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Couverture de silo
Quand l´orge remplace les bâches et les pneus


Semer un couvert végétal sur le silo d´ensilage de maïs à la place des traditionnelles bâches et pneus, en voilà une drôle d´idée ! « Voilà six ans que nous avons adopté ce système et nous n´envisageons pas de revenir en arrière, expose Emmanuel Donnet, éleveur en Saône-et-Loire. Une fois l´ensilage récolté et le silo bien tassé, nous semons à la volée 2 à 3 kg d´orge par mètre carré. En seulement une heure, le tour est joué. Les 350 m2 de silos sont ensemencés. »
Le couvert se développe généralement au bout de trois à quatre semaines selon les conditions climatiques de l´année. « En 2003, avec le manque d´eau, l´orge n´a pas beaucoup poussé, mais pourtant la conservation du maïs s´est montrée aussi satisfaisante que d´habitude. »

Le tissu racinaire de la céréale se développe dans l´ensilage sur une vingtaine de centimètres. « Cette couche de maïs altérée n´est pas utilisable pour les animaux. Nous l´enlevons sur toute la largeur du silo deux fois par semaine à l´aide de la fourche, note l´éleveur. Elle se détache assez facilement et se décompose sur le tas de fumier. Nous y passons très peu de temps et surtout, c´est beaucoup moins pénible que de retirer des pneus ! »
Un essai sur silo taupinière dans le Calvados. Une partie du silo a été ensemencée en blé, l´autre en avoine. ©D. R.

Pas d´impact sur la qualité du lait
D´après les analyses réalisées 50 centimètres plus bas, la teneur en matière sèche affiche deux points de moins que dans le reste du silo. Le haut du silo présente également une moindre teneur en azote et en sucres solubles. Un essai mis en place dans le Calvados sur un silo taupinière ensemencé avec de l´avoine et du blé a également révélé une forte teneur en spores butyriques. « Dans les 25 premiers centimètres, l´analyse indique 100 000 spores. En dessous, le comptage passe à 400, contre 100 dans un silo classique. Les valeurs alimentaires, quant à elles, sont inchangées », indique Stéphane Bersinger, de la chambre d´agriculture du Calvados.

Chez Emmanuel Donnet, l´ensilage est distribué en totalité aux vaches laitières. « Nous n´avons observé aucune différence sur le niveau de production et la qualité du lait », précise l´éleveur. Rien à signaler au niveau des butyriques dans le lait. Des résultats confirmés sur d´autres élevages de Saône-et-Loire, où la technique commence à faire des adeptes.

« Cette technique n´a d´intérêt que dans les silos couloir dotés d´une bonne hauteur pour limiter les pertes, relativise Denis Chapuis, de la chambre d´agriculture de Saône-et-Loire. Le technicien signale aussi un avantage du couvert végétal. « En été, malgré la chaleur, l´ensilage ne repart pas rapidement en fermentation, comme s´il était mieux stabilisé que sous une bâche. »
Cette technique originale surprend les éleveurs et amène son lot de questions. Entre autres, est-il possible d´utiliser une couverture non plus à base de céréales mais de co-produits issus de l´industrie de la pomme de terre, de marc de pommes, ou encore de pulpes de betteraves ? En Saône-et-Loire, différentes pistes sont également à l´étude pour extrapoler la technique à l´ensilage d´herbe.
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