Marché des céréales et du sucre du 10 au 17 juin 2026 - Des cours en blé tendre qui évoluent peu en attendant la nouvelle récolte
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 10 et le 17 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 10 et le 17 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, est demeuré stable entre le 10 et le 17 juin 2026 : pas de cotation pour la période juillet-septembre et stabilité pour la période octobre-décembre, à 208 €/t. Sur le marché à terme d'Euronext, le contrat blé a gagné 0,25 €/t sur l’échéance septembre 2026 à 203,50 €/t et a reculé de 0,50 €/t sur l’échéance décembre à 210,50 €/t. Sur le CBOT, les cours ont plutôt bien progressé : + 25,25 cts$/boisseau à 612,75 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 et + 21,75 cts$/boisseau à 621,25 cts$/boisseau sur celle de septembre 2026.
Semaine de transition pour les marchés du blé dans l’Hexagone avec une belle dynamique en début de semaine, moins forte en deuxième partie. Des affaires se font encore en ancienne récolte, dans certaines régions, notamment pour faire de la place et des activités sont réalisées en nouvelle récolte, pour du dégagement. Beaucoup d’opérations se font en prime actuellement, très peu d’acheteurs/vendeurs se positionnant en cash. Les moissons ont débuté dans certaines régions du Sud-Ouest, avec des critères de qualité plutôt très positifs pour le moment (bons poids spécifiques, bonnes protéines en blé panifiable et en blé de force). Les volumes coupés ailleurs ne sont pas encore vraiment significatifs mais les premiers retours sont plutôt satisfaisants. Les écarts entre prix actuels et prix sur la fin d’année ne favorisent pas vraiment les échanges. Les Espagnols interrogent sur les prix en blé et en triticale.
À destination de la nutrition animale, l’activité a ralenti un peu, avec des opérateurs français timides par rapport à la nouvelle récolte. Cependant, les acheteurs néerlandais sont assez présents sur le marché. En revanche, les Italiens se sont retirés.
Les premières orges sur le point d'arriver sur le port de Rouen
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué en cette semaine du 10 au 17 juin 2026. Mais ils restent fermes, en lien direct avec la hausse des prix des carburants, consécutive au blocage du détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Les chargeurs s'inquiètent de savoir s'ils vont pouvoir disposer de cales pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais, alors que les lots d'orge arrivent dans les silos des collecteurs sur l'hinterland du port normand et que les premières coupes en blé devraient débuter en toute fin juin ou en tout début juillet. Les chargeurs, ayant enfin pris conscience du manque criant de cales sur le bassin fermé de la Seine, commencent à poser leurs jalons. Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. « Les chargeurs les plus appétents en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d'ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d'insatisfaction du côté des donneurs d'ordre ».
Sur l’intracommunautaire, l’activité est réduite au départ du nord de la France.
Basses eaux sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse du niveau du fleuve, qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 40 % pour cause de basses eaux (inchangés par rapport à la semaine dernière).
Maïs
Marché calme mais attention à la chaleur
Difficile de fixer un prix en maïs rendu Bordeaux pendant la semaine allant du 10 au 17 juin 2026, sa place de référence sur le marché physique français, avec un maigre volant d’affaires sur juin-juillet et une certaine timidité sur octobre-décembre. Grosso modo, les cours ont peu évolué. Sur Euronext, ils ont reculé sur le terme d’août 2026 (- 4,25 €/t, à 212,25 €/t) et ont progressé sur celui de novembre 2026 (+ 2,75 €/t, à 210 €/t). La vague de chaleur arrivant sur le pays pose des questions sur la gestion du stress hydrique/sécheresse par les plantes. Les vendeurs semblent plus optimistes en nouvelle campagne.
Sur les bassins de la Moselle et du Rhin, on assiste à une période de basses eaux des cours d’eau, qui se cumule avec un manque de barges, d’où certaines difficultés d’acheminement et des surcoûts de transport. Les opérateurs des marchés sont partagés entre opération de couverture sur le court moyen terme et positions sur du plus éloigné. Il faudra attendre le stade floraison, courant juillet, pour avoir une meilleure vue sur le potentiel de production. Dans le sud-ouest, en ancienne campagne, il n’y a pas d'acheteurs car ils sont couverts pour leurs achats sur juillet et août. Les marchés s'attendent à ce qu'il reste du maïs 2025-2026 en stock sur août -septembre. Les inquiétudes grandissent en récolte 2026 avec la vague de chaleur actuelle sans eau. Dans le sud-est, on rapporte un peu d'activité en achats de maïs nouvelle campagne par les fabricants d'aliments pour animaux.
