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Les défis d’une bergère

Marjolaine Guigue, 25 ans, est bergère depuis cinq ans dans les Alpes françaises.

Marjolaine Guigue, 25 ans, est bergère depuis cinq ans dans les Alpes françaises. © B. Morel
Marjolaine Guigue, 25 ans, est bergère depuis cinq ans dans les Alpes françaises.
© B. Morel

« La vie sociale qu’aurait une personne citadine de mon âge, étudiante ou jeune diplômée, n’a évidemment rien à voir avec ce que je vis moi-même. Je suis un peu mise à l’écart de mes groupes d’amis pour qui été rime avec vacances. En même temps, c’est aussi l’occasion d’avoir des visites de la famille et des proches. Ces visites m’aident un peu à combattre la solitude. On fait un métier qui fait rêver car on évolue dans un cadre hors du commun, mais cela nous impose de respecter l’image que les gens ont de nous. Difficile d’être de mauvaise humeur ou fatiguée d’une journée à courir derrière les brebis. On est vite catalogué et, en montagne, mieux vaut ne pas être trop isolé.

Une fausse solitude qui expose davantage

Quand je suis en estive, je me sens un peu hors du monde. Je n’ai pas internet, je ne fais pas la fête, je ne prévois pas de vacances entre amis. Il y a du monde qui passe sur l’alpage, mais quand je redescends en fin de saison, il y a toujours cette sensation de décalage : trop de monde, trop de bruit, trop de stress, trop d’inconnus (en montagne, tout le monde se parle et finit par se connaître). Il faut un temps pour se réhabituer. Mais je garde un peu le même rythme été comme hiver puisque je travaille comme ouvrière agricole avec les éleveurs qui m’emploient l’été.

Côté vie privée, c’est compliqué de construire avec quelqu’un qui n’est pas du milieu, qui ne comprend pas forcément les enjeux de notre métier et qui va avoir du mal à suivre le rythme. Aujourd’hui, je partage ma vie avec un berger et bien que nos estives soient à quatre heures de route l’une de l’autre, nous partageons la même passion et le même quotidien ! Cela dit, les défis en alpage ne sont pas toujours les mêmes pour les hommes et les femmes. Cette fausse solitude nous expose peut-être davantage. J’ai déjà reçu des témoignages d’affection de passants… sans compter que le confort relatif des cabanes peut devenir très contraignant pendant les règles. Il faut toujours s’adapter et trouver des solutions pour s’isoler des promeneurs, etc. »

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