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Une fausse jumelle peut-être pas stérile

Coup de fil en soirée pour un vêlage. Des jumeaux, me prévient Claude qui a vu sa vache avoir de petites coliques avant la traite et puis plus rien. Claude l’avait à l’œil car il la trouvait plutôt bien chargée et s’était imaginé qu’elle pouvait bien attendre des jumeaux avec un ventre comme ça! La main dans le vagin, il rencontre des pattes. Une, deux, trois pattes. Trois pattes et une tête. De crainte de faire une bêtise, il m’appelle. Une, deux, trois et même quatre pattes. Quatre pattes et deux têtes, une plus en retrait que l’autre. D’accord pour des jumeaux. En repoussant la tête la plus éloignée, deux pattes reculent aussi. Je pose une cordelette sur la patte la plus avancée. De là ma main chemine vers l’épaule du veau. Tout en gardant le contact, je passe de l’épaule à l’échine et de l’échine à l’autre patte. Je pose la deuxième cordelette sur cette patte. De cette manière nous tenons les deux pattes du même veau. Prêts pour l’extraction. Le vagin manque un peu de dilatation mais cette vache qui a déjà vêlé trois fois ne refusera quand même pas de faire des jumeaux. Quelques manœuvres de dilatation, quelques efforts de traction et voilà le premier veau sorti. Un joli mâle qui ne vaut pas bien cher. Au suivant ! Le suivant est une suivante que nous avons moins de mal à extraire. « Dommage, me dit Claude. Je manquais de femelles et celle-là sera stérile, comme d’habitude… »

STÉRILE OU PAS ?

Comme l’exigent les procédures, je fouille de nouveau la vache à la recherche d’un troisième veau ou d’une déchirure et j’inspecte ainsi les deux cornes utérines. Elles sont toutes les deux de même diamètre parce que chacune d’elle a hébergé un veau pendant la gestation. Dans cette configuration, il y a déjà moins de chances que les deux placentas soient connectés et que les hormones du mâle aient inhibé le développement ovarien de la femelle. Et si la femelle n’était pas stérile ?

Etape n° 1, j’inspecte la vulve de la petite génisse. Bien normale, à bonne distance de l’anus, sans trop de pilosité, sans clitoris proéminent. C’est bon signe, signe qu’ qu’elle pourrait être fertile.

Etape n° 2, je vais chercher un écouvillon stérile que j’introduis dans le vagin sur un peu plus de 10 cm. C’est bon signe aussi car presque toujours le vagin des jumelles stériles est borgne et ne mesure au plus que 8 cm. « Tu vas devoir l’élever, Claude. Parce ce que celle-là a toutes les chances d’être fertile » - « Vraiment ? » - « Oh ! Elle n’a pas 100 % de chances, mais quand même beaucoup ! »

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