Orge fourragère
Marché peu animé coté prix
Le prix de l’orge fourragère en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a gagné 1 €/t entre le 10 et le 17 juin 2026, pour s’établir à 195,50 €/t sur la période juillet-septembre 2026. La moisson est bien partie désormais, avec des remontées dans l’ensemble globalement satisfaisantes mais très hétérogènes, même d’une parcelle à l’autre. Les volumes sont au rendez-vous.
Dans le sud-ouest, la collecte a bien débuté avec, pour le moment, des rendements qui semblent moyens à bons. La qualité est très variable, avec notamment des petits PS pour la partie à l’ouest d’une ligne Pau / Marmande mais plutôt bons à très bons. Dans le sud-est, les premiers retours montreraient des PS bons mais hétérogènes (de 58 à 70, parfois sur deux parcelles côte à côte) et des rendements corrects mais hétérogènes.
Orge de brasserie
Évolution contrastée
Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie en FOB Creil ont reculé en récolte 2026 (de -1,50 €/t à -2,50 €/t) mais ont progressé en récolte 2027 (de + 0,50 €/t à + 1,50 €/t), entre le 10 et le 17 juin 2026, et ce, toutes variétés confondues (Faro et Planet). Acheteurs et vendeurs sont dans l'attente des premiers échos des moissons en termes de quantité et surtout de qualité. Les premières coupes en orge d'hiver ont débuté le week-end dernier sur la façade atlantique, elles vont démarrer au plus tard demain en Bourgogne et en Champagne puis en Lorraine en fin de semaine.Les températures caniculaires attendues ce week-end et propablement la semaine prochaine pourraient dégrader l’état des cultures d’orge de printemps semées à la sortie de l’hiver. La Bourgogne et la Lorraine, où ces semis de printemps sont importants, seraient particulièrement touchées, contrairement à la région parisienne et au nord de Creil, où l'orge de brasserie de printemps est largement embavée à l'automne.
Blé dur
Statu quo sur les prix
On attend une belle moisson en blé dur, sans pression maladie. Elle devrait démarrer très bientôt. Il pourrait manquer un peu de protéine dans le Sud-Est mais le taux serait bon dans le Sud-Ouest, alors que les PS se révèlent moyens dans le Sud-Ouest et plutôt meilleurs dans le bassin Sud-Est. Sur le marché actuel, les vendeurs hésitent à s’engager et attendent des confirmations sur la qualité des nouvelles récoltes.
Céréales secondaires
Marché déserté
L'avoine noire en rendu Pontivy-Guingamp est de nouveau cotée en ancienne comme en nouvelle récolte. Les prix du triticale ont perdu 0,50 €/t en départ Allier.
Les autres places de marché en avoine (noires et blanches), triticale et seigle (fourrager et meunier) ne sont pas cotées.
Les affaires en céréales secondaires sont peu nombreuses, à l'image de la morosité ambiante sur le marché des céréales principales.
Sucre
La chute des prix du pétrole pèse sur le prix du sucre
Le prix du sucre brut poursuit sa baisse cette semaine allant du 8 au 15 juin 2026, passant de 14,75 cts$/livre à 14,31 cts$/livre. Ceux du sucre raffiné baisse également de 442,75 $/t le 8 juin à 438,40 $/t le 15 juin. Le prix du sucre a été sous pression à la suite de la baisse du prix du pétrole compte tenu du protocole d’accord accord entre l’Iran et les Etats-Unis sur la fin de la guerre. Néanmoins le département météorologique en Inde a annoncé que les précipitations de la mousson étaient inférieures de 26 % à la normale. Le manque de pluie et le phénomène El Nino apparu dans le Pacifique pourraient perturber la production mondiale de sucre et limiter la baisse des prix. Un négociant sucrier Czarnikow a baissé d’ailleurs son estimation du bilan sucrier 2026-2027 qui est passé d’un excédent de 1,4 Mt à un déficit de 100 000 Mt ? »
La rédaction
Blé
- Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
- Stress hydrique des végétaux dans l’hémisphère nord alors que débutent ou vont débuter les moissons.
- Rapport hebdomadaire sur l'état des cultures en France (le vendredi)
Maïs
- Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
- Stress hydrique et état de sécheresse en France suite à la vague de chaleur.
- Rapport hebdomadaire sur l'état des cultures en France (le vendredi).
Orge
- Poursuite des coupes qui se généralisent en France et premiers retours sur la qualité (rendement, PS, protéines...).
- Rapport hebdomadaire sur l'état des cultures et des moissons en France (le vendredi).
- Volume de la production hexagonale.
Thierry Michel