Marché des céréales et du sucre du 12 au 19 août 2026 - Les cours du blé tendre retrouvent le chemin de la hausse, sur fond de tensions internationales
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 12 et le 19 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a gagné du terrain entre le 12 et le 19 août 2026 : + 4,5 €/t, à 235 €/t sur la période octobre décembre, dans le sillage du marché à terme européen (hausses des contrats à terme indexés septembre et décembre). La période août-septembre 2026 ne marque plus de prix sur la référence Rouen depuis quelques semaines. Sur Euronext, le contrat blé a gagné 6,75 €/t, à 227,25 €/t sur l’échéance de septembre 2026 et 3,75 €/t sur celle de décembre 2026, à 236,75 €/t. Sur le Cbot, les cours ont clôturé aussi hausse : + 27,5 cts$/boisseau, à 680,25 cts$/boisseau sur l’échéance de septembre et + 27,75 cts$/boisseau, à 697,50 cts$/boisseau pour celle de décembre.
Les fondamentaux du marché (offre mondiale en blé satisfaisante et pluies sur le Midwest), ont rassuré les marchés. Restent les difficultés logistiques en mer Noire (ports qui tournent a minima, Danube au plus bas et transports routiers sursollicités) et la réduction des estimations de rendement des cultures dans l’Union européenne. Aux États-Unis, la récolte des blés d’hiver est effectuée sur 96 % des surfaces prévues, au 16 août contre 94 % l’an dernier à la même période et en moyenne quinquennale.
Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été de nouveaux plutôt calmes en termes d’activités alors que le marché à terme était caractérisé par des séances d’une grande volatilité. Peu d’acteurs sont au marché, soit pour cause de congés, soit en raison du fonctionnement chaotique des marchés. Les opérateurs ont du mal à se positionner. Les meuniers semblent toujours bien couverts et sont peu actifs sur le marché. Les vendeurs sont plutôt attentistes de leur côté. Les clients étrangers, notamment espagnols et italiens, n’ont aucun intérêt à se positionner sur l’offre française.
FranceAgriMer/Arvalis a publié jeudi 20 août 2026 une actualisation de ses résultats d’analyse des blés tendres.
Au 14 août, 56 % des échantillons nationaux avaient été analysés. Le taux de protéines apparaît particulièrement élevé cette année et la proportion de blé fourrager en France risque d’être faible. En effet, seulement 10 % des échantillons analysés ont un taux de protéines inférieur à 11, contre 20 % en moyenne quinquennale. Les entreprises de nutrition animale bénéficieront de blés à forte teneur en protéines, induisant une réduction de leurs besoins en protéines importées.
Les autres caractéristiques qualitatives de blés (poids spécifique et indice de chute d’Hagberg) apparaissent bonnes à excellentes.
Frets fluviaux : toujours une problématique de basses eaux sur le Rhin
Les prix de base du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 12 et le 19 août 2026. Les réservations de barge se discutent de plus en plus en gré à gré. Les bateliers essaient de faire circuler leurs bateaux là où ils peuvent garantir l’exécution de leur service (les canaux par exemple).
On rapporte une reprise partielle de la navigation sur le Rhin, à la faveur des orages de ce week-end qui ont permis une remontée du niveau du fleuve. Ce dernier a gagné un peu moins de 50 cm à l’échelle hydrométrique de Maxau, dans la ville de Karlsruhe en Allemagne, pour avoisiner les 350 cm. La semaine prochaine, on pourrait retrouver les 400 cm, un véritable « exploit » selon un opérateur du fleuve. Son niveau normal est de 450 cm à cette époque de l’année.
Sur le bassin de la Seine, on scrute les niveaux d’eau mais sans inquiétude particulière avec le retour des précipitations. Sur Rouen, les arrivées de grains sur la zone portuaire sont fortement limitées, en fonction de la place qui se libère, ou pas, dans les silos du port.
