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Un résultat tout juste positif en 2014 pour Sodiaal

Assemblée générale. Après la contreperformance du second semestre 2014, Euroserum est à nouveau sur les rails en 2015. Sodiaal table sur un retour à l’équilibre de Candia en 2016.

La ligne de conduite du groupe reste « le développement maîtrisé : chaque litre doit avoir un débouché valorisé », ont rappelé le président Damien Lacombe (à droite) et
le directeur Frédéric Rostand.
La ligne de conduite du groupe reste « le développement maîtrisé : chaque litre doit avoir un débouché valorisé », ont rappelé le président Damien Lacombe (à droite) et
le directeur Frédéric Rostand.
© A. Conté

Tous les yeux sont braqués sur la santé du numéro 1 de la coopération française. Car c’est un peu lui qui donne le LA en matière de prix du lait en France. En cette période difficile, l’assemblée générale du 18 juin dernier avait donc fait le plein de délégués et d’acteurs de la fi lière laitière. Mais ce ne sont pas les comptes 2014 du groupe qui vont rassurer, des comptes qui intègrent désormais le groupe 3A (2 000 exploitations) et les coopératives Lacopab (48 exploitations) et Labriarde (38 exploitations).

« Le résultat reste positif (3,8 M€ de résultat net pour 5,4 milliards de chiff re d’aff aires) mais il est extrêmement faible », a commenté le directeur financier n’hésitant pas à parler de « contre-performance ». L’endettement a doublé, passant à 260 millions d’euros (ratio de 2,6 %). Quant à l’EBE consolidé, il est en baisse et descend à 93 millions d’euros contre 106 en 2013. La faute avant tout au secteur nutrition-ingrédients (Eurosérum et Nutribio), avec un marché surchargé, qui a vu son EBE dégringoler de 32 M€ en 2013 à -6 M€ en 2014. Et dans une moindre mesure au lait de consommation/beurre-crème (Candia- Beuralia) dont l’EBE a stagné à -9 M€. 2014 avait pourtant bien démarré avec un bon premier semestre.

L’embargo russe est venu chahuter les marchés, avec un retournement brutal des cours mondiaux touchant de plein fouet les activités export, dans un contexte de forte collecte et de surstockage de poudres en Chine. Sodiaal estime l’impact de cet embargo à 50 millions d’euros.

Les pôles fromages et ultrafrais ont mieux résisté

Mais Frédéric Rostand, directeur du groupe, s’est voulu confi ant : « 2015 est mieux engagé pour le moment, et conforme à notre objectif d’augmentation annuelle de l’EBE de 25 millions d’euros ». Euroserum-Nutribio est « à nouveau sur les rails ». L ‘entreprise a retrouvé les volumes de lactosérum déminéralisé avec ses principaux clients et les outils industriels sont à nouveau saturés. Elle a revu depuis le 1er janvier ses méthodes d’achat de sérum externes qui représentent 50 % de ses approvisonnements.

De nombreux investissements sont prévus pour moderniser les outils de séchage pour satisfaire les exigences accrues des clients de ce secteur tourné vers l’export. À noter parmi les projets, celui de Port-sur- Saône avec la construction d’une tour et des investissements dans des ateliers de fabrication de protéines déminéralisées et de galacto-oligo- saccharide cofi nancés à 50 % par Nestlé (11 M€). Un atelier de concentré de protéines déminéralisées va également être créé à Quimper en partenariat avec Bel et la CLHN.

Dès 2016, l’usine de poudre de lait infantile de Carhaix, construite en partenariat avec le chinois Synutra, permettra de valoriser 288 millions de litres et 24 000 tonnes de concentré de lactosérum déminéralisé. Le directeur de Sodiaal s’engage par ailleurs sur « un retour à l’équilibre de Candia en 2016 », malgré une baisse de l’activité en volume en 2014 (-2,8 %). Après trois ans de réorganisation avec la fermeture de...

Retrouvez l'intégralité de l'article dans le numéro de juillet-août de Réussir Lait, pages 14 à 16

Quelques-unes des interpellations d’éleveurs

Un éleveur de la Sarthe : « Avec du lait à 300 €, on est au fond du trou. Beaucoup de JA ont 500 € par mois pour vivre. Ce n’est pas la peine d’être leader pour plier devant la grande distribution et se voir infliger une amende pour entrave à la concurrence(1). Faites changer les lois ! Donnez-nous envie de continuer ! »

Un éleveur du Sud-Est : « Mon ressenti sur l’amont de la coop : c’est un système qui fonctionne aujourd’hui. Mon ressenti sur l’aval : c’est un manque de réactivité économique et industrielle, on a du mal à réagir en temps voulu. »

Une éleveuse du Morbihan : « Quel lait voulez-vous pour demain pour vos transformations ? Dites-le nous et dites-le aux unités de sélections. Avec la génomique, ça avance très vite. »

Une éleveuse de Bretagne Ouest : « Vous nous parlez de 2020. Vous n’avez pas peur qu’il y ait moitié moins de producteurs en 2020 ? C’est maintenant qu’il faut faire quelque chose de concret, qu’il faut une réponse. »

Un éleveur du Sud-Est : « Sodiaal s’est clairement positionné sur l’export. Je suis inquiet sur notre capacité à être très bon rapidement. N’est-on pas encore trop petit ? Ne dépense-t-on pas beaucoup d’énergie sans beaucoup de revenu ? »

(1) 12 millions d’euros. Sodiaal a décidé de faire appel.

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