales.

Orge

  • Demande par les entreprises de nutrition animale.
  • Compétitivité de l’orge française.
  • Demande chinoise d’orge.
  • Activité portuaire à l’importation.

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