Maïs
Un marché en forte hausse
Sur sa place de référence sur le marché physique français (Bordeaux), le prix du maïs a progressé de 10,5 €/t sur l’échéance d’octobre-décembre à 259,50 €/t pour la semaine allant du 12 au 19 août 2026. Sur le Cbot, le prix du maïs a gagné 16 cts$/boisseau sur l’échéance septembre, à 473 cts/boisseau. Il cote 498 cts$/boiss. pour l’échéance de décembre 2026, en très forte hausse également. Les opérateurs en France et en Europe intègrent progressivement l’aspect rareté de l’offre en maïs non-OGM dans l’UE et se préparent à des importations relativement conséquentes au cours de la campagne commerciale. Les origines Ukraine mais aussi Roumanie et Pologne (on attend une grosse récolte dans ce pays) pourraient être mises à contribution.
Des importations sont d’ores et déjà prévues en provenance de mer noire sur l’Ouest de la France en provenance de mer Noire. Un bateau de 30 000 tonnes est prévu pour novembre et d’autres cargaisons devraient suivre. Le maïs import est d’ores et déjà mis à la vente avec un différentiel de prix actuellement d’environ 12 €/t.
Les fabricants d’aliments sont encore frileux à l’achat de ce maïs import compte tenu de l’exigence de certains cahiers des charges, en particulier en production de volailles, d’une origine française des céréales.
Si cette contrainte devait subsister malgré la rareté de l’offre en maïs non-OGM, le coût de production des productions animales françaises s’en trouverait élevé comparativement à d’autres productions d’origine européenne, voire internationale. La production mondiale de maïs OGM, issue en particulier des États-Unis, de l’Argentine et du Brésil, sera une solution meilleur marché pour de nombreux pays, y compris en Europe. L’Espagne a d’ores et déjà importé plus de 800 000 tonnes de maïs d’origine essentiellement états-unienne et ukrainienne pour subvenir à ses besoins.
Orges fourragères
Un prix qui monte, qui ne convient pas aux fabricants d'aliments pour animaux
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont augmenté, de 8,50 €/t à 217 €/t sur la période octobre décembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 12 et le 19 août 2026. L’orge se situe à un prix inférieur au blé mais reste trop cher pour que le taux d’incorporation soit très élevé en FAB. Les primes augmentent sur le portuaire.
Arvalis a publié une note ce jeudi 20 août sur la qualité des céréales. Il apparaît une bonne qualité technologique des orges d’hiver qui présentent avec des poids spécifiques autour des 65 kg/hl, une teneur en protéines entre 10 et 11,5 % et des calibrages entre 80 et 90 % dans la plupart des situations.
Orge de brasserie
Renchérissement des variétés d’hiver dans le sillage de l’orge fourragère
Sur le marché physique français, les cotations de l’orge de brasserie d’hiver sur le marché physique français ont progressé de quelques euros entre le 12 et le 19 août 2026, dans le sillage de l’orge de mouture. La Faro en FOB Creil (variété d’hiver et place de référence) a grimpé de 5 €/t en récolte 2026 et de 7 €/t en récolte 2027. Les cours de l’orge de brasserie de printemps n’ont guère évolué sur la semaine. La Planet en FOB Creil (variété de printemps et place de référence) a gagné 0,50 €/t en récolte 2026 mais perdu 1 €/t en récolte 2027. Le marché est calme, faute de demande de la part des brasseurs.
La qualité des orges de brasserie selon les premières analyses d’Arvalis, publiées ce 20 août, est marquée par une forte teneur en protéines, entre 10,5 et 12 %, trop élevée pour la fabrication de la bière, induisant un déclassement en orge fourragère et limitant les disponibilités en orge brassicole.
Blé dur
Un marché qui tourne au ralenti
Les prix du blé dur sur le marché physique français n’ont que peu évolué sur la semaine allant du 12 au 19 août 2026. Beaucoup d’acteurs du marché sont en congés. Selon la note d’Arvalis/FranceAgriMer publiée le jeudi 20 août sur la qualité des céréales en récolte 2026, la production de blé dur est estimée à 1,09 Mt, soit une baisse de 16,6 % par rapport à l’an passé, et une diminution de 19,8 % par rapport à la moyenne quinquennale, résultat de la baisse des surfaces et d’un rendement estimé à 51,7 q/ha. « Au-delà de cette mauvaise performance au niveau national, les rendements présentent une forte hétérogénéité selon les bassins de production, avec un déficit marqué dans le bassin ouest océan et de meilleures performances en région centre, en particulier sur les sols profonds. La qualité de la récolte est dans l’ensemble, bonne à très bonne. Sur la base des résultats partiels d’analyse, la teneur moyenne départementale en protéines s’échelonne entre 13 et 14,5 % avec une majorité de la production autour de 14 %. Comme la campagne précédente, les PS sont très bons, avec des moyennes régionales comprises entre 79 et 80 kg/hl. Le taux de grains mouchetés devrait, quant à lui, être contenu cette année et permettre de s’adapter à tous les cahiers des charges ».
Céréales secondaires
Marché déserté
Les cours en avoine sont reconduits cette semaine à 185 €/t origine marne.
Quant au triticale, le prix départ Allier s’est maintenu à 207 €/t alors que le prix départ Indre et Cher a baissé de 2 €/t à 205 €/t, un prix bien inférieur au prix du blé.
Sucre
Les cours du sucre poursuivent leur hausse sur les marchés internationaux
Le prix du sucre brut a progressé de 0,24 cts$/livre pour la semaine allant du 7 au 14 août 2026, passant de 16,94 cts$/livre à 17,18 cts$/livre (un plus haut proche de 17,50 cts$/livre pendant la semaine référencée). Celui du sucre raffiné a aussi progressé, de façon plus significative : + 7,05 $/t, à 510,35 $/t (avec un plus haut proche de 517 $/t pendant la semaine référencée).
Le sentiment de marché qui prédomine cette semaine est encore celui que l’offre mondiale en sucre pourrait être plus faible que celle annoncée dans les précédentes prévisions, toujours au regard des dernières analystes de marché récemment réalisées (Covrig Analytics, StoneX ou encore Green Pool Commodity Specialist par exemple). Le cabinet Czarnichow a remis à jour ses prévisions vendredi 14 août : déficit offre/demande pour 2027-2028 à -2,9 Mt et production mondiale à 177 Mt, en baisse de 0,7 % d’une année sur l’autre. Ses spécialistes avancent les problèmes météorologiques (sécheresse et manque de pluie notamment, phénomène El Nino prématuré et plus fort que d’habitude) comme éléments négatifs sur les productions en Inde, dans l’Union européenne et en Thaïlande, trois des plus gros producteurs et exportateurs de sucre dans le monde. De son côté, S & P Global Energy prévoit une production dans l’Union européenne et le Royaume-Uni à 14,98 Mt, son plus bas niveau depuis onze ans. Les raisons ? La sécheresse et les fortes chaleurs sur le Vieux continent. Les cours ont atteint leur plus haut niveau depuis plus d’un an sur les deux qualités mentionnées ci-dessus.
À SURVEILLER
Blé tendre
- Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains.
- Progression de la récolte aux Etats-Unis.
- Coûts des travaux dans les champs.
- Impact du conflit russo-ukrainien sur les infrastructures et la logistique en zone mer Noire.
- Cours du pétrole.
Maïs
- Évolution du coût des intrants avec la guerre au Moyen-Orient.
- Quid de la récolte dans l’hémisphère nord.
- Quelles importations en non-OGM dans l’UE.
- Production australienne.
- Différentiel de prix entre les maïs communautaires et les autres.
Orge
- Primes portuaires.
- Demande par les entreprises de nutrition animale.
- Compétitivité, ou pas, de l’orge